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Manon L.6 septembre 2020

Bonjour chômage… adieu Paris ?

À cause de la crise sanitaire et de l'emploi, mon alternance ne se transformera sûrement pas en CDD. J'ai peur de devoir quitter Paris et renoncer à mon indépendance...

Par Manon L.6 septembre 2020

J’ai tendance à tout prévoir dans ma vie : mon parcours, mes expériences, mes projets, rien n’y échappe. Donc pour ce premier job à la sortie des études, j’imaginais déjà l’entreprise, mon salaire et même mon équipe. Tout était prévu dans ma tête. Ce qui ne l’était pas en revanche, c’est le fait de me retrouver au chômage pour une durée indéterminée.

Après un BTS en communication, une licence 3 puis un master 2 spécialisé dans un métier encore peu développé en marketing, j’étais persuadée que trouver un travail à la fin de mon alternance en septembre serait l’histoire de quelques semaines, quelques mois tout au plus. Je me voyais déjà, à 22 ans, avoir mon premier emploi et commencer vraiment dans la vie active. Pourtant, bien que j’ai l’impression d’avoir coché toutes les cases, au vu du contexte, je pense que je ne suis pas prête d’aller sur le « Grand Terrain » du monde de l’emploi.

Le coronavirus a tout accéléré

J’imaginais bien que démarrer dans la vie active ne serait pas si facile, mais quand j’ai commencé mon année d’alternance j’avais bon espoir. Mes expériences professionnelles étaient intéressantes, une place venait de se libérer en interne et je faisais du bon travail. J’ai alors pensé que peut-être je pourrai rester dans cette entreprise dans laquelle je m’épanouissais. Mais, au fil des mois et des restrictions budgétaires, mes espoirs se sont peu à peu envolés. Et pour couronner le tout, la crise du coronavirus et ses impacts économiques ont fini d’achever le reste d’espérance qu’il pouvait me rester.

Les entreprises du monde des médias et de la communication, comme beaucoup d’autres, ont été très fortement touchées et nombreuses sont celles à avoir, au mieux gelé les recrutements, au pire licencié à tour de bras et donc à ne surtout pas recruter. Dans la mienne, il y avait déjà un PDV (plan de départ volontaire) en cours, ce qui n’était de base pas très engageant, mais j’avais toujours ce petit espoir. Mais là, avec le coronavirus, ça n’a fait qu’empirer et accélérer les choses. De plus, en interne ils sont en train de repenser toute l’organisation et certains départs ne seront sûrement pas remplacés tout de suite. En parallèle, nombreux sont les gros annonceurs à mettre la clé sous la porte et les agences à annoncer publiquement un stop des recrutements jusqu’à 2021. Et malheureusement les profils juniors ne sont pas les premiers à être recrutés…

Au chômage, je vais devoir complètement repenser ma vie

Et cela se fait ressentir dans les candidatures que je continue de faire « au cas où » pour des postes en CDD ou en CDI qui correspondent plus ou moins à mon profil. Désormais, dès que je postule, je reçois soit un mail m’informant que les recrutements sont suspendus, soit un mail automatique dans les trois minutes montre en main m’expliquant que malgré « une étude poussée de ma candidature on ne pouvait donner une suite favorable ». J’ai appris un peu après que plusieurs entreprises continuaient de mettre régulièrement des fausses offres pour faire bonne impression…

Avec la Covid-19, l’entrée sur le marché du travail est d’autant plus difficile. Même avec un bac +5 ! Clarisse a tout essayé mais elle continue à additionner les refus, après des mois de chômage. Les entreprises ne se rendent pas compte de leurs exigences.

Je me retrouve donc comme beaucoup d’autres au chômage, avec un bac +5, dans un contexte économique plus que compliqué et à devoir improviser pour continuer de vivre correctement. Les places pour un emploi sont chères et rares et nous sommes nombreux sur le marché de l’emploi… Je ne sais donc pas combien de temps durera cette période mais je sais que, si je ne trouve pas un travail très rapidement, même en tant que serveuse ou vendeuse, je vais devoir complètement repenser ma vie.

Perdre en indépendance à l’âge où on la gagne

Je ne vais pas pouvoir garder mon petit appartement horriblement cher en région parisienne. Dans les semaines à venir,  je vais peut-être retourner chez mes parents en région alors que je suis indépendante depuis déjà trois ans… Cela implique de nombreux changements, et coûteux : garder les meubles que je ne pourrai pas emmener, déménager les autres… Tout cela, c’est de l’argent ! C’est aussi m’éloigner de mes amis, de mon amoureux, de mon quotidien et de mon cocon que je me suis créé. En bref, retrouver de nouvelles habitudes et peut-être perdre en indépendance à l’âge où normalement, plus que jamais, on en gagne…

Et c’est ce que subissent beaucoup de jeunes depuis la crise dela Covid-19. Le chômage explose, la précarité et le retour chez les parents s’imposent. À lire dans Le Monde.

 

Aujourd’hui, c’est impossible de réellement me projeter car nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Quand les informations parlent d’un potentiel reconfinement à la rentrée, cela ne fait qu’accentuer l’incertitude sur l’avenir. Cette voie qui était donc toute tracée se voit complètement bouleversée et je n’imagine pas la suite… L’appréhension grandit un peu plus chaque jour et j’ai hâte de sortir de cette période anxiogène pour signer mon premier contrat en CDD et, dans mes rêves les plus fous, pourquoi pas en CDI !

 

Manon, 22 ans, en formation, Paris

Crédit photo Unsplash // CC Dovile Ramoskaite

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