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Diane F.30 mars 2019

Sexe : je raconte tout (ou presque) à mes parents

Depuis la puberté, j'ai l'habitude de parler sexualité avec mes parents. Pas de tout, mais très librement. De quoi aborder sereinement mes relations amoureuses.

Par Diane F.30 mars 2019

Je peux aborder pas mal de choses avec mes parents. Je suis plutôt à l’aise. Il arrive même que je parle de sexualité avec eux… Pas tout le temps hein ! Mais parfois. Je pense que j’ai commencé à leur en parler à la puberté. Et ça a changé tellement les choses… Ils ont bien vu que je n’étais pas du tout à l’aise avec un tas de sujets. Ils se sont donc débrouillés pour m’expliquer, me rassurer et essayer de décoincer la gêne que j’avais.

Le premier copain que j’ai eu était plus âgé que moi, alors ils m’ont dit que si je voulais discuter de choses dont je ne pouvais pas parler avec eux, il y avait le planning familial. Du coup, j’y suis allée… sans trop savoir ce que je faisais là-bas ! Maintenant, c’est de ma propre initiative que j’aborde le sujet avec eux. En fait, dès que j’ai une question à propos de la protection ou de la santé, je leur en parle. Je ne raconte pas mes exploits sexuels hein, c’est pas du tout ça… Awkward. Mais dès que j’ai un doute sur une infection, une cystite, une pilule qui ne marche pas bien, dès que j’ai peur d’être enceinte, je leur dit. Il y a une vraie confiance entre nous, sans jugement.

Mon père est psychiatre, donc tout ce que je peux lui dire à propos de la santé est pris de manière médicale, genre neutre et avec bienveillance. Et puis, il a souvent des colloques ou des conférences à propos de la sexualité, du désir, même du toucher ou toutes les manières qu’il existe d’aimer l’autre physiquement. Donc on peut parler ensemble de choses intimes de manière… je ne sais pas comment dire… de manière presque professionnelle, détachée. C’est ça, détachée.

Faut-il parler de sexe avec ses enfants (et comment) ? : Une émission réalisée par Marie Sauvion pour France Inter ! Conseils, témoignages, expériences, le parole est libre, sans tabou… À écouter !

Expliquer à ma mère le concept de sexfriend, plus jamais !

Je ne parle pas de sexualité avec eux comme avec mes potes ou mon frère. Je leur parle de choses pour lesquelles je sais qu’il me faut m’adresser à des gens qui ont de l’expérience. Par exemple, j’ai peur d’être enceinte, je préfère demander à ma mère qui a eu quatre enfants et qui connait les vrais signes plutôt qu’à une pote à qui ça n’est jamais arrivé. Pareil pour les dépistages et tous les types de contraception. Mais avec mon frère ou mes potes, là, je raconte vraiment des trucs sexuels, les positions, les prélis et tout ce qui va avec…

Parfois, les limites de nos discussions se sont posées d’elles-mêmes. Ma mère est curieuse. Ou plutôt, elle ne comprend pas tout à ma génération alors… parfois j’évite de parler de certaines choses. Lui expliquer le concept de sexfriend, pfffffuiiii… Plus jamais ! « Oui c’est un super pote, on a des rencards… Non c’est pas mon copain… Bah oui on fait des trucs, mais c’est quand même pas mon copain. Oui je l’aime, mais c’est pas comme ça. » Bref.

Quand Léa a embrassé une fille pour la première fois, ça a été la panique ! Était-elle gay ? Allait-elle supporter le regard des autres ? Elle a finalement refusé de se laisser enfermer dans une case.  Je suis tombée amoureuse d’une personne pas de son sexe !

Ce qui est génial, c’est qu’ils réagissent toujours bien. En fait, je pense qu’ils préfèrent que je leur en parle plutôt qu’être toute seule avec un problème que je ne saurais pas gérer. Et même si c’est juste pour leur dire, sans qu’ils puissent rien faire, ça permet quand même de partager et lâcher un truc qui me pèse. En général, j’en tire de bons conseils. Mais sinon, ça me fait vraiment plaisir de savoir que je peux leur faire confiance.

Je ne connais pas d’amis qui puissent parler librement avec leurs parents. La plupart du temps, quand mes amis veulent des conseils ou un avis médical, ils me demandent parce qu’ils savent que j’ai déjà demandé un sacré paquet de trucs à mes parents. Je suis contente d’avoir une relation comme ça avec eux, je me suis rendu compte très tard que j’étais privilégiée et que presque personne, à mon âge, n’osait parler sexualité à ses parents.

 

Diane, 22 ans, étudiante, Paris 

Crédit photo Unsplash // CC Hello I’m Nick

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