Alexandre S.7 mars 2019

Je suis bi et j’assume

Alexandre aime les filles et les garçons. En couple depuis dix ans, il ressent depuis peu le besoin d'avoir des rapports sexuels avec des hommes. Et il en parle autour de lui.

Par Alexandre S.7 mars 2019

Je me suis rendu compte assez tôt que j’étais bisexuel. À partir du moment où j’ai commencé à bander… J’étais en quatrième, vers l’âge de 12 ou 13 ans. J’ai toujours su que j’aimais les deux.

J’ai rapidement fait des choses avec des garçons, à partir de l’âge de 13 ans, mais c’était plus une expérience, c’était pour s’entraîner, pour être prêt avec les filles. Il m’a fallu très longtemps pour l’accepter. Presque 15 ans. Le problème, c’était que ma bisexualité ne me poussait pas à accepter le fait que j’aimais les hommes puisque j’aimais aussi les femmes. C’était plus simple de faire comme si de rien n’était. J’avais honte, je vivais ça seul dans mon coin. Je me suis rendu compte que ce désir ne partirait pas et qu’il faisait partie de moi. Je n’avais pas envie de construire une relation hétérosexuelle pour tout envoyer valser à 40 ans, détruire ma famille et tout quitter pour voir des hommes.

Aujourd’hui, je suis en couple avec une fille depuis plus de dix ans. Pendant très longtemps, je n’ai pas ressenti le besoin d’être en contact avec des hommes. J’allais de temps en temps sur des sites porno parce que ça m’attirait, mais je n’avais pas de désir particulier quand je croisais des mecs dans la rue ou en boîte. Et puis, c’est devenu de plus en plus pressant.

J’ai demandé à ma copine de pouvoir rencontrer des hommes de temps en temps

Alors je l’ai raconté à ma meilleure amie il y a un an. C’était assez simple comme conversation. On était dans un bar et je lui ai dit : « Écoute, il faut que je te parle, j’aime aussi les mecs. » Elle s’est mise à pleurer. Elle s’est sentie vraiment bête : « J’ai rien vu alors que tu es la personne la plus proche dans ma vie… et j’ai juste pas fait attention, ça me rend triste, parce que tu as vécu ça seul. »

Si j’avais un copain, je pense que je pourrais en parler avec mes proches. Certaines personnes sont au courant, je leur ai déjà parlé des aventures que j’ai pu avoir. Pas de rejet. Les gens qui savent sont assez ouverts et ça n’a pas été un problème. Mes amis me parlent aussi de leur vie sexuelle sans problème. Des copines qui savent que j’aime aussi les hommes m’en parlent d’autant plus maintenant qu’on a parfois les mêmes targets…

Olivier aime lui aussi les garçons et les filles. Collégien, il en a parlé à une copine et l’info a rapidement circulé. Sauf que pour lui, les insultes ont suivi. « Quand tout le collège a appris ma bisexualité… »

Ma bisexualité n’a pas dérangé ma copine même si ça n’a pas été facile. Elle s’en doutait. Quand je lui ai avoué, il y a un peu moins d’un an, elle n’était pas surprise. Pour elle, ce qui s’était passé quand j’étais plus jeune n’arrivait pas à quelqu’un de 100 % hétéro. Elle ne pouvait pas me le reprocher puisque je n’y pouvais rien. Ce qui a été plus compliqué pour elle, c’est quand je lui ai demandé de pouvoir rencontrer des hommes de temps en temps. C’était dur de se dire qu’après dix ans d’une relation exclusive, il était nécessaire pour moi de passer à un couple libre. Je pense qu’il n’existe pas qu’une façon d’être un couple.

En parler à ma copine est, je pense, le point positif de mon coming out. Pouvoir être honnête avec elle. Avec certaines amies, ça nous a même permis d’être plus proches et de partager plus de discussions. Pour l’instant, communiquer sur ma sexualité n’a été qu’un plus pour moi.

 

Alexandre, 28 ans, étudiant, Paris 

Crédit photo VisualHunt // CC0 

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