Mario K.

Mario K.23 novembre 2018

J'aime bien jouer au foot, j'aimerai en faire mon métier !

Guyanais, je suis en métropole pour me soigner

Faute de diagnostic possible en Guyane où il vit, Mario, 16 ans, est venu seul en France pour soigner son cancer. Le traitement par radiothérapie a réussi !

Par Mario K.23 novembre 2018

La France, j’avais imaginé que c’était comme dans mon pays, la Guyane. Je pensais pas que j’y viendrais pour me faire soigner.

Dans ma ville, Saint-Laurent-du-Maroni, il n’y avait pas de bons docteurs. Il y a un seul hôpital. En arrivant à Paris, je ne pensais pas qu’il y en aurait plusieurs ! Quand une boule est apparue sur ma cuisse, ils n’ont pas su ce que c’était. Ils disaient que c’était une malformation. Donc, ma famille m’a donné beaucoup d’argent pour que je puisse venir à Paris. Avant que je vienne, les médecins en Guyane ont contacté les docteurs en France. Ils ont dit « c’est bon il peut venir ». J’ai attendu et je suis parti. C’était la première fois que je venais en « France ». J’avais envie d’y aller !

J’étais seul et j’avais drôlement peur

Le 12 Juillet 2018, j’ai débarqué avec une infirmière qui m’accompagnait. Elle m’a déposé à l’hôpital, elle est restée quelques jours puis elle m’a laissé. J’étais seul. Je dormais à l’hôpital. Les médecins ne savaient pas ce que j’avais. On m’a fait un IRM et le 7 septembre, on m’a trouvé une tumeur musculaire. J’avais drôlement peur. Je pensais au mot « tumeur », que c’était une maladie très dangereuse, qui pouvait me tuer. J’étais seul et j’avais drôlement peur.

On m’a déplacé dans quatre hôpitaux avant que j’arrive à l’Institut Curie. Quand je suis arrivé, j’ai pas fait de chimios, seulement de la radiothérapie ! On me mettait dans une machine un peu transparente et toute grise. On m’a mis des sortes de cales pour que je ne bouge pas mes jambes. Ça durait dix minutes, sans bouger. C’est long dix minutes ! Ça faisait un peu de bruit. Comme des petites araignées. Et, vu que je bougeais pas, ça donnait envie de dormir. Je pensais que c’était dangereux comme machine. Et être tout serré, c’était désagréable.

À 15 ans, Mounir se découvre un kyste au bras qui s’avère être une tumeur. Opérations, chimiothérapie, séjours à l’hosto, il a eu le droit à la totale. Jusqu’à la guérison qui lui fait voir aujourd’hui la vie autrement !

Depuis que j’étais arrivé, j’avais drôlement mal à la cuisse droite. Celle de la tumeur. Parce que la tumeur continuait à grossir. Ça bloquait les veines, ça battait comme un cœur. Ça faisait mal.

Pendant plusieurs semaines j’ai fait de la radiothérapie, tous les jours, dix minutes, sauf le week-end. Ça faisait un peu mal à la jambe. Ça a abîmé ma peau : il y avait une tâche blanche, le noir était un peu parti. Ça a changé ma couleur de peau. C’était bizarre ! Les médecins m’ont expliqué que c’était la radiothérapie. C’était pour réduire la boule de tumeur, le cancer dans ma cuisse. Le docteur ne pouvait pas opérer parce qu’elle était trop grosse. Ça a diminué un peu, ça a arrêté de battre comme un cœur. J’avais plus mal.

Je savais que ça allait marcher !

À ce moment là, j’étais triste d’être seul, sans mes parents. Je les appelais tous les jours. Ils s’inquiétaient un peu, moi aussi. Après, les médecins ont discuté pour savoir si ils allaient m’opérer. Ils ont décidé de retirer la boule. J’étais trop content et pressé ! Je savais que ça allait marcher et que j’allais pouvoir rentrer dans mon pays.

C’était long l’opération. Ils m’ont endormi à 16h et je me suis réveillé d’un coup à 3h du matin. C’était chaud ! Je ne me souvenais de rien du tout. C’est à cause de l’anesthésie ! Comme si j’étais pas encore né… J’avais la tête qui tournait, des nausées et je comprenais pas du tout ce qui se passait. L’opération s’est bien passée, ils ont enlevé toute la tumeur. Il y avait un gros trou, un peu plus grand qu’une balle de tennis. Y avait plus rien du tout, donc ils ont pris ma peau dans le dos. Et du muscle aussi. Ils l’ont fait tout de suite, avant que je me réveille. C’est quand je me suis réveillé que j’ai senti la douleur. Je l’ai bien sentie hein ! C’était 10/10. Mais j’étais content et toute ma famille aussi !

Je suis encore à l’hôpital en attendant d’être tout cicatrisé. Surtout dans mon dos. Au début, c’était gênant pour dormir, je pouvais plus utiliser mon bras droit. Mais, ça commence à cicatriser et je peux de nouveau bouger.

J’espère que je vais pouvoir bientôt rentrer chez moi, dans mon pays, retrouver ma famille, aller à l’école et jouer au foot ! Ça a duré cinq mois, j’ai un peu trop maigri. Mais j’étais content de découvrir un autre pays. Ça, c’était génial ! C’était difficile, tout seul, pas accompagné, j’avais très peur. Mais maintenant ça va aller !

 

Mario, 16 ans, lