Amy D.

Amy D.5 juillet 2018

Dans la vie, on ne fait pas ce que l'on veut mais on est responsable de ce que l'on est.

J’ai choisi la religion de mon père grâce à mes copines du collège

Ses parents ne lui ont pas imposé de religion. Ce sont ses amies qui lui ont fait découvrir sa foi et sa mère n'adhère pas.

Par Amy D.5 juillet 2018

Depuis toujours, je vois mon père sur un tapis de prière, aux heures de prière, prier en direction de la Kaaba. Petite, je ne comprenais pas, mais je me mettais derrière lui et reproduisais ses gestes.

Ma mère n’est pas musulmane, elle faisait tout autre chose dans ces moments-là. Elle était dans la cuisine ou devant la TV. Ma mère est chrétienne, mais ne pratique pas vraiment cette religion. Tout se passait bien à la maison, car chacun de mes parents respectaient la religion de l’autre : ma mère ne préparait pas de porc, mais mon père ne lui interdisait pas d’en manger.

Mes parents ne nous ont pas imposé de religion à ma soeur et moi, ni étant petites, ni maintenant.

Prier… ou pas

Quand j’avais 7-8 ans, mes parents se sont séparés. Ma mère, ma soeur et moi avons déménagé. Et qui dit déménagement, dit changement d’école.

J’ai fait ma rentrée en CE2 et je me suis fait de nouvelles copines. La majorité d’entre elles étaient musulmanes, tout le contraire de mon ancienne école. À ce moment-là, pour moi, j’étais musulmane.

Je ne m’intéressais pas vraiment à l’Islam, mais encore moins au christianisme. C’est en grandissant que j’ai voulu m’intéresser à l’Islam. J’ai demandé des livres de prière à mon père. Il ne le montrait pas, mais je sentais qu’il était fier que sa fille s’intéresse à sa religion !

En Cinquième, j’ai jeûné pour la première fois pendant le mois du ramadan. Ma mère le savait, mais n’a rien dit. Elle continuait à faire à manger aux alentours de 20h, moi je faisais ce que je voulais beaucoup plus tard. J’étais la seule à jeûner chez moi. C’est pour ça que je me sentais mieux à l’école que chez moi, avec mes copines qui, pour la plupart, jeûnaient aussi.

En Quatrième, avec l’aide d’une amie, j’ai commencé à apprendre la prière et pendant le mois du ramadan qui a suivi, j’ai commencé la prière. Ma mère ne le savait pas, je me cachais par peur de sa réaction.

Leyla aussi a “renoué” avec sa culture religieuse, un été, en Algérie, pendant le ramadan. Le problème c’est qu’elle ne peut pas le partager avec ses parents.

Le jour de l’Aïd, je suis allée à la mosquée de Paris, elle ne l’a jamais su.

Après le mois du ramadan, j’ai continué à prier, et un jour, ma mère l’a découvert. J’ai senti qu’elle était déçue, même si nous n’en avons jamais vraiment parlé.

Je ne sais pas si c’est le manque de foi ou la réaction de ma mère, mais depuis ce jour, et jusqu’à maintenant, j’ai arrêté la prière, même si je me sens toujours musulmane.

 

Amy, 15 ans, lycéenne, Paris

Crédit photo © Le Pacte // Parvana (film 2018)

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1 réaction

  1. Tu souffres d’un manque affectif, mais tomber dans la religion ne le comblera pas, cela te donnera l’illusion de le combler mais ce mensonge ne fera qu’empirer le problème… Essaye surtout de voir ce que la séparation de tes parents a changé pour toi, essaye de voir si le milieu de tes “copines” n’est pas plutôt un problème qu’une solution : tu veux t’intégrer au groupe, certes, mais aucune de ces “copines” ne t’aimera jamais comme ta mère, quand à Allah, c’est du vent (dans le meilleur des cas c’est un double de ta personnalité que tu as besoin d’extérioriser pour le prendre au sérieux), désolé de te l’annoncer brutalement… Ta mère est triste surtout parce qu’elle se doute que tu es triste au fond de toi pour en arriver à faire le ramadan à 12 ans et la prière à 13… Tu veux sans doute aussi retrouver ton père dans ta pratique de l’islam, mais il vaudrait mieux que tu prennes le temps d’aller le voir et discuter avec lui de sa relation avec ta mère (?) plutôt que de le passer à prier ou aller à la mosquée de Paris… Cela ne t’apportera aucune réponse à tes véritables problèmes. Ce n’est pas facile de gérer les questions de famille et d’entourage à l’adolescence… c’est très bien d’avoir témoigné ici, Amy.