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ZEP9 juin 2018

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

Dans ma cellule, je n’ai plus la télé, mon seul moyen de penser à autre chose (7/9)

Neuf hommes âgés de 19 à 22 ans, détenus à la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne, pour des peines de deux à quatre ans, témoignent de leur quotidien en détention : la cantine, le téléphone, le parloir, le mitard, l’hygiène, la solitude…

Par ZEP9 juin 2018

Dans ma cellule, il fait froid. Le matin, je prépare mon petit-déjeuner, des céréales que j’ai cantinées, puis je regarde la télé. A midi, je fais à manger, à 13 heures c’est la promenade, ça fait du bien, je prends l’air, ça dure une heure, ça passe vite ! A 15 heures, je regarde la télé, à 20 heures, je me fais à dîner. A 22 heures, je regarde le football et à minuit, je dors.

En ce moment, dans ma cellule, je n’ai plus la télé, alors que c’est mon seul moyen de penser à autre chose que la prison. Ça fait trois jours.

Trois jours que tous les soirs, je reste dans le noir et que je cogite. Je pense à dehors. A mes amis, ma famille, à mon avenir quand je sortirai : est-ce que j’aurai le bracelet ? Est-ce que le juge va m’accorder l’aménagement de peine ?

Cet article est issu d’une série de témoignages publiés dans Libération, à lire juste ici.

Trois jours que je fais du sport tous les jours pour faire gonfler mes muscles. Je fais des séries de 200 pompes par jour. Pour me sentir bien dans mon corps et pour faire passer le temps. Ça me prend une heure, une heure trente.

Trois jours que la promenade est devenue un vrai kif, mieux qu’avant.

Trois jours que je parle par la fenêtre du coup ! Tout le temps, pour faire passer le temps, parler de tout et de rien : du foot, de la prison. Mes voisins, ils n’ont pas la télé non plus.

Trois jours que je lis les cours le soir, comme j’ai rien à faire. Si je voulais un livre, je crois que c’est ma famille qui devrait me l’amener. Bref, ça fait trois jours que j’ai pas la télé dans ma cellule.

 

Steven, 22 ans, en détention à Fleury-Mérogis

Crédit photo © Catherine Rechard

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1 réaction

  1. Une prise de conscience et une remise en question parfois dure mais aussi salutaire pour certains. On n’imagine pas leur quotidien nous qui sommes au dehors.