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Rémi A.31 mai 2019

"Je ne suis qu'un point dans la masse, qui dit tout haut, ce que les gens pensent tout bas"

J’ai un petit sexe… et je le vis bien, merci !

Au collège, les blagues sur mon petit sexe et mes origines, ça n'arrête pas ! J'en ai souffert avant d'accepter mon corps et de déconstruire les préjugés.

Par Rémi A.31 mai 2019

J’AI UN petit SEXE.

Ouais. Je l’assume. Et devinez quoi ? Je suis à moitié Chinois, comme quoi… J’ai entendu ce cliché pour la première fois alors que je n’étais qu’en primaire. Je n’avais alors pas conscience de ce que cela représentait, et qu’est-ce que j’en avais à foutre ?! Puis est arrivé le collège.

Ah le collège ! Cette merveilleuse période où chacun rabaisse les autres pour prouver à quel point c’est un être supérieur, à quel point il est plus beau, plus fort, que c’est un homme quoi ! Mais qu’est ce qui définit les hommes ? La taille de son sexe voyons ! Dès le début de la sixième, je me suis retrouvé au milieu de ces discussions : « Elle mesure combien ? » Ou alors : « Les chinois ils ont des petites bites LOL ! » (J’déteste les gens qui disent LOL dans la vrai vie…)

Je perdais confiance en moi

Je me souviens très bien d’une séance d’EPS à la piscine. Des amis montraient leur « bite » en rigolant (parce que clairement, c’est trop drôle…). Et à ce moment-là, je me disais : « Ah ouais… y a p’têtre un souci là… Ça fait pas cette taille chez moi… » Alors, bien sûr, je me suis senti visé par leurs moqueries, j’ai commencé à complexer… Bienvenue au collège « Chintok » !

Selon Darren Breen, spécialiste de dysfonctions érectiles, « il n’existerait que sept grandes catégories de pénis dans le monde » ! Un article Le Bonbon.

Crédit photo Unsplash // CC Charles 🇵🇭

Plus le collège passait plus je sentais ces moqueries peser, et je perdais confiance en moi. Ajoutez à cela une bonne gueule de premier de la classe, une coupe de moine et un appareil dentaire et paf ! Grand chelem, vous avez une bonne tête de vainqueur. Comment avoir de la confiance en soi lorsque tout le monde dit que ça dépend de ce qu’on a dans le pantalon ? Cette impression que tout le monde le savait, que tout le monde avait une raison de me prendre de haut… Ce sentiment d’infériorité m’est resté tout le collège. Alors je riais… jaune. Je faisais comme si ça ne m’affectait pas.

Mon sexe, y a que ma copine qui le voit !

Puis, au lycée, j’ai eu une copine. Elle m’a fait prendre confiance en moi et j’ai compris. J’ai compris que bah… J’en ai un peu rien à foutre en fait. La taille de mon sexe, qu’est-ce que ça change pour les autres ? Y a que ma copine qui le voit et si elle m’aime, elle s’en carre l’oignon de mon chibre (enfin de sa taille j’veux dire…). Et puis tout le monde mentait sur la taille de son sexe au collège. « Avoir des couilles », c’est dans la tête.

En couple, amoureuse, Danielle n’aime pas faire l’amour. Elle s’interroge sur les raisons d’un tel rejet… J’aime pas le sexe et ça me fait peur

Comme le dit un de mes potes : « La bite ne fait pas le moine… » Enfin, je ne sais pas comment tant de personnes peuvent se prendre la tête à ce sujet. C’est ce que je me demande constamment. À croire qu’on est jugé en tant que personne que d’après ce simple caractère physique. D’où nous vient cette glorification de la taille du sexe masculin ? Dans quel monde vit-on pour que des gosses de 10 ans complexent ou se vantent de la taille de leur bite ? Si un enfant pense qu’avoir une petite bite c’est la honte, c’est qu’il l’a forcément entendu quelque part.

En parler avec mes potes en rigolant ou rédiger un témoignage en me marrant, ça m’a permis de vite me rendre compte à quel point c’est con de se ruiner l’existence avec ce genre de broutilles.

 

Rémi, 16 ans, lycéen, Torcy

Crédit photo Flickr // CC Joel Telling

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1 réaction

  1. Bonjour,
    Ne t’inquiete pas, j’ai 63 ans et je vis avec un petit sexe depuis ma naissance, au point d’en faire des blagues. De mes origines juives, j’en ai fait une blague : “Ma mère n’a pas pu me circoncire car en 1955 (année de ma naissance) le microscope électronique n’existait pas encore.” Il n’y a pas que le sexe qui fait jouir les femmes, les doigts la langue et plein d’autres parties de notre corps. Courage.