Massimo V.

Massimo V.28 septembre 2018

Je suis italo-francais et je joue au échecs.

En France je suis « l’Italien » et en Italie je suis « le Français »

Franco-italien, Massimo adore jouer avec ses deux cultures. Être « le Français » en Italie et « l'Italien » en France.

Par Massimo V.28 septembre 2018

Chaque été, je vais en Italie chez ma grand-mère. Elle habite près de Pise, dans un village qui s’appelle Lunimare. C’est vraiment la campagne ! Les voisins les plus proches sont à 100 mètres et il n’y a pas d’autres enfants dans la zone. Mais au moins, c’est calme. Ma grand-mère parle seulement italien. Tant mieux, c’est comme ça que j’ai appris à le parler moi aussi.

Quand je vais à la plage, mes amis italiens m’appellent « Franci », comme ils savent que je viens de France. Chaque été, ils me posent des questions assez classiques : « C’est comment Paris ? » ou « t’es déjà monté sur la tour Eiffel ? » Parfois, ils nous appellent « I nostri amici da Parigi » (nos amis de Paris) et ils me montrent leur haut niveau en langue française en disant « baguette »…

En France, c’est plus ou moins la même chose : on me demande « C’est comment l’Italie ? » et ensuite mes amis disent « spaghetti » ou « pizza » avec un accent bizarre. Souvent on me demande aussi de traduire des insultes.

J’aime bien avoir le choix

Même si je ne regarde pas le foot, je dois bien faire mon choix : quand je suis en France, je supporte la Juventus de Turin et, en Italie, je supporte le PSG. J’avoue, c’est aussi par esprit de contradiction : j’aime bien être « contre » mes amis parce que j’aime bien me sentir « différent ». C’est pour ça que je ne cache pas mes origines. En France je suis « l’Italien » et en Italie je suis « le Français ». Ça me plaît.

Pas toujours facile de grandir entre différentes cultures ! Jasmine est franco-coréo-hispano-américaine et au quotidien, elle le vit très bien. Mais dans ses familles maternelle et paternelle, elle cherche encore sa place.

Et ça me semble normal. À la maison, en France, on parle en français ou en italien selon notre humeur et le ton que l’on veut donner à ce que l’on dit. On alterne entre les deux langues parfois dans la même phrase. Ça donne souvent des phrases plus courtes et ça ne nous dérange pas. Même si c’est bizarre pour quelqu’un qui nous écoute ! Quand je parle à quelqu’un en italien, je m’exprime pas pareil. Par exemple, en français je n’arrive pas à tutoyer des adultes, à part mes parents, même ceux que je connais très bien. Mais en italien, je les tutoie sans problème… J’aime bien avoir cette double identité. C’est comme si j’avais deux personnalités. J’aime bien avoir ce choix. Avec cette différence, je me sens « spécial ».

 

Massimo, 14 ans, collégien, Paris

Crédit photo Adobe Stock // © studiostoks

TAGS :