Kevin DVC.

Kevin DVC.8 mai 2018

J'aime sortir avec mes amis jouer aux jeux vidéos, aider les enfants. Le football c’est ma passion et je le pratique à Gennevilliers.

A mon âge, mes parents quittaient le Cap-Vert pour la France !

Le père de Kevin avait 18 ans quand il a pour la toute première fois pris l'avion. Direction la France, pour y faire sa vie...

Par Kevin DVC.8 mai 2018

Dans les années 90 mon père a pris son premier vol dans le but de découvrir une nouvelle vie différente de celle qu’il avait au Cap-Vert, son pays natal. Il avait 18 ans, il avait arrêté ses études à 16 et travaillait avec son père dans l’agriculture. Un secteur où on ne gagne que le minimum.

Il a demandé à ses parents s’il pouvait quitter son pays natal pour aller chercher une vie meilleure, plus développée, en France. Avant lui sa grande soeur avait déjà quitté le pays quand il était tout petit, au Portugal, pays qui a colonisé le Cap-Vert. Suite à sa migration, elle a trouvé une nouvelle vie, un très bon travail, sa maison, ses trois enfants. Elle communiquait tous les jours avec mon père et ses grands-parents afin de savoir s’ils allaient bien.

C’est grâce à elle que mon père a pu migrer en France : elle lui a envoyé de l’argent pour acheter le billet d’avion pour le faire venir en Europe. Le 15 juillet 1989, il a pris l’avion et est arrivé à Paris.

Une vie meilleure en France

Il a eu des difficultés à s’intégrer dans son nouveau pays. Il n’avait pas les papiers et a dû utiliser la carte d’identité de mon oncle pour trouver son premier boulot. Il a trouvé une école afin d’apprendre le français et s’intégrer plus facilement. Surtout pour les tâches essentielles pour réussir sa vie : un petit appart’ métro Hoche avec mon oncle, son permis de conduire et un travail dans une entreprise de bâtiment.

Trois ans plus tard, il a décidé de faire la même chose que sa grande soeur en envoyant de l’argent au Cap-Vert pour faire venir quelqu’un. Cette personne, c’était ma mère.

Mon père a fini par avoir des papiers légaux. Sa carte d’identité, son passeport et peut avoir une vie stable avec ma mère. Mes parents ont trouvé ce qu’ils cherchaient. Ils ont tous les deux un travail bien rémunéré, un appartement et ils vivent dans de très bonnes conditions.

Moi ? Moi je suis né à Bondy en banlieue parisienne. je me sens français d’origine capverdienne. Et cette origine prend beaucoup de place dans ma vie car j’en suis fier. J’adore voyager là-bas. C’est un très beau pays.

Ils me disent que mes deux soeurs, mon frère et moi, donc la famille qu’ils ont formée trois ans après qu’ils se soient rejoints, a une vie meilleure qu’au Cap-Vert.

Je suis content d’être né ici et d’avoir la nationalité française, mais malgré ça, je suis fier de mes origines et d’avoir découvert leur parcours de jeunesse.

 

Kevin, 19 ans, Bobigny

Crédit photo Adobe Stock // © freebird7977

TAGS :