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Steven G.12 avril 2020

Je suis le légendaire charo du collège

Tout le monde à l'école dit que je suis un charo, un coureur de jupon. Ok je drague, mais je suis juste en perpétuelle recherche de l'amour !

Par Steven G.12 avril 2020

Cela fait maintenant quatre ans que je suis atteint par ce magnifique virus qu’est l’amour : j’enchaîne copine sur copine. L’amour m’a fait découvrir des bonheurs incroyables comme des malheurs insoutenables. Souvent mes amis me qualifient de « charo », une expression que je déteste, qui désigne un « coureur de jupon », je préfère cette expression.

Tout ça pour quoi ? Parce que je « drague » ? Oui je drague, j’assume, je reste pas planté à attendre que quelqu’un vienne vers moi. Je veux, j’ai besoin de ce bonheur incroyable qu’est l’amour. Ce bonheur, je l’ai découvert très tôt, j’avais 10 ans à l’époque de ma première relation. Une amie m’avait dragué et, au bout de deux mois, elle m’a mis un couteau dans le dos et m’a quitté pour un ANCIEN ami. Bref, un mauvais souvenir.

L’amour, des fois je le cherche, des fois je le trouve, dans des relations plus ou moins longues. Et des fois, je perds espoir. Mais pour le trouver, j’utilise des techniques légendaires ancestrales… que j’ai mis au point tout seul. Premièrement, le plus simple : attends d’avoir un faible pour une personne. Ensuite deviens ami avec la personne, partage des délires avec elle, montre lui que tu l’apprécies énormément et surtout que tu tiens à elle. Et après, dès que tu penses que c’est le bon moment : dévoiles tes sentiments.

Cette technique est dangereuse, tu risques de perdre une amitié ou même de perdre de la réputation dans le collège. Mais en faisant rien, et bien t’auras rien. Faut arrêter d’être timide ! Moi, j’utilise une autre technique mais plus compliquée, plus dangereuse et surtout indescriptible : je drague à l’instinct et ça fonctionne super bien.

Quand on allait chez moi, ce n’était pas pour jouer au Mille Bornes

J’ai été en couple avec une personne que j’aimais énormément pendant quatre mois. C’était en mai dernier, elle était en troisième et moi en quatrième. Au début, elle essayait de me draguer désespérément alors que je ne connaissais même pas son prénom. C’est assez rare qu’on me drague, normalement c’est moi, mais du coup ça m’a plu. J’ai enfin appris son prénom, et de fil en aiguille, on a fini par se mettre ensemble.

C’est le rappeur Niska qui a popularisé le mot « charo », en l’utilisant dans un bon nombre de ses titres. Lors d’une interview accordée à Clique, il explique que ce terme est pour lui synonyme de détermination.

 

Elle avait deux ans de plus que moi donc, quand on allait chez moi, ce n’était pas pour jouer au Mille Bornes. Le problème, au début, c’était son père. On ne voulait pas qu’il connaisse l’existence de cette relation. Ma copine avait peur de sa réaction. Et si elle a peur, et bien moi j’ai tout intérêt à avoir encore plus peur. On voulait rester éternellement ensemble, il aurait donc fini par l’apprendre.

Bon, son voisin nous a surpris ensemble et a vendu la mèche. Au final, son père ne l’a vraiment pas mal pris, il la charriait même en l’appelant par mon prénom. J’ai même fini par le rencontrer parce que je voulais inviter ma copine au McDo. Mais j’avoue que j’ai jamais osé rentrer chez elle, j’avais trop peur de la rencontre avec sa famille, que ce soit son père, sa mère ou ses frères.

Par contre elle, elle venait chez moi tous les jours, ou presque. Puis, les grandes vacances sont arrivées. Au début, elle venait chez moi comme d’habitude. Puis, elle est partie quatre ou cinq jours à Disneyland. Puis, trois semaines encore en vacances sauf qu’après… Bah moi aussi j’avais trois semaines de vacances. C’était horrible, elle me manquait trop et j’avais beaucoup de mal à la contacter car elle ne pouvait ni m’appeler ni m’envoyer de messages. Et moi, je ne pouvais appeler que deux heures par mois. Et, avec elle, deux heures, ça ne suffit même pas pour un seul appel. J’étais frustré, énervé et en même temps très triste de ne pas pouvoir entendre longtemps sa voix.

Mon objectif désormais : faire une demande de mariage

Après ces vacances de l’horreur, on a enfin pu se revoir mais quelque chose avait changé. Moi j’étais toujours très amoureux mais, elle, beaucoup moins. J’ai essayé – peine perdue – de la refaire tomber amoureuse, mais il était déjà trop tard. Elle m’a quitté quelques semaines après que les cours aient recommencé. Je suis tombé dans une tristesse infernale qui a duré très longtemps, trop longtemps…

Kévin est timide et n’ose pas aborder les meufs qui lui plaisent. Donc lui, c’est sur les réseaux qu’il drague les filles : « Snapchat, c’est le Tinder des moins de 18 ans »

Je pensais que je n’allais plus jamais retrouver l’amour, que j’allais rester seul toute ma vie. Pendant de longues périodes, je restais dans mon lit, à écouter de la musique, déprimé par cette idée. J’ai retrouvé mes esprits et j’ai même fini par redevenir ami avec elle. Maintenant je vais recommencer à draguer. D’ailleurs, je me suis déjà remis en selle ! Mon objectif désormais : faire une demande de mariage. Bon, après je sais pas dans quel pays je vais aller pour me marier. Mais au pire j’attendrais quatre ans, le temps d’être majeur, et je me marierais à la plage, ou à Disneyland. Ou plutôt à la plage de Disneyland !

Et si ça n’existe pas, je la construirais seul, à la force de mes bras. Et oui, vous l’aurez compris le magnifique, l’étincelant, le légendaire charo est revenu pour avoir plus de déceptions amoureuses  ! Finalement, j’adore cette expression… Ça me va bien mieux que coureur de jupons.

 

Steven, 14 ans, collégien, Rennes

Crédit photo Pexels // CC Savannah Dematteo

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