Maëlys O.

Maëlys O.17 novembre 2018

Contre ma timidité, je prends mon stylo comme une arme, pour lutter.

Écrire me libère de ma timidité

La timidité, cette petite voix qui pousse au silence, Maëlys la connaît bien. Elle en a conscience mais n'arrive pas à s'en libérer, sauf sur le papier.

Par Maëlys O.17 novembre 2018

Une petite voix dans ma tête qui me critique, me corrige et questionne mes décisions. Cette petite voix, que j’imagine étrangère, me protège du nouveau, ferme les portes d’un monde que je rêve de connaître. Ses remarques me dissuadent de m’exprimer lorsque je suis sur le point de faire un pas en avant. Un exemple tout bête : en cours, une question est posée, je crois connaître la réponse et pourtant je ne tente pas ma chance. J’abandonne l’idée de m’exprimer. Cette voix me raconte alors les pires situations que j’aurais pu vivre si j’avais pris la parole. Ou quand on m’invite à jouer pendant la récré, tout le monde a l’air de s’amuser, mais moi, je n’ose pas y aller.

Mon stylo comme une arme

C’est surtout à l’école. À la maison, ça va. Cette souffrance m’est impossible à défier. Parfois elle me paralyse, me laisse muette. Elle m’isole dans la bizarrerie. Il me faudrait me libérer de ces chaînes invisibles, de ce manque de confiance. Cette voix ce n’est que moi et du doute. Du doute par rapport à ma capacité de réussite, à mon futur, et à ma force, celle qui, peut-être, ne résisterait pas aux critiques. Mais c’est aussi de la peur. Pas du jugement ou de mon image, non, d’autre chose. Je suis une étrangère pour moi-même.

Peut-être que je n’aime juste pas être remarquée, être reconnue, et que c’est pour cela que je m’éloigne de toute complication sociale. Peut-être aussi, ai-je peur d’échouer, de ne pas atteindre le niveau requis, et de m’élever à une hauteur infranchissable.

Comme Maëlys, Mattea vit sa timidité comme un obstacle à affronter au quotidien. Pour elle, le plus dur à gérer c’est le regard et le jugement des autres : ses profs, ses camarades, les recruteurs…

Je ne connais pas la cause, je ne peux donc pas trouver une solution. J’essaye de contourner ce fossé, de passer outre cette voix. L’écriture me libère de ces chaînes, elle libère ma parole, elle est mon seul moyen de défense ; tandis que l’oral, lui, m’enfonce. Il m’est bien plus facile de m’exprimer sur une feuille qui, si je le souhaite, restera secrète, sans public, sans critique. J’écris pour moi, dès qu’il y a un sujet sur lequel j’ai besoin de réfléchir, sans crainte d’être jugée. Contre cette timidité, contre cette voix, je prends mon stylo comme une arme, pour lutter. Il n’y pas de limites, pas de frontières sur une feuille de papier. Il n’y a qu’un vaste espace qui n’attend que d’être rempli.

 

Maëlys O., collégienne, 13 ans, Paris

Crédit photo Adobe Stock // © Lealnard

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2 réactions

  1. Maëlys, tu as bien raison de t’exprimer par écrit, je suis exactement comme toi ! J’ai toujours été timide de la 5e jusqu’en Terminale, et aujourd’hui, j’ai 26 ans, et je le suis toujours (peut-être un peu moins, pour demander un renseignement a quelqu’un si je suis perdue, ou pour demander un café dans un bar), mais avec les gens (inconnus, connaissances et parfois même des amis), je n’ose pas parler. Parler en public a toujours été difficile pour moi, je suis une personne introvertie, mais, avec l’âge et les années, l’écriture poétique m’a permis de découvrir le slam, et de réussir à slammer en public, sur scène, avec une musique derrière, dès l’âge de 17 ans. En grandissant, tu restera toujours “plus ou moins” timide, et ton refuge, ta zone d’expression, sera toujours l’écriture. Mais, lorsque tu créera de véritables liens amicaux avec des amis, des personnes qui te comprendront, ta timidité s’estompera avec ces personnes-là, et tu voudra t’exprimer oralement sans craintes, ni pudeurs, ou doutes d’être juger ou critiquer. La timidité fait partie de notre personnalité (c’est aussi ce qui nous rend Unique). Surtout ne lâche pas l’écriture (même si tu ne dévoile pas tes écrits, comme moi je fais avec mes poèmes et chansons), car c’est une très belle passion (qui, personnellement, m’a beaucoup aidé dans des épreuves difficiles de la vie, dès l’âge de mes 10 ans). Je te souhaite de t’épanouir librement dans cette passion, et d’en faire une arme; car “les mots sont plus percutant que des coups” ! Bon courage et bonne continuation dans ta vie, surtout ne lâche rien, prend un peu confiance en toi en chaque pas que tu fera et éclate-toi !!!

  2. Quelques fois, la timidité ne va pas à contre-sens du respect de soi et des autres. Ce n’est pas parce qu’on est timide qu’on est moindre dans nos relations avec autrui ou que l’on se voit être contraint de fermer les yeux sur nos besoins relationnels ou personnels.