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Omar K.21 juillet 2020

En France, j’ai découvert de nouveaux droits

École, santé, loisirs... j'ai enfin un avenir. En Guinée-Conakry, pour y avoir accès, il faut beaucoup d'argent. Merci à la France, pays des droits.

Par Omar K.21 juillet 2020

Je suis arrivé en France il y a quelques mois, à Paris. Je n’avais personne ici qui pouvait m’aider à dormir, à manger, alors je suis allé à la Croix-Rouge où j’ai été bien accueilli. Ils m’ont aidé et m’ont envoyé dans un foyer pour mineurs, boulevard de Strasbourg. Aujourd’hui, ça fait un mois que j’y suis. On s’occupe de moi en me donnant de la nourriture matin, midi, et soir et des vêtements. Mon foyer organise aussi des matchs de foot avec d’autres foyers. On peut aller gratuitement à la piscine, au musée, à la Tour Eiffel… En France, j’ai découvert de nouveaux droits.

Le droit d’aller aux loisirs, le droit aux vêtements mais aussi à l’école et à la santé. Au foyer, on m’a promis qu’on allait bientôt me trouver un médecin et un endroit où aller quand j’aurai 18 ans. Ici, je peux aussi aller à l’hôpital et ils m’ont promis que je n’allais rien payer. C’est bien parce que, dans mon pays, en Guinée, c’est très cher pour se faire soigner.

Je veux réussir, alors il faut que j’étudie

Ici, en France, même si tu es pauvre tu peux aller à l’école. Moi, je suis en classe au centre Archereau géré par France Terre d’Asile. Je comprends bien les cours. J’apprends rapidement le français. Mais, quand tu es majeur, tu te retrouves tout seul. Plus personne ne peut t’aider. Si tu ne travailles pas, tu n’auras rien. Donc il faut que je travaille. Plus tard, je ne veux pas avoir de problèmes d’argent, de santé ou de logement. Je veux réussir, alors il faut que j’étudie beaucoup. 

Chez moi, en Guinée-Conakry, tout est différent. Si tu es pauvre, tu n’as pas de droits car on doit payer pour étudier, pour se soigner, pour tout. La nourriture est très chère. Si tu n’as pas de famille riche, personne ne pourra t’aider, même pas le gouvernement. Il ne fait pas son travail, il ne donne pas de travail aux gens, ni d’aides sociales. Il y a vraiment des gens qui galèrent et beaucoup de chômage, surtout chez les jeunes (environ 60 %). 

La Guinée devrait s’occuper de ses enfants

Là-bas, il n’y a pas de droits spécifiques pour les enfants. Je pense que la Guinée devrait s’occuper des enfants pour l’avenir du pays. Les jeunes doivent avoir le droit d’aller à l’école gratuitement et de s’habiller convenablement. Autour de moi, il y avait plein d’enfants qui ne sont pas allés à l’école parce qu’ils étaient trop pauvres. Et ceux qui n’allaient pas à l’école ne pouvaient même pas travailler, donc ils restaient au quartier du matin au soir. C’est triste. 

Zakaria a déménagé en France car il manquait de perspectives d’avenir en Algérie. Sa famille l’a envoyé au lycée à Paris pour y entreprendre des études supérieures.

L’État devrait faire des hôpitaux publics et gratuits pour tout le monde. J’ai des amis qui se soignent avec des feuilles de banane, des feuilles d’avocat et d’autres médicaments traditionnels. Ça prend beaucoup de temps à préparer mais ils n’ont pas le choix parce qu’ils n’ont pas d’argent pour aller chez le médecin. Pour moi, les droits les plus importants que tout le monde devrait avoir, c’est l’éducation et la santé.

C’est à cause de tout ça que je n’avais pas d’avenir en Guinée, que rien de bon ne m’y attendait. C’est la merde là-bas. Ici, je me sens en sécurité. Ici, je n’ai peur de rien. Et puis, ici, il y a la liberté : celle de pouvoir décider de mon avenir.

 

Omar, 14 ans, en formation, Paris 

Crédit photo Pexels // CC Ketut Subiyanto

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