David D.

David D.22 mai 2018

Lycéen du 93, je suis passionné par les maths et la physique.

Franco-chinois, je prends le meilleur des deux cultures

Les parents de David sont d'origine chinoise. Ils insistent pour que leur fils soit imprégné de leur culture. Mais entre cultures française et chinoise, pourquoi choisir ?

Par David D.22 mai 2018

Je suis né en France avec des parents d’origine chinoise. J’ai l’impression d’être français, mais pas totalement. Je ressens clairement la différence de culture entre chez moi et l’extérieur.

J’ai une mentalité différente en raison de l’éducation donnée par mes parents et je ne parle pas la même langue.

Je ne mange pas la même chose par exemple. Chez moi je mange très souvent des plats typiquement chinois comme du riz et des raviolis. On me pousse à être le meilleur et je parle mandarin depuis ma tendre enfance.

À l’extérieur, je mange du pain et du fromage, on ne me compare pas aux autres et je parle français. Ce n’est pas seulement la culture qui est différente mais tout un mode de vie : les fêtes, la nourriture, la religion, tout est différent. J’utilise des baguettes, mes parents sont bouddhistes et je fête le Nouvel an chinois mais pas Noël. Cela peut paraître peu, mais c’est l’accumulation de ces détails qui fait toute la différence. C’est sans doute pour cela que mes parents préfèrent rester en communauté avec d’autres Chinois en travaillant à Belleville.

En Chine, j’y suis rarement allé

Mon père cherche toujours à me rappeler mes origines : je dois étudier le mandarin dans une association, je prends 1h30 de cours par semaine. Il me demande toujours l’origine de mes amis pour me pousser à fréquenter des Chinois. Et il me répète que quand je serai adulte, je ne servirai à rien si je ne parle pas mandarin. Je pense qu’il me répète cela pour que je puisse communiquer avec lui une fois qu’il sera âgé et qu’il repartira en Chine.

Pourtant, j’ai dû mal à me sentir vraiment chinois. Je passe une grande partie de ma vie entourée d’éléments français : ma vie quotidienne au lycée ou mes amis qui parlent tous français. Mais ce n’est pas que cela : je ne ressens aucune appartenance à la Chine car j’y suis rarement allé et que je suis satisfait de ma situation actuelle.

Et parfois ce sont les gens autour de nous qui nous font sentir “étranger” : pour Julien ça passe par des gros clichés ! A lire : “En France c’est normal d’être black, blanc, beur, mais Chinois…

Donc sauf avec mes parents, je suis totalement français. Je prévois de rester en France une fois adulte. Même si je pourrai continuer à parler mandarin car ce n’est pas quelque chose que je peux oublier, ça fait partie de moi !

Un jour, mon père m’a demandé si je me sentais plus français ou chinois. Je n’ai pas répondu. Je pense que je ne m’identifie à aucune des deux cultures ou un peu aux deux. Je peux récupérer ce qu’il y a de mieux dans chacune pour donner le meilleur de moi-même !

 

David, 16 ans, lycéen, Bagnolet

Crédit photo Youtube // © Le Rire Jaune

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1 réaction

  1. Cette différence s’atténuera encore plus quand il aura son propre appartement.
    Et ca m’étonnerait qu’à la retraite il retourne vivre en Chine.
    Mais c’est quand même impressionnant la rapidité d’intégration des asiatiques par rapport aux africains. C’est précisemment ce qui fait leur réussite sociale.