Avatar

Cassandra A.2 août 2019

Je suis en S, mais j’en sais pas plus.

J’ai mené l’enquête sur ma famille pour comprendre qui je suis

« Qui sont mes ancêtres ? Qui suis-je ? » Je me pose ces questions depuis longtemps. Alors un jour, j'ai décidé d'enfin me renseigner sur les origines de ma famille, de mener mon enquête...

Par Cassandra A.2 août 2019

Depuis petite, je me demande d’où je viens, quelles sont mes origines, qui étaient mes ancêtres quoi ! Il y a quelques années, on était au collège et on parlait de nos origines, de nos « racines ». J’y ai réfléchi et la seule réponse qui me venait à l’esprit était : « Merde ! Je n’en ai aucune idée ! » Donc je me suis dit qu’après treize ans d’ignorance, il était temps que je sache qui était ma famille. J’ai sorti les albums photos et j’ai vu mon grand-père paternel pour la première fois depuis une dizaine d’années. Je lui ai posé des questions, j’ai écouté des histoires sur ma famille, sur des personnes dont j’avais jamais entendu parler, alors qu’ils avaient fait de belles choses de leurs vies. Mais ce qui a vraiment retenu mon attention, c’est une photo avec plus d’une centaine de personnes dessus. Seulement dix visages m’étaient familiers. « QUI SONT CES INCONNUS ?! » Action, réaction : je me suis levée, direction la cuisine. Interrogatoire de ma mère !

Une véritable enquête sur mes origines

Je me suis alors mise dans la peau d’une vraie enquêtrice : je me suis assise, téléphone en main, prête à prendre des notes et à rechercher sur internet toutes les personnes dont elle me parlait, en remarquant les ressemblances au niveau des visages que je voyais. J’ai tout mémorisé. J’ai eu l’impression d’arriver dans un autre monde, balancée dans une autre époque. C’était beau !

Marvin, 29 ans, est un jeune métis français avec des origines guadeloupéenne, italienne et bretonne. Il a fait un test ADN pour comprendre d’où il venait et les résultats sont assez surprenants…  Son témoignage à partir de 42:18 dans l’émission « D’où je viens ? » de 7 Milliards de voisins sur RFI.

Ma mère a commencé par me parler de mon arrière-arrière grand père, Alexandre Arnstam, un peintre russe du XIX° siècle. Puis de son fils, Cyril Arnstam, lui aussi peintre. Dans ma tête, ça a été l’explosion de liens, entre ces peintres et ma tante qui est dans le cinéma, ma cousine qui est costumière…

Je trouve ces vies fascinantes, vraiment. Mais il y a un truc que je ne capte pas : tout le monde dans ma famille a ce truc en plus qui les rend particuliers : mais moi j’ai quoi ? Parce que l’Art, pour moi c’est pas fou quoi. Comment on peut aimer peindre ? Rester assis devant une toile vide et attendre… Attendre je ne sais pas trop quoi en fait !

Mon héritage, je ne m’y suis pas forcément retrouvée

Je me dis que moi je suis autre chose du coup. Je « casse » un peu la suite de décennies d’artistes. Je me construis autrement, avec mes amis on fait notre propre chemin. Par exemple, je suis en S, donc déjà sur le plan des études ce n’est pas du tout la même trajectoire et ça me différencie un peu. Je me suis bâtie sans connaître l’histoire de mes ancêtres et en la découvrant, cela ne m’influence pas sur ce que j’ai envie de devenir, ni sur mes choix.

Amandine est d’origine béninoise de part son père. A 23 ans, à l’occasion d’un stage, elle a eu l’occasion de découvrir son pays d’origine, qui est alors devenu « son » pays.

Je trouve ça ironique que l’Art soit vraiment quelque chose qui ne m’attire pas du tout. Depuis que j’ai retracé les chemins de mes ancêtres je cherche encore et encore qui je suis, pourquoi j’aime ce que j’aime. Je sais que c’est différent du reste de ma famille, mais je n’ai pas encore de réponse !

 

Cassandra, 16 ans, lycéenne, Champs-sur-Marne

Crédit photo Unsplash // CC Houcine Ncib

TAGS :