Edwige PF.

Edwige PF.13 mars 2019

Je crois en mon destin et je sais que j’irai au bout de mes rêves.

En débarquant de Guyane, j’ai découvert une autre planète

Déterminée à faire ses études en France, Edwige a quitté Cayenne pour Paris. Elle ne s’attendait pas à un tel choc en arrivant.

Par Edwige PF.13 mars 2019

Jamais je n’oublierai le jour de mon arrivée en métropole, à l’aéroport de Paris-Orly. Une fois sur place ma vie a complètement changé, ma vision des choses aussi. Quand je suis sortie de l’avion pour récupérer mes valises, j’avais déjà l’impression d’être dans un labyrinthe tellement l’aéroport était grand comparé à celui de Cayenne. J’ai vu des personnes marcher très vite dans une direction, comme s’il y avait un danger derrière eux, alors je me suis mise à courir aussi. Il ne se passait rien, c’était juste le rythme de ma nouvelle vie.

Un taxi est venu me récupérer pour aller en Seine-Saint-Denis, où j’allais habiter. En sortant de l’aéroport, chauffé, j’ai eu l’impression d’entrer dans une chambre froide. Les températures étaient glaciales, je me suis mise à trembler comme une feuille. Une fois arrivée, je n’avais pas envie de dormir ou de défaire mes bagages, je voulais juste visiter Paris et voir la Tour Eiffel. Pas comme à la télé ou dans les livres scolaires, j’allais la voir « en vrai ». Sur place, je n’avais plus de mots. Le paysage était splendide, fabuleux, merveilleux. J’étais comme Alice au pays des merveilles face à ce monument qui brillait comme un ciel étoilé. Le soir, je me suis couchée émerveillée comme jamais je ne l’avais été.

L’impression d’être dans un film de science-fiction

Le lendemain matin, silence total. Moi qui étais habituée à être réveillée par le chant des coqs, cela m’a fait un choc. Je suis sortie pour prendre les transports et je me suis retrouvée face à une énorme machine, comme dans la série Doctor Who. J’avais l’impression d’être une fourmi à côté, c’était presque de la science-fiction. Cette machine, c’est le RER. Je me suis empressée de rentrer dedans, en faisant comme tous les autres gens. C’était l’heure de pointe, j’étais étouffée par la foule et en même temps fascinée par la diversité de nationalités dans un seul wagon. Puis, j’ai changé de quai pour prendre le métro, l’un de ceux qui se déplacent sans chauffeur, comme une voiture télécommandée. C’était incroyable. En Guyane, nous n’avons ni RER, ni métro, ni applications comme Heetch ou Uber qui permettent de se déplacer facilement. Nous prenons des bus ou des taxis, mais le dimanche, c’est très compliqué.

Des comportements à appréhender

Autre différence majeure : les contacts humains. En Guyane, tout le monde se salue d’un « A Kouman to fika ? », signifiant littéralement « Comment vas-tu ? ». Les villes sont tellement petites que tout le monde se connaît, que ce soit au niveau de la famille, des voisins ou des amis. À Paris, j’ai le sentiment d’être invisible aux yeux des gens. Personne ne te remarque, personne ne sait que tu existes. C’est un sentiment très bizarre que j’ai encore parfois du mal à accepter.

Jeff, lui aussi, est venu de loin pour démarrer une nouvelle vie à Paris ! « J’ai pris mon indépendance à 8000 km de chez moi »

Quelques mois après mon arrivée en métropole, j’ai fait la connaissance d’un conseiller de la mission locale de ma ville. Il m’a parlé d’un service civique dans l’association Unis-Cité, afin de découvrir davantage la ville de Paris. J’ai décidé de m’engager pendant six mois pour enfin connaître cette autre planète.

 

Edwige,  19 ans, étudiante, Stains (93)

Crédit Photo Unsplash // CC Florian Olivo

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