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Merveille B.22 juillet 2020

J’aimerais avoir autre chose qu’un banc pour passer le temps

Dans mon quartier, il n'y a pas assez d'activités pour les ados. On est obligés de changer de ville pour s'amuser. On se sent délaissés...

Par Merveille B.22 juillet 2020

Dans mon quartier, j’aimerais qu’il y ait plus d’activités. Comme une salle avec une Playstation et un canapé pour s’asseoir quand on a du temps à perdre avec ses amis ou ses voisins.

J’aimerais pouvoir faire des petites fêtes pour les occasions qui se présentent et des petits voyages pendant les grandes vacances. Ou des sorties au parc Astérix, au laser game, au bowling, à la piscine…

Il y a des bancs mais, selon les saisons, ils se vident

Ici, pour les petits, il y a des balançoires, deux parcs, un ministade, un gymnase et une boulangerie juste en face. Mais pour nous, les adolescents, c’est chaud, il n’y a rien. Aucun endroit pour se rejoindre entre jeunes. Bon, il y a des bancs, mais selon les saisons, ils se vident. Le fait qu’il n’y ait pas assez de choses à faire joue beaucoup sur notre façon de nous sentir ici, au Bourget. Il y en a qui ne s’y plaisent pas et qui veulent partir.

Brut est revenu sur 40 ans de politique de la ville dans les banlieues et sur le sentiment d’abandon qu’éprouvent les habitants de ces territoires.

Pour ma part, je ne veux pas partir du quartier. Je pense que c’est aux jeunes et à la mairie de changer les choses. Ça demanderait beaucoup d’investissement mais, si on en parle avec les habitants du quartier, ils nous aideront peut-être à obtenir ce qu’on veut pour s’y plaire. Ça pourrait être bénéfique pour tous. Ça pourrait créer une bonne entente entre les habitants, permettre de nouer des liens avec les gens, faire connaissance avec eux.

Pendant les vacances, pour éviter de rester tout le temps chez moi à ne rien faire, je pars chez ma famille. Et dès que je suis dans mon quartier, je rentre chez moi ou je vais en cours. Je parle très rarement aux filles de ma ville parce que je n’ai aucune affinité avec elles. Je ne traîne même plus dans ma ville en fait…

Je ne traîne même plus dans ma ville en fait…

Heureusement, depuis le lycée, la carte Imagine R m’a changé la vie. Je peux sortir de mon quartier, aller à Paris, voir d’autres têtes, et faire mes activités extrascolaires. J’ai appris la danse qui me divertit et me fait oublier que j’habite dans un quartier sans activités.

Mais ce qu’il manque, c’est un bus qui nous amènerait au centre-ville. Faire la route matin, midi et soir, c’est chiant. Je mets quand même 25 minutes pour arriver au lycée. Avec un bus, on gaspillerait moins d’énergie à marcher, on serait moins en retard aussi !

Niran aussi habite en banlieue parisienne. Pour lui, raconter son quartier, c’est citer les noms de tous ceux qui ont contribuer à en changer l’image : footballeurs, rappeurs…

Les jeunes des quartiers sont délaissés. On a rien à faire et du coup on s’ennuie. On cherche à faire des choses ailleurs au lieu de rester chez nous. Et je ne trouve pas ça normal d’avoir à changer de ville pour se divertir.

 

Merveille, 16 ans, lycéenne, Le Bourget

Crédit photo Unsplash // CC Tucker Good

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