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Inès D.4 avril 2020

Confinée avec mon crush, de la période d’essai au CDI

Depuis le confinement, mon crush vit chez moi. On n'a pas trop réfléchi à ce que ça impliquait de vivre ensemble, mais au final on est comme un couple !

Par Inès D.4 avril 2020

Lundi soir. Soirée sympa avec mon crush que je fréquente depuis un mois : il est top, on s’apprécie bien ! Et soudain : annonce du confinement.

Mon père étant une personne à risque, je ne peux pas rentrer dans ma famille. Je dois rester à Lyon. On était tous les deux sans trop savoir quoi faire… Ceci dit, j’ai un appart assez grand et je ne veux pas rester seule. Bilan des courses après quelques hésitations : il décide de rester avec moi.

Le lendemain matin, avant midi, on passe chez lui chercher quelques affaires. Il prend sa télé, sa play, des bouquins, sa machine à café, son ordi, des habits, de la nourriture, une… machine à raclette, et hop ! Il emménage chez moi.

On est passés du trois fois par semaine au 24/24 ensemble. De la période d’essai directement au CDI.

Bref, on est devenu un petit couple

Aurais-je un jour imaginé vivre avec un crush après seulement un mois de relation ? Non, mais on n’a pas trop réfléchi. Un peu naïfs, on se disait que deux semaines c’était pas énorme. On avait juste oublié que ça impliquait de vivre le quotidien de l’autre alors même que l’on apprenait à se découvrir.

On essaie de garder des moments d’intimité chacun. Ayant du travail, on respecte des moments seuls pour avancer sur nos mémoires de recherche. On coupe parfois pour se recentrer sur nous-même ; penser qu’à soi et ne plus penser pour deux.

À l’inverse d’Inès, de nombreux couples sont séparés pendant le confinement. Remises en question, manque physique, messages sentimentaux… Le Monde a recueilli leurs témoignages.

Ensemble, on se retrouve aux repas, au café et le soir. On fait du sport, des pauses, on souffle, on discute jusqu’à pas d’heure. On fait les courses, la cuisine, on boit un coup. Et on se chamaille aussi. Bref, on est devenu un petit couple ! Finalement, on a l’impression d’habiter ensemble depuis plusieurs années.

Parfois j’ai envie d’être seule, pour de vrai !

Progressivement, on se découvre, et on entre dans la vie et l’univers de l’autre. On appréhende mieux sa manière de réagir, on anticipe davantage ses réponses. En le voyant débarquer avec sa play et sa télé, je pensais que c’était « vital » mais je me suis bien trompée !

Il aime se poser et regarder ses séries, écouter des débats de société, de philosophie, de politique, il est hyper curieux et n’hésite pas à écouter des sketchs pendant qu’il fait la vaisselle. Moi, je bouquine pas mal et je suis redevenue accro aux Sims, mais finalement il y joue tout autant que moi et délaisse sa play pour jouer à l’architecte.

Au repas, pour lui, impossible de faire sans fromage ou sans viande. J’essaie tout de même d’équilibrer tout ça avec ma « touche de légumes ». Je suis très sportive, lui moins… mais il s’est mis au sport aussi, histoire de se défouler !

Bon j’avoue, parfois j’ai mes crises. J’ai mes coups de speed, mes angoisses. J’ai besoin de tout nettoyer, tout contrôler. Je repasse derrière lui, je demande plus de place dans le lit et j’ai envie d’être toute seule pour de vrai !

J’ai pas l’habitude d’être avec quelqu’un 24/24, enfermée. Surtout sans savoir jusqu’à quand !

On prend nos repères et on se serre les coudes

On se prépare tous les jours et on cherche à se plaire, mais assez vite j’ai besoin d’être dans mes joggings. Oust le maquillage des premiers rencards, je suis moi-même dans mon quotidien !

On a chacun nos coups de blues mais pour le moment, rien à signaler. On rigole et on se parle beaucoup, et quand on veut souffler on le dit. La cohabitation est légère, d’autant qu’on sait que l’on se réveillera à côté ! C’est comme quand on est enfant en colonie de vacances pendant plusieurs jours avec un garçon que l’on apprécie, ça passe ou ça casse !

Judith passe son confinement avec ses parents. Entre eux, un fossé générationnel. Aux discussions des repas de famille, elle doit souvent se retenir de répondre « OK boomer » à son père.

Pour le ménage, on partage. Un petit souci à noter sur ses habits qu’il oublie de ranger et les cheveux dans l’évier. Mais après l’avoir dit plusieurs fois, je laisse couler. Un peu d’humour et tout est arrangé. Après tout, il peut se sentir à l’aise aussi et c’est pas plus mal comme ça.

Le confinement est prolongé… rien de bien surprenant, le contrat également ! J’ai encore sûrement beaucoup de surprises à découvrir et de rigolades garanties. On prend nos repères et on se serre les coudes sans trop se poser de questions. Est-ce qu’on va s’aimer « sur une étoile ou sur un oreiller » ? Pour le moment je ne sais pas, mais on s’apprécie bien en étant confiné. Donc isolée ou maquée, ma réponse est donnée !

 

Inès, 23 ans, étudiante, Lyon

Crédit photo Unsplash // CC Joshua Coleman

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2 réactions

  1. Génial ce témoignage. Ça donne super envie de passer le cap pour vivre avec la personne quand on est en couple
    Chouette. Bravo

  2. Quelle magnifique maturité Inès!
    Ne rien prendre pour soi, être capable de se rendre compte que rien n’est grave, et que ce qui compte c’est de partager à la fois la Joie et le besoin de solitude !
    Le reste ne devrait rester qu’ajustements… Bravo