Victor C.25 février 2019

Je suis en bac pro menuiserie, j’ai un frère de 18 ans et j’adore le foot.

La mort de mon grand-père est mon premier deuil

La disparition du grand-père de Victor a laissé un grand vide et beaucoup de tristesse. Mais le lycéen a su accepter la situation, en partie grâce à sa foi religieuse.

Par Victor C.25 février 2019

Tous les ans, j’allais voir mes grands-parents en Pologne. Je prenais l’avion. J’arrivais là-bas. Ils m’attendaient à l’aéroport. On rigolait, on était heureux d’être ensemble. Avec mon frère, on allait au foot, on parlait avec la famille… On s’amusait. Un jour, mon grand-père a eu des problèmes de respiration. Quand c’est arrivé, j’étais en France. Il est resté une semaine à l’hôpital, puis il est retourné chez lui. Il ne pouvait plus marcher, il était alité.

Je suis allé le voir au mois de février. Il était allongé sans pouvoir marcher. J’ai essayé de lui remonter le moral pour qu’il oublie un peu sa maladie. Mais tous les jours, à cause des médicaments, des séances de kiné… il y repensait.

Je suis revenu à Paris une semaine plus tard pour reprendre les cours. Tous les jours, ma mère l’appelait et lui demandait comment ça allait. Sûrement pour ne pas qu’on s’inquiète, il nous disait qu’il n’avait mal nulle part. Donc je me disais que tout allait bien.

Le pire jour de ma vie

Mais le 27 mars 2018 est arrivé. Le pire jour de ma vie. Je suis allé au lycée le matin, tout allait bien pour moi, mais je savais qu’à 1000 km de là, mon grand-père souffrait. À la fin des cours, je suis rentré chez moi. À 20h, le téléphone a sonné. Au bout du fil, c’était ma grand-mère qui a dit à ma mère : « Papa est mort… » En entendant ma mère pleurer, je me suis empressé d’aller dans le salon. Là, ma mère m’a dit : « Papi est mort. » J’avais tellement de haine que j’ai failli défoncer une porte. J’étais en larmes. Inconsolable. Mon frère, lui, a appris la nouvelle quand il est rentré de l’université. Il était triste, mais il n’a pas pleuré.

Le jour d’après, on a pris nos billets pour la Pologne. L’enterrement a eu lieu le 2 avril. Quand je suis arrivé, j’ai ressenti qu’il manquait quelqu’un, qu’il y avait un vide.

Depuis la mort de son père, Millie vit tous les jours avec son absence. Trois ans après, elle a commencé à faire son deuil en en parlant à ses collègues.

Je suis encore en train de faire le deuil de mon grand-père. Avec mon frère, on sait qu’on va aller plus souvent en Pologne pour soutenir ma grand-mère. On continue de l’appeler souvent pour prendre de ses nouvelles. Sauf qu’elle ne dit plus : « Je vais vous passer votre grand-père. » On essaie comme on peut de combler la distance.

« Ne t’inquiète pas papi, on se retrouvera tous au paradis. Je suis sûr que là où tu es, tu es heureux. Et que tu nous attends. On ne t’oublie pas, ce n’est pas un adieu, juste un au revoir. » Dans ma religion, chrétienne, les morts vont au paradis, c’est pourquoi je dis que je vais revoir mon grand père. En attendant, je peux encore lui parler quand je prie.

Je me sens proche de lui quand je joue au foot, car il adorait ce sport et je sais qu’il est toujours auprès de moi et qu’il veille sur moi.

 

Victor, 16 ans, lycéen, Paris

Crédit photo VisualHunt // CC0

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