Sarah C.

Sarah C.18 juin 2018

Ne me parlez pas d’égalité, je suis une fille à l’ancienne

Être aux petits soins de son copain et s'occuper de tâches ménagères... Sarah envisage son avenir en mode old school ! Marche arrière toute...

Par Sarah C.18 juin 2018

J’ai été éduquée à l’ancienne, dans la religion chrétienne. Comme ma grand-mère avant elle, ma mère a toujours tout fait dans notre maison près d’Agen : le ménage, les courses, les repas, sans jamais solliciter l’aide de mon père. Son travail d’agriculteur étant très fatiguant, il était évident pour ma mère de prendre soin de lui et de le laisser se reposer devant la télé.

À la maison, nous vivions à quatre, ma sœur, mes parents et moi. Comme ma grande soeur a 18 ans de plus que moi, elle a aidé ma mère pour tout. Ensuite, j’ai pris le relais. Notre mère nous a appris à être autonomes, ordonnées et soigneuses. Vers l’âge de 10 ans, je savais déjà plier mes vêtements, passer l’aspirateur et faire la vaisselle. Au fur et à mesure que je grandissais, elle m’apprenait de plus en plus de choses comme faire des pâtes, des sandwichs et à vraiment cuisiner.

Elle m’a toujours dit que plus tard, il faudrait que je sois capable de m’occuper de mon mari comme une femme se doit de l’épauler au quotidien. Selon elle, il fallait savoir prendre soin de son homme. Maintenant que j’ai 16 ans, mon copain habite quasiment chez moi. Quand il dort à la maison, je range ses affaires, je lui prépare à manger. En général, même si lui veut m’aider, je lui dis de ne pas s’inquiéter, que je vais faire les choses pour lui. Parfois, quand je suis seule chez lui, j’en profite pour ranger sa chambre.

Faire le ménage, ce n’est pas viril

Au début, il était très surpris quand je lui ai dit que je serais toujours aux petits soins pour lui. Il m’a dit qu’il était très content d’avoir rencontré une fille comme moi car d’après lui, les filles ayant la même mentalité que moi se font de plus en plus rares. Il a même dit que c’était un atout et que je lui faisait penser à sa mère.

La seule chose qui me gênerait, c’est s’il ne me proposait jamais de m’aider, ou s’il profitait de ma gentillesse et me prenait pour sa boniche. Mais comme ce n’est pas le cas, cela me fait vraiment plaisir de faire ces choses pour lui. C’est un passe-temps pour moi, j’aime ça.

Je sais qu’un homme peut faire tout ça, mais selon moi, il ne doit pas le faire. Je trouve déplacé de la part d’une femme qu’elle demande à son mec de faire le ménage. Je trouve que ce n’est pas viril. Pour moi, l’image d’un homme, c’est un mec qui va au sport, qui rentre du travail, qui se pose. Je n’aimerais pas voir mon copain passer la serpillière ou faire la poussière.

Malgré notre éducation commune, ma sœur n’est pas du tout du même avis que moi. Elle me dit que plus tard, je vais me faire marcher sur les pieds. Mais ça ne me fait pas peur, car j’ai quand même du caractère.

 

Sarah, 16 ans, lycéenne, Paris

Crédit photo Pixabay // CC ArtsyBee

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3 réactions

  1. “je lui faisais penser à sa mère”

    Tout est dit !

  2. Alors autant je comprends qu’on puisse penser que s’occuper de la maison est légitime quand on ne travaille pas et que son mari est agriculteur, ça devient une répartition des tâches, certes stéréotypées, mais une répartition.

    Autant considérer que faire le ménage n’est pas viril me gène profondément. Le ménage, c’est pas féminin ni masculin, et ça enlève en rien de la virilité de faire à manger ou de nettoyer de temps en temps !
    Répartir les tâches peut se justifier. Faire toutes les tâches domestiques de facto, beaucoup moins…

    Et ranger les affaires de l’autre… C’est infantilisant pour les hommes, de penser qu’ils ne sont pas capables de prendre soin d’eux, de leur maison et de leurs affaires seuls !

  3. Chacun(e) son truc. Mais à 16 ans, on a encore le droit de découvrir la vie, de se rendre compte que les schémas familiaux, traditionnels, culturels ne sont pas nécessairement un carcan. Et surtout, que ces schémas ne peuvent être imposés, à soi comme aux autres. On peut avoir l’amour lu chez-soi, de l’ordre, la volonté d’être maître(sse) du foyer, que l’on homme ou femme, sans profession ou à la direction général d’une entreprise du CAC40. Tant que c’est une affaire de caractère et que cela reflète une liberté, réelle, éclairée, pourquoi pas? Mais il y a beaucoup de préjugés dans cette opinion, tant envers soi-même qu’envers les autres…