Léa C.

Léa C.30 novembre 2018

"La vie est un mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre." Gandhi

Je suis tombée amoureuse d’une personne pas de son sexe !

Quand Léa a embrassé une fille pour la première fois, ça a été la panique : Est-elle gay ? Va-t-elle supporter le regard des autres ?... avant de refuser de se laisser enfermer dans une case.

Par Léa C.30 novembre 2018

Il y a trois ans, je suis tombée amoureuse d’une fille. Une situation plutôt compliquée à gérer quand tu es toujours sortie avec des hommes et que tu ne regardes qu’eux. Avant de me lancer, beaucoup de choses se sont passées dans ma tête.

Au début, c’était juste une amie. Je la connaissais depuis peu, mais notre relation était déjà très forte. Je ne me suis pas posé de questions, je la voyais comme mon amie. Et puis, notre relation est devenue plus bizarre, on était vraiment proches, mais pas comme deux copines. Je n’avais jamais été aussi proche, aussi tactile.

Mais je faisais comme si de rien n’était. On n’en parlait pas, on savait toutes les deux, dans notre tête, que c’était bizarre, mais on ne se disait rien.

Un vendredi, on est sorties un peu, on a bu un peu, puis on est rentrées et au moment de se coucher, on s’est fait un petit bisou. Sur la bouche. Puis plus rien, on s’est endormies.

A l’âge con, où les réputations se faisaient vite

Le lendemain, on n’en a pas parlé. Le soir, en soirée avec nos amies, on a bu un peu trop et quand on est rentrées, on s’est réellement embrassées. Puis, la panique. Je ne comprenais vraiment pas ce qui m’arrivait. Je me demandais si j’aimais les filles ou non. Ça me prenait beaucoup trop la tête. Je n’arrivais pas à comprendre. Pourquoi est-ce que je faisais ça avec une fille alors qu’aucune fille ne m’attirait ? J’essayais de regarder des filles, pour voir si j’étais bi ou gay, mais non, rien. C’était un peu le brouillard.

Et puis, je me suis mis la pression. Je me suis demandé qui allait réagir et comment. Qui allait dire quoi ? Mon père, ma mère, mes frères, qu’est-ce qu’ils allaient en penser ? Peur de mes grands-parents, pour qui tout ça n’est pas normal. Ils sont de la vieille école. Et puis les potes au lycée. On était à l’âge con où les réputations se faisaient vite et les rumeurs aussi. J’ai donc aussi ressenti cette peur de me faire juger par toutes les personnes de mon entourage. On était les premières à avoir une relation gay, donc les gens allaient forcément parler de nous. Et ça me faisait très peur.

Alors on se cachait. On n’osait pas le dire à nos amis, alors qu’ils étaient très ouverts d’esprit ! On s’est cachées pendant près de quatre mois. Je faisais beaucoup de crises d’angoisse. J’était vraiment perdue dans ma tête. Je n’en pouvais plus d’être aussi mal. Et juste parce que j’étais tombée amoureuse d’une fille !

Dans mon nouveau lycée, tous homophobes

Et puis, j’ai lâché l’affaire. J’ai décidé de ne plus me prendre la tête et de vivre ça comme ça venait. J’étais juste tombée amoureuse d’une personne et pas de son sexe ! J’ai assumé et ça s’est plutôt bien passé.

Mon entourage proche a très bien réagi, je n’ai plus eu peur de ce qu’on pouvait dire de nous. J’étais bien, je pouvais lui tenir la main ou l’embrasser, rien ne pouvait m’atteindre.

Mais bon, comme je le disais, les années lycée, c’est l’âge con. L’année dernière, j’ai changé de lycée et je me suis un peu retrouvée comme deux ans plus tôt. Avec cette peur de dire que j’aimais une fille. Car, en fait, avant même que je puisse faire connaissance avec ces gens-là, je me suis rendu compte qu’ils étaient tous homophobes. Une seule fille ne l’était pas. Mais sinon, l’ensemble de ma nouvelle classe était sexiste et homophobe. Et pour eux, c’était une très grande fierté. Donc je n’ai pas osé le dire. C’était ma dernière année, je voulais passer mon bac et je n’avais pas envie de leur dire. Ils étaient beaucoup trop cons pour comprendre quoi que ce soit et j’avais peur de me retrouver toute seule.

T’es genre une fille ET un garçon ? Avec sa coupe de cheveux courts, sa façon d’être et de s’habiller, Solrun met à l’épreuve les clichés qui, au collège, font les frontières entre garçons et filles.

Cette année, je suis à la fac. On n’est plus ensemble mais j’ai décidé que, peu un importe avec qui je serai, je le dirai, et je l’ai dit ! Personne ne m’a dit quoi que ce soit et j’adore ! Je suis très heureuse et je me sens vraiment soulagée de pouvoir dire ça sans avoir peur.

Après m’être posé beaucoup de questions pour comprendre si c’était les filles, les garçons ou les deux, j’ai réalisé que j’étais juste tombée amoureuse. J’ai laissé la prise de tête pour vivre mon histoire comme j’en ai envie !

 

Léa, 19 ans, étudiante, Paris

Crédit photo U.S. Air Force photo // © Airman 1st Class Travis Beihl

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1 réaction

  1. Tu as eue raison Léa, de ne pas te prendre la tête. Au début, en grandissant, on découvre de nouvelles choses, de nouvelles sensations, sur nous-mêmes, sur notre corps… Avec le recul, et ce, dès le primaire, je me souviens que je ne regardais QUE les filles de ma classe ou de mon école. Sauf, qu’à l’époque, je me posait pas de questions, je trouvais ça normal. Mais maintenant, j’y repense, et je me dit qu’en réalité, je l’ai toujours su au fond de moi que j’aimais les filles, que celles que je regardait à l’époque je m’imaginais avoir une relation avec… et, donc, après être sortie avec quelques garçons, a l’âge de 17 ans, je suis sortie avec ma première copine, et j’ai kiffer !!! Depuis, (et même si ça a été dur, surtout au collège et au lycée) j’assume le fait que je soit lesbienne (même si des Homophobes y’en a partout, et qu’il y en aura toujours, je le dis juste a mes amis proche, même si maintenant ma famille et ma mère sont au courant). Vis ta Vie comme tu l’entend, ne fais confiance qu’à ceux en qui tu crois et profite tout simplement, en te faisant plaisir !!! 😉 Bonne continuation à toi !