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Cécile C.29 avril 2021

Du CDI en restauration au chômage longue durée

Avec la fermeture des restaurants en octobre, mon CDI n’a duré que quelques semaines… Après six mois sans salaire et sans rien faire, je pense déjà à me reconvertir.

Par Cécile C.29 avril 2021

« On va pas pouvoir te garder », m’a dit mon chef quand Emmanuel Macron a annoncé le reconfinement. Dès le lendemain matin. J’ai bossé encore deux jours, puis le resto a fermé. J’étais toujours en période d’essai donc il a pu me licencier comme ça. Depuis, je n’ai droit à aucune aide, et pas de droits au chômage car je n’avais pas fait assez d’heures. Mes profs m’avaient dit qu’en restauration et surtout en cuisine, il y avait beaucoup de travail, des possibilités d’évolution de carrière, que c’était un secteur dynamique… Mais, tout ça, c’était valable avant le Covid.

On finissait tôt, on avait peu de clients

J’ai choisi de faire un CAP cuisine à 17 ans. Au mois d’août 2020, j’ai eu mon premier emploi en tant que commis de cuisine dans un restaurant sur le port de Brest. Ce contrat en CDI représentait beaucoup de fierté : j’entrais dans la vie active, j’avais trouvé un travail, mon premier salaire. J’avais mis quatre mois à trouver ce poste. Ça me plaisait : c’était bien payé, j’aimais la clientèle, l’esprit d’équipe, et ce n’était pas répétitif.

De restaurateur·trice à livreur·se ? Depuis quelques mois, des « cuisines fantômes » se multiplient sur les plateformes de livraison selon France Info. Des restaurants virtuels qui parent à la crise sanitaire et modifient le paysage de la restauration.

Même si c’était après le premier confinement, je n’étais pas inquiète. Je me disais que ça allait passer cette histoire. Au resto, le chef en cuisine s’inquiétait, lui… On finissait tôt, on avait peu de clients.

Mon copain a peur de se faire licencier

Aujourd’hui, je vis grâce au chômage partiel de mon copain, qui est lui aussi dans la restauration. C’est lui qui paie le loyer et tout le reste. On est hyper juste. La cuisine me manque, mais j’ai surtout hâte d’avoir un salaire. Pour l’instant, je me prive de tout. Je me sens mal à l’aise de dépendre de lui, ça me met la pression pour trouver un boulot… Ça fait six mois qu’on ne travaille pas. On tourne en rond. On passe nos journées devant la télé à regarder du foot.

Mon copain a peur de se faire licencier si ça continue. On pense que l’activité va reprendre mais pas comme avant. Beaucoup de restaurants vont faire faillite, ceux qui restent vont avoir du mal à réembaucher.

Avec la Covid-19, nombreux·ses sont les jeunes qui peinent à trouver un emploi. Manon espérait voir son alternance déboucher sur un CDD et s’est finalement retrouvée au chômage. Elle envisage de quitter Paris et craint de devoir renoncer à son indépendance.

J’aimerais bien faire une formation en boulangerie-pâtisserie. Ça reste dans la branche de la cuisine et ça me paraît plus sûr pour trouver un emploi. En attendant, je suis à la mission locale pour m’aider dans mes recherches. Je vais travailler en remplacement en poissonnerie dans un supermarché, pour deux semaines. Ça va me faire un petit salaire et me changer les idées.

 

Cécile, 19 ans, en recherche d’emploi, Brest

Crédit photo Unsplash // CC Mika Baumeister

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