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Kévin G.5 mars 2020

Snapchat, c’est le Tinder des moins de 18 ans

Je suis timide et j'ose pas aborder les meufs qui me plaisent. Alors depuis la quatrième, c'est sur Snap que je flirte et rencontre des filles.

Par Kévin G.5 mars 2020

C’est grâce à Snapchat que j’ai rencontré mes premières meufs. Je suis plus à l’aise que dans la réalité. Je trouve ça gênant de leur demander leur Snap ou d’aller leur parler en réel. Maintenant, tout le monde fait ça ! Du coup, on a plus l’habitude de parler en direct. Les meufs, je me dis qu’elles comprendraient pas, parce qu’elles draguent sur Snap aussi. Si elles nous voient venir comme ça, elles vont pas comprendre, ce serait bizarre.

J’ai commencé à draguer sur Snapchat vers la quatrième. Je flirtais avec une meuf du collège, on parlait dessus comme si on sortait ensemble, mais quand on se voyait au collège on ne se parlait pas, on se regardait juste. Je pense qu’on était gênés.

Au collège, les autres meufs voulaient pas qu’on prenne leur Snap. Alors je parlais avec des meufs d’autres villes, d’autres collèges, ou des vacances. Et après on se voyait. Y en a certaines qui habitaient loin de chez moi, comme vers Nice, Nantes… Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas pratique car on ne pouvait jamais se voir. C’est ennuyant de parler sans se voir en réel. La majorité maintenant habitent dans les alentours, le 77.

Au pire elle me fout un râteau

Quand on drague dans le réel, on ne sait pas quelle va être sa réaction, si elle est déjà en couple, si elle voudra bien te parler… Je suis trop timide pour aller voir une fille que je connais pas, faire connaissance… Je risque de me prendre un râteau. C’est déjà arrivé à un pote. Devant les autres, c’est la honte ! Si elle est dans la même ville que toi, elle va te reconnaître dans la rue avec ses potes et se foutre de ta gueule. Ça aussi, c’est arrivé à un ami : il est allé la voir en vrai, la meuf a pas voulu parce qu’elle était en couple. Après ils se sont croisés dans la rue avec des potes à elle, qui se sont foutus de sa gueule. La meuf l’a dit à son mec, le mec s’est vénère, il l’a menacé mais il s’est rien passé.

Selon la revue des médias de l’INA, Snapchat était le réseau préféré des collégiens fin 2018. Le magazine nous explique les différentes utilisations qu’en ont les jeunes et pourquoi il est si plébiscité !


Snapchat, c’est plus sûr. Au pire si elle me fout un râteau, y aura pas de problèmes. Si elle veut pas parler, elle me lâchera un « vu », et on se donnera rendez-vous en face à face. Si je vois qu’elle et moi on parle direct et qu’elle n’est pas déjà en couple, on continuera à se parler, sinon je la bloque.

J’aimerais bien aussi draguer en vrai

Avec les potes, on se sert de relais : si je suis intéressé par une meuf en réel, je demande à un pote à moi s’il la connaît, et si c’est le cas il me passe son Snap. Sinon, je laisse tomber. Les meufs font pareil. Des fois, un pote me fait une pub, met une photo de moi dans sa story et met mon nom d’utilisateur Snap. Si une personne est intéressée, elle aura juste à glisser son doigt vers le haut pour m’ajouter et parler.

Voilà comment j’ai réussi à avoir des meufs. J’ai pu les rencontrer en réel et ça s’est plutôt bien passé, même si c’était gênant au début car on ne s’était jamais vus. Avec l’habitude, on s’y fait.

Faire des rencontres, s’informer, faire partie d’une communauté… Il y a plein de raisons de passer du temps sur les réseaux. Mais comme Mariam nous le raconte, ce sont aussi des territoires sans limites.

 

Une des meufs, c’est un pote qui m’a donné son contact justement. On a parlé le soir-même, elle m’a demandé une photo, je lui ai envoyée, elle m’en a aussi envoyée une. On était tous les deux intéressés, on a parlé toute la semaine et on s’est donné un rendez-vous à Paris car elle habitait loin.

J’aimerais bien draguer en vrai, mais faudrait que je sois moins gêné !

 

Kévin, 16 ans, en formation, Melun

Crédit photo Unsplash // CC Kay

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