Lola D.

Lola D.1 décembre 2018

Être la meuf d’un dealer ? Très peu pour moi !

Lola est tombée amoureuse successivement de deux dealers, Charles, puis Jean. Ils ont voulu l'entrainer dans leurs trafics. Elle a fini par résister.

Par Lola D.1 décembre 2018

Il y a quelques années, je fréquentais un jeune homme que je nommerai Charles. Au début, il n’y avait rien d’anormal dans notre relation, tout allait pour le mieux, une relation banale. Quelques mois plus tard, j’ai appris qu’il était mêlé à des histoires de drogue. Au début, ça ne m’a pas dérangée, car j’en consommais moi-même. C’était plus accessible pour moi. Puis, ça a fini par me poser problème.

Il s’est confié à moi. Il m’a avoué qu’il dealait avec son meilleur ami. Sur le moment, j’ai été déçue, mais je n’étais pas totalement surprise par ce garçon qui avait un comportement insolent vis-à-vis de tout ce qui l’entourait. Quelques semaines après, il m’a appelée un soir aux alentours de 22h. Il m’a demandé s’il pouvait laisser son sac à dos chez moi. Il sortait de cours, il n’avait pas eu le temps de rentrer chez lui et il allait en boite. J’ai vite compris qu’il voulait s’en débarrasser.

Je consommais, donc j’en ai profité !

J’avoue qu’au début j’ai trouvé ça plutôt étrange, mais je l’ai fait. Je pensais qu’en acceptant j’attirerais son attention et prouverais mes sentiments. J’habitais au premier étage, chez mes parents, il est venu à ma fenêtre. Dix minutes plus tard, j’avais le sac entre mes mains. J’ai vérifié que la porte de ma chambre était bien fermée, j’ai ouvert le sac et vu un énorme sachet rempli de grosses têtes de « beuh ». J’étais choquée et me sentais à la fois humiliée, naïve et manipulée. Il y avait quand même un côté positif car, comme je consommais, j’en ai largement profité ! Cette mascarade a duré pendant une semaine, puis j’ai cessé, car ne je voulais plus être mêlée à ça.

Puis, j’ai continué à le fréquenter occasionnellement. Et un soir, il m’a demandé de lui rendre service. Il m’a tendu un sachet d’au moins 50 pilules d’ecstasy en me suppliant de le garder chez moi pour la nuit. Outrée, je suis entrée dans une colère bleue et suis devenue hystérique, mais il ne voulait rien savoir… Il est parti en me laissant seule dans cette illégalité totale. J’ai réfléchi quelques minutes, c’était impossible que je garde ce sachet sur moi, chez moi. Je l’ai confié à ma meilleure amie, sans aucun scrupule. Le lendemain, il a pété les plombs et remis en cause toute la confiance qu’il avait envers moi. Cela ne m’a pas touchée. J’ai rompu toute relation avec Charles.

Il m’a demandé de « faire la nourrisse »

Plus récemment, cet été, j’ai rencontré un garçon, Jean, qui malheureusement avait trempé lui aussi dans des histoires de drogue. Mais ce n’était plus le cas. Déscolarisé, il ne faisait rien et s’ennuyait. L’idée lui est donc passée par la tête de reprendre le business. Il m’a demandé de « faire la nourrisse », de garder de grosses quantités de substances illicites dans ma propre maison. Au début, j’y ai réfléchi, mais finalement, à tête reposée, je me suis rendu compte qu’il était impossible que je recommence à faire ça. Même pour mon nouveau petit ami pour lequel je commençais à avoir de réels sentiments.

Jean, qui connaissait également Charles, a comparé la situation, en mettant en doute le fait que je l’aime, car je ne voulais pas lui rendre ce service alors que je l’avais fait auparavant. Mais ce qu’il n’a pas compris tout de suite, c’est que je n’avais pas vraiment eu le choix la première fois. J’avais évolué et je ne voulais plus me faire marcher sur les pieds, en étant obnubilée par un jeune homme qui se servait intentionnellement de moi. Avant, je n’étais pas capable de m’en rendre compte. Cette fois-ci, c’était différent et j’avais grandi, je ne voulais plus me retrouver dans ce genre de situation à risques. En étant sa petite amie, il était de mon devoir de souhaiter le meilleur pour lui et de le tirer vers le haut si j’en avais la possibilité. C’est ce que j’ai fait en refusant.

Il est très important de ne pas se laisser manipuler par son petit ami de quelque manière qu’elle soit, d’être sincère avec soi-même et avec lui. Et de ne pas oublier ses principes et valeurs pour son partenaire, mais au contraire de les lui inculquer afin de le faire grandir et évoluer à son tour. En couple, il ne faut pas se laisser faire, au risque de se retrouver seule. Car, comme on dit, on est toujours mieux seule que mal accompagnée.

 

Lola, 18 ans, étudiante, Paris

Crédit photo Narcos (série 2015-2017) © Netflix

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