Anna C.

Anna C.13 juillet 2020

Ma reconversion, quel marathon !

Quand j'ai décidé de changer de travail, j'ai eu le droit à de nombreuses remarques curieuses ou inquiètes. Soirées réseau, communautés en ligne, conférences, podcasts : je me suis donc crée un « climat de reconversion » pour la vivre à fond.

Par Anna C.13 juillet 2020

Il y a deux ans, alors que je travaillais dans la cinquième entreprise en l’espace de cinq ans en tant que chargée de marketing, les quelques arbres en face de mon bureau m’ont fait prendre conscience que je n’étais pas à ma place.  J’ai décidé de donner un nouveau sens à ma vie professionnelle : une reconversion. J’avais créé ma propre prison dont je prenais le soin de lustrer les barreaux chaque jour sans avoir conscience que j’étais la seule à en détenir la clef. J’ai alors quitté mon emploi pour partir faire le tour… de moi-même et me reconvertir. Remettre sa vie en question peut paraître déroutant : pour soi, mais surtout pour les autres.

Dans les premiers temps, j’ai eu beaucoup de mal à gérer leur regard, j’avais l’impression d’être un ovni. Puis, en apprenant à m’assumer et en mettant en place de nouvelles habitudes, j’ai réussi à avancer. Au début, j’étais tellement heureuse de ma décision que je la criais sur tous les toits. Je me suis très rapidement heurtée à de nombreuses interrogations telles que « mais qu’est-ce que tu vas bien faire ? » « comment vas-tu payer ton loyer ? ». Je me suis alors mise à le crier moins fort. Après tout, je n’en étais qu’au commencement !

J’ai mis au point une stratégie de l’évitement afin de fuir la fameuse question que nous connaissons tous : « Tu fais quoi dans la vie ? » J’expliquais rapidement à mon interlocuteur que je me reconvertissais et tentais de détourner son attention le plus vite possible car ses mimiques témoignaient souvent de ses inquiétudes. Je cherchais à me présenter sous un autre angle : « J’aime la mer, la course à pied et les romans policiers » − car nous ne sommes pas que notre métier −, mais je sentais bien qu’il n’était pas dupe ! Je l’avoue, cette stratégie m’a usée.

« Tu n’es pas trop jeune pour te reconvertir ? Et si ça ne marche pas ? »

J’en ai donc mis au point une nouvelle : j’assume ma reconversion mais pas trop quand même ! Cela donnait : « Je me reconvertis depuis quelques mois, j’aime écrire, parler et l’écologie ; voilà, on en reparlera. » Quelle idée ! Une pluie de questions s’abattait sur moi avant que je ne puisse terminer ma phrase. Des plus curieux « ah mais c’est génial raconte-moi ! » aux plus anxieux « tu n’es pas trop jeune pour te reconvertir ? Et si ça ne marche pas ? » afin de m’inviter à parler, alors que je n’avais qu’une seule envie : celle de prendre mes jambes à mon cou !

Avec le recul, je dirais que toutes ces stratégies m’ont beaucoup appris. En réalité, lorsque les personnes évoquaient des potentiels dangers, elles parlaient de leurs peurs qui ne m’appartenaient pas. J’ai également compris que je devais me sentir libre de parler de ce que je voulais, que je n’avais aucun compte à rendre à quiconque. Et surtout que, en assumant ma reconversion, je me sentirais beaucoup mieux ! Voici alors ce que je disais : « Je prends du temps pour moi, pour trouver ce qui me fait vibrer. Je n’ai pas de doute, je trouverai car je sais que je suis sur le chemin de ma réalisation personnelle. » De par l’énergie que je mettais dans mes mots, le visage de mon interlocuteur s’adoucissait et je me sentais soulagée.

