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Natalie M.7 janvier 2019

J’aime regarder des séries au chaud à la maison et manger coréen.

À fond pour mon entreprise, mais on ne m’a pas embauchée

Après deux ans en intérim dans son entreprise, Natalie a passé un concours pour être embauchée en CDI. 160 candidats pour 15 places... Elle n'est pas retenue.

Par Natalie M.7 janvier 2019

Quand j’avais 19 ans, j’étais très enthousiaste à l’idée de travailler pour la première fois, de toucher enfin ma première paie. Plus tard, j’ai découvert les faces cachées de l’entreprise.

Je travaillais à La Poste depuis deux ans, j’aimais bien l’ambiance et les responsables. Nous avions beaucoup de liberté et nous pouvions même écouter de la musique sans être embêtés. À partir du moment où on faisait tout à l’heure, personne n’était derrière notre dos. Et puis, il y a eu un examen pour embaucher plusieurs personnes de l’entreprise en CDI. On était à peu près 160 pour 15 places. J’étais contente après deux ans d’attente en intérim. Mais très stressée.

J’ai révisé tout ce qui était en rapport avec l’entreprise. Mes chefs m’ont aussi aidée à trouver les sujets sur lesquels on pouvait me poser des questions. Tout est arrivé très vite. Le jour de l’examen, j’étais fatiguée, excitée et extrêmement stressée. Ils nous ont répartis dans les salles, j’ai oublié tout ce que j’avais appris… Je transpirais des mains et j’étais perdue. Malgré ça, j’ai pris sur moi parce que ça me tenait énormément à cœur. Le test était très simple, mais le temps accordé pour répondre trop court. Je m’étais trompée : on n’était pas évalués sur nos compétences, mais sur notre rapidité à nous adapter et à comprendre.

Quand j’ai appris que je n’avais pas réussi l’examen, j’étais extrêmement déçue, parce que j’étais un bon élément et que si cela ne dépendait que de mes chefs, j’aurais été prise en CDI. En deux ans, j’ai eu le temps de faire mes preuves. Tous les employés me faisaient des éloges et m’ont soutenue pour l’examen et la candidature.

Virée, je dois tout recommencer

Je ne comprends pas pourquoi on a tous dû passer l’examen pour être en CDI alors qu’il suffisait juste que chaque responsable choisisse les bons éléments dans son service. Parce qu’il y a plusieurs secteurs et des horaires différents, l’entreprise tourne 24h sur 24 et les tâches effectuées par les différents secteurs ne sont pas du tout les mêmes. Ils ont pris 15 personnes sur 160 sans prendre tout ça en compte. Leur explication : ils ne voulaient pas qu’il y ait de favoritisme… Alors qu’il n’y avait rien de tout ça !

Mon contrat n’était pas encore fini. J’ai vu les nouveaux CDI arriver et ils ne savaient presque rien des tâches à effectuer. Il fallait les reformer alors que nous étions déjà là, les intérimaires et CDD, depuis longtemps. J’ai été déçue. En plus, ils nous ont donné de faux espoirs. On nous avait dit que même en passant l’examen, on pourrait revenir, comme chaque année en tant qu’intérimaire. Mais en fait, après cet examen, on ne pouvait plus repostuler avant un an et demi. Ils ne nous l’ont pas dit en face. Et seulement une fois notre mission terminée.

Partir du jour au lendemain m’a vraiment fait mal. J’étais habituée au rythme de travail, je m’entendais avec tout le monde, je connaissais bien les tâches à effectuer. J’étais vraiment à l’aise là-bas. Après ça, j’ai été en carence. La boite d’intérim a changé sa manière de fonctionner, par messagerie automatique. Trois mois après, j’ai compris que c’était fini, alors j’ai cherché un autre travail. J’ai pas eu trop de mal à trouver même si ce n’était pas aussi bien.

Léa, elle, n’a même pas eu l’occasion de bosser ! Femme, jeune et surdiplômée, personne n’a voulu l’embaucher !

Ça a changé ma vision du travail et de l’entreprise. J’ai eu beau me donner à fond, être proche de mes collègues et de mes supérieurs, ils m’ont laissée dans la merde. J’avais besoin de ce CDI, car je ne vis plus chez mes parents. Avec ce contrat j’aurais pu avoir un appartement et surtout de la stabilité…

 

Natalie, 22 ans, volontaire en service civique, Paris

Crédit photo Adobe Stock // ©  Yeko Photo Studio

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1 réaction

  1. Waouh! C’est rude. Mais tellement vrai. Être bon élève/bon employé ne suffit pas pour faire sa place dans une grosse boîte. Il faut aussi être opportuniste, et de la chance. Si tu ne supportes pas ça tu aurais intérêt à sélectionner attentivement tes futurs employeurs. La rareté du travail ne doit pas faire de nous des esclaves jetables!