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Sihem I.6 août 2019

« I have dreams and I feel like I have a power to actually make those dreams become a reality » (J’ai des rêves et le pouvoir de les faire devenir une réalité) - Beyoncé

Le voyage, y a pas mieux pour l’autonomie

En voyage, on rencontre les autres, mais une partie de soi aussi ! Aux États-Unis, loin de mes repères, je me suis révélée.

Par Sihem I.6 août 2019

Un voyage de deux semaines aux États-Unis, c’est ce dont j’ai toujours rêvé. Le programme créé par l’ambassade des États-Unis m’a offert cette chance. Je suis donc devenue une Jeune Ambassadrice. Je me suis envolée direction Washington DC, le 20 octobre 2016, pour représenter ma ville et mon pays. La première semaine, nous étions tous ensemble, les autres Jeunes Ambassadeurs et moi. Lors d’un week-end de préparation en France, des liens s’étaient déjà créés, nous étions comme une famille : j’avais pris mes marques dans ce groupe.

Lorsque j’ai quitté mon groupe pour rejoindre ma famille d’accueil avec qui j’allais passer ma deuxième semaine, j’ai été surprise de me sentir aussi mal, seule alors que je ne l’étais pas. Au moment des présentations avec ma famille, dans le lycée que j’allais fréquenter avec Céline, la fille de la famille, je souriais sans beaucoup de conviction. J’étais désorientée et troublée, je ne savais pas comment me comporter. Je devais rester polie et sociable avec eux mais, dans ma tête, rien n’était clair. Ce sentiment m’était inconnu, rien ne m’était familier. J’ai pris sur moi pour rester respectueuse, mais c’est à ce moment précis que j’ai compris que je n’étais pas ce que j’avais toujours voulu et cru être : indépendante et autonome.

Une remise en question nécessaire

Je ne m’attendais pas aux conséquences d’un tel changement sur ma personne. Lorsque j’imaginais cette aventure depuis la France, je pensais que ce serait plus simple de m’adapter dans un endroit où je n’avais aucun repère, mais là, tout de suite, j’en voulais. Le temps de m’installer, d’avoir une conversation téléphonique avec ma mère, et j’ai compris que c’était à moi de prendre mes marques, de faire des efforts. La manière de vivre de mes hôtes était tellement différente de la mienne… Je me devais de m’adapter chez eux. J’ai pris cela comme une épreuve qui pourrait m’aider à accomplir certaines choses par moi et pour moi, en tant que jeune femme.

Le lendemain, arrivée au lycée, j’ai eu le choix entre suivre ma sœur d’accueil, Céline, ou bien me faire mon propre emploi du temps. J’ai vu là l’opportunité de me comporter comme une lycéenne américaine indépendante et autonome. Je l’ai saisie et me suis aventurée avec mes camarades dans les cours qui me plaisaient. Sur ma lancée, je ne me privais pas de proposer des lieux à visiter, sans me laisser influencer. Mon voyage a pris une tournure totalement inédite : c’était comme un voyage initiatique où j’ai affirmé mon caractère, où je me suis rapprochée de celle que je voulais tant être depuis jeune. Les États-Unis ont été mon terrain d’apprentissage de l’indépendance et de l’autonomie. Et j’ai ramené tout ça avec moi en France.

Ce n’était pas un échange, mais le voyage de Yugo du Mali à la France alors qu’il avait 15 ans l’a aussi profondément transformé.

J’ai pu utiliser ce que j’ai appris là-bas dans de nombreuses situations. J’ai bien évidemment continué mes efforts, car on n’arrête jamais d’apprendre. Aujourd’hui, j’arrive à me détacher de l’avis des autres et cela m’a énormément fait gagner en autonomie, mais aussi en confiance en moi. Ce voyage a été source de doutes, d’inquiétudes, mais aussi d’un accomplissement dont je suis très fière.

 

Sihem, 18 ans, lycéenne, Toulouse

Crédit photo Pexels // CC Oleksandr Pidvalnyi

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