Un « climat de reconversion » pour m’aider à changer

Le regard des autres m’a beaucoup déstabilisée. Mais j’avais décidé de reprendre ma vie en main et personne n’avait le droit de s’y opposer. Une chose m’a paru essentielle lorsque j’ai décidé de remettre ma vie professionnelle en question : l’entourage. Impossible d’échapper à la fameuse question « tu fais quoi dans la vie ? » dans les soirées, apéritifs ou anniversaires auxquels je me rendais. En apprenant à m’entourer, j’ai réussi à poursuivre mon voyage. Mon entourage proche (famille, conjoint et amis les plus proches) me soutenait mais je me suis, un temps, éloignée des personnes qui me « plombaient » un peu (ceux qui me renvoyaient leurs peurs en permanence). J’ai créé un nouvel entourage réel et virtuel.

En intégrant des groupes privés, en me rendant à des ateliers ou apéros, et dans les formations que j’ai faites, j’ai noué de nouveaux liens. J’ai participé à des soirées réseau, rejoint des communautés dans lesquelles la reconversion était considérée comme «   normale », comme Pose ta Dem’ . Des groupes de micro-entrepreneurs ou de freelances ou des groupes de « développement personnel » comme celui du Miracle Morning sur Facebook. Je me suis sentie moins seule, et accompagnée dans ce changement. J’ai également rencontré dans un séminaire mon binôme, une personne qui en était plus ou moins au même stade que moi et à qui j’ai pu demander conseil, confier mes doutes et célébrer mes victoires.

Je me suis créée ce que j’appelle « un climat de reconversion » pour m’aider dans ce changement : Des conférences TedX, la newsletter de Pose ta Dem’ et celle d’Onur Karapinar (l’Essentiel), le podcast Métamorphose. En baignant dans l’environnement que je visais, il me paraissait atteignable.

Yves Patte a changé cinq fois de métier pour ne pas s’aliéner dans son travail. Un parcours professionnel « nomade » qu’il décrypte dans une conférence Tedx.

 

La vie est bien faite : à partir du moment où vous faites le premier pas, elle vous aide à faire les suivants et vous propose des rencontres et opportunités que vous n’auriez jamais imaginées. Je voulais me former dans l’écologie, quelques jours plus tard je rencontrais une personne qui me conseillait une formation que j’ai finalement suivie. J’ai voulu faire une animation d’atelier, une amie et sa mère m’ont proposé un lieu. Je voulais m’inscrire à des ateliers d’écriture, j’en ai trouvé un qui commençait pile à mon retour de vacances.

Et, lors d’un apéro, une amie m’a parlé d’un éditeur que je ne connaissais pas. Je lui ai envoyé mon manuscrit et ça a marché. C’est grâce à ce climat que je me suis mise à la méditation et à la cohérence cardiaque, et que j’ai réussi à écrire mon livre (oui, oui !).

L’arrivée au port : un livre

Enfin, le sport a été salvateur dans cette période de remise en question : la course à pied a été mon exutoire. J’ai réalisé que, l’année dernière, j’avais couru deux marathons : le vrai avec mes jambes et celui de ma reconversion. Et c’est grâce à lui que j’ai pu écrire mon livre. Dites-non à une voie toute tracée – Le marathon de la reconversion est paru le 9 juillet 2020 aux Editions Kiwi.

Anna nous expliquait il y a quelques mois qu’elle avait un « job à la con » ; une prise de conscience et un virage professionnel dont elle est fière. Au point d’en écrire un livre !

 

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Dans ce récit, je reviens sur cette double course, au gré des orages et des périodes d’accalmie. Je raconte ces parcours qui m’ont nourrie et je fais part de mes désillusions, doutes, échecs, et de la découverte de moi-même. « Un voyage de mille lieues a commencé par un pas », disait Lao-Tseu. J’espère que mes conseils vous permettront de passer à l’action pour faire ce premier pas afin de donner une chance à vos rêves !

 

Anna Coutton, 29 ans, autrice, Colombes (Instagram, Facebook, site web)

Crédit photo Unsplash // CC Sammie Vasquez

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