James Z.

James Z.19 mai 2019

Moitié Réunionnais moitié villageois du Sud de la France, je me suis installé à Paris pour faire fleurir mes projets.

James Z : « Réussir dans la musique c’est pas juste être artiste ! »

Chanteur et musicien, mon projet artistique, c'est dur d'en vivre. En diversifiant mes activités, en auto-entrepreneur, j'ai vu que la musique se décline en plusieurs métiers.

Par James Z.19 mai 2019

Je suis passionné de musique et je veux y dédier une grande part de ma vie. Pour vivre la musique, et non pas « vivre de la musique », on pense généralement à créer son projet d’artiste. Mais c’est un processus très long qui coûte cher. Avec des bons plans, on paie 50 euros par enregistrement, 15 euros l’heure de répétition, 400 euros par clip et 500 euros de matos pour être opérationnel. Passer du temps à se faire des contacts, améliorer ses compos, créer son univers c’est aussi du temps de travail. Il me fallait donc des revenus.

J’avais couplé une licence «Music Marketing & Management» aux Pays-Bas (très intéressante) avec mon projet. C’était passionnant de comprendre comment l’industrie s’organise pour faire rencontrer un artiste et son public. Je me suis installé à Paris et j’ai obtenu un master dans ce même domaine.

La suite logique : travailler dans des labels de musique ? Ça m’a permis d’avoir des contacts, d’en connaître plus sur l’industrie et pendant mon temps libre de bosser la partie artistique ! Mais non… Même avec des responsabilités dans des maisons de disques, je n’ai pas apprécié le cadre de travail : toujours justifier ses actions, se référer à ce que son supérieur pense être la meilleure chose à faire, travailler à l’heure avec un 39h et non par projets. Ça me prenait trop de temps et d’énergie.

Alors comment vivre la musique librement tout en gagnant ma vie ? Il me restait le choix de devenir auto-entrepreneur.

Première expérience et révélation

J’ai eu une première opportunité en sympathisant avec le patron d’un bar pour faire une scène ouverte chaque semaine. Ça pouvait être une bonne expérience, même si ce n’était pas le cœur de ma passion. Et j’ai adoré ! Ce complément de revenu cool est devenu une explosion de bonheur chaque semaine. Il en faut peu pour être heureux : un public venu pour s’amuser et des artistes supers intéressants/différents. Porter un projet seul, le travail d’organisation conséquent, c’est que du plaisir quand on peut faire les choses à sa manière et le partager avec d’autres.

Son premier clip vient de sortir !  Petit aperçu de l’univers musical de James Z !

J’ai compris que ma passion pour la musique et son industrie était plus large que mon projet personnel. Mais pour cela j’ai dû tester pour savoir ou non ce qui me correspondait. Pour créer un cercle vertueux, j’ai aussi proposé des accompagnements ponctuels aux artistes qui passaient dans mes scènes ouvertes afin de développer leurs projets. Grâce à ma formation, mon expérience d’artiste et mon expérience professionnelle en label,  j’étais légitime pour facturer un forfait à l’heure.

Même histoire. Je ne savais pas si cette activité était faite pour moi mais j’ai encore été agréablement surpris. J’ai donc développé mon projet entrepreneuriat autour de ces différents axes. C’est que du bonheur tout en me permettant de vivre. Même si je gagne pas grand-chose pour le moment, environ 500 euros par mois, j’utilise mes économies  pour combler. Grâce aux partenariats que je suis en train de conclure (aidé de mon stagiaire bénévole), je vais enfin pouvoir officiellement lancer mon activité ! Avec l’engouement qu’il y a à petite échelle, en grandissant ça ne pourra que fonctionner. Ça me permet aussi de développer mon projet d’artiste qui ne me rapporte presque rien. Quelques euros de streaming, des cachets bien cachés (je suis plutôt payé avec un billet orange une fois par mois). Je passe presque autant de temps à développer ma musique qu’à exercer mes activités d’entrepreneur, les deux sont tout aussi importants.

Papy réalise des clips. Au collège, ses profs jugeaient ce projet irréaliste. Pourtant, il s’est accroché et il commence à percer, tout en passant son bac. Lycéen et réalisateur, on me disait que c’était impossible

J’ai compris que ce qui me passionne, c’est le partage de l’art musical. Et il peut prendre différentes formes : le marketing, mes projets musicaux, les échanges avec d’autres artistes. Vivre de sa musique c’est top, mais j’ai décidé d’aller plus loin, vivre du partage autour de LA musique.

 

James, 24 ans, artiste/entrepreneur, Paris

Crédit photo // © HBO (Vinyl, série 2017)

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1 réaction

  1. Très beau parcours, qui donne envie de s’accrocher à ses rêves!

    katell.