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Divan D.20 mai 2019

Afghanistan : j’ai le mal de mon pays

J'ai été obligé de quitter l'Afghanistan pour la France mais y penser me réchauffe toujours le cœur.

Par Divan D.20 mai 2019

Mon cher pays Afghanistan, tu me manques. Ma belle province de Baghlan, mon village fleuri de Touroni le long de la rivière, la forêt de Karkar, les collines vertes au sud de la ville, l’école, les parcs, la mosquée, le gymnase de cricket, le stade de foot et celui de volley-ball, le marché au centre de la commune. Les beaux jours que j’ai passé à jouer et les nuits à regarder les étoiles avant de m’endormir me manquent.

Les quatre saisons me reviennent en mémoire.

Le printemps, je partais marcher pour profiter de la nature, je jouais au cricket, à courir dans les rues ou à regarder les bergers nourrir les vaches et les moutons. À la sortie de l’école, on plaisantait avec mes camarades, on jouait à des petites bagarres. J’étais le chef des gamins du village, j’étais fort et audacieux quand j’étais enfant.

Parvana, une enfance en Afghanistan est un film d’animation réalisé par Nora Twomey et sorti en 2017. « Un conte merveilleux sur l’émancipation des femmes et l’imagination face à l’oppression. »

L’été, je me souviens quand je nageais avec mes amis dans la rivière, je me rappelle de nos balades dans les champs, alors que les agriculteurs étaient en train de travailler. La chaleur était étouffante mais cela ne nous empêchait pas de nous amuser.

L’automne, les animaux semblaient tristes de voir les feuilles tomber. Il n’y avait plus d’herbes sur la terre, elles avaient été brûlées par le soleil. Les agriculteurs me disaient : « Prince, on entre dans la mauvaise saison. » J’aimais faire voler un cerf-volant à cette époque de l’année. Une des rares choses qu’on pouvait encore faire. Du coup, le ciel en était rempli.

L’hiver, c’était les batailles de boules de neige avec les copains, les glissades sur le sol gelé. Les arbres penchaient sous le poids des flocons. Je repense au feu dans la cheminée et aux chasseurs en quête de gibier.

À Paris, Gayané continue à faire vivre sa culture arménienne, avec sa famille, mais aussi à travers des cours de langue et de danse. Malgré cela, son pays lui manque et elle attend de le retrouver un jour. Arménienne à Paris, je suis loin de mon pays, pas de ma culture !

Cela fait bientôt cinq ans que je ne t’ai pas vu, mon cher pays Afghanistan. Tu me manques, tu me manques, tu me manques.

Je vis en France maintenant. La vie est tellement différente ici : la langue, la culture, les habits, la cuisine… Penser à toi, mon pays, me rend à la fois triste et heureux. Je ne pense pas pouvoir te revoir un jour mais tu restes dans mon cœur.

 

Divan, 16 ans, lycéen, Paris

Crédit photo © Nora Twomey // Parvana, une enfance en Afghanistan (film, 2017)

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2 réactions

  1. Nous avons nos racines qui nous rattachent à notre pays et on peut vivre partout si on est heureux avec une famille des amis et un bien etre aussi .

  2. Divan D., thanks a lot for the article post. Much thanks again. Fantastic.