Amandine E.22 octobre 2018

Je suis depuis mars 2018 diplômée d’état en soin onfirmier. J’ai décidé de m’engager au Service Civique pour découvrir le milieu associatif.

En stage, j’ai découvert mon pays d’origine

À 23 ans, Amandine n'avait été qu'une fois au Togo, le pays d'origine de son père. Lors d'un stage à l'étranger, elle a pu découvrir ce qu'elle considère désormais être "son" pays.

Par Amandine E.22 octobre 2018

En troisième année en institut de soins infirmiers, j’ai souhaité faire un stage à l’étranger. J’ai choisi d’aller au Togo ! C’est en Afrique de l’ouest, entre le Ghana et le Bénin. Si vous regardez sur une carte, vous verrez, c’est très petit. Un des plus petits Etats du continent africain. Mon père est né au Togo sans avoir la nationalité togolaise. À son époque, pour l’obtenir, il fallait travailler. Lui, il est venu en France à 17 ans pour ses études. Et ma mère est née au Cameroun. Moi, je suis née en France. Mes parents ont la nationalité française, j’ai donc la nationalité française.

La première fois que je suis allée au Togo, j’avais 4 ans et la deuxième fois, c’était pour ce stage. Grâce à mon oncle qui est sur place, j’ai pu organiser ma venue. Mon stage a duré dix mois et demi, je suis partie seule. Je suis arrivée une semaine avant le début de mon stage car je voulais découvrir le pays de mes parents, me l’approprier et pouvoir dire « mon pays ».

Je me sens autant Française que Togolaise

C’est à 23 ans que j’ai commencé à poser des questions à mes parents sur leurs origines, peut-être parce qu’il y a eu beaucoup de choses à la télé et sur les réseaux sociaux en lien avec les filles et fils d’immigrés nés en France. Je me souviens d’un jeune homme qui disait : « Je suis né en France mais ici, on me traite comme un étranger et quand je vais dans le pays d’origine de mes parents, on me dit que je ne suis pas d’ici, que je suis Français. C’est difficile de trouver sa place, je suis considéré comme un étranger dans ces deux pays avec lesquels j’ai un lien très fort. » Je comprends ce qu’il a ressenti mais moi, au fur et à mesure, et malgré certains commentaires assez négatifs, je me suis sentie bien au Togo.

Aujourd’hui, je me sens autant Française que Togolaise. J’ai pu voir le village où mon père a grandi, la maison familiale de ma mère. Mon arrière-grand-père maternel était roi d’un village. On avait un lien particulier, on s’écrivait plein de lettres, j’étais petite mais je m’en souviens très bien. Sur place, j’ai pu lui rendre hommage. J’ai aussi pu visiter la maison des esclaves et même descendre par la trappe où les esclaves recevaient parfois à manger ou pas du tout, j’ai dû me mettre accroupie. Penser que des milliers d’êtres humains étaient amassés dans cet endroit m’a beaucoup touchée.

Ce pays. Non ! « Mon pays »

Mon stage s’est déroulé dans le plus grand hôpital public du Togo. J’ai découvert un lieu très différent du système de santé français. J’ai vécu des moments très difficiles, comme des décès d’enfants et de jeunes adultes, mais aussi de beaux moments, comme la naissance d’une petite fille le jour du nouvel an, le soutien des soignants sur place, la gentillesse des familles et le sourire des enfants quand j’essayais de parler la langue locale.

Doit-on être dans son pays d’origine pour cultiver ses racines ? Gayané est arménienne, a toujours habité en France, mais sans jamais oublier d’où elle vient ! A lire : « Arménienne à Paris, je suis loin de mon pays, pas de ma culture ! »

Malgré la pauvreté et les difficultés de la vie quotidienne, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce pays. Non ! Rectification : « mon pays ».

J’ai même commencé les démarches pour avoir la nationalité togolaise ! Mais d’abord, mon père doit l’obtenir. Plusieurs personnes me demandent si je souhaite travailler là-bas. Je réponds que pour l’instant c’est juste pour les vacances… et pour profiter de ma famille.

 

Amandine, 25 ans, étudiante, Villetaneuse

Crédit photo Flickr // CC EU Civil Protection and Humanitarian Aid Operations

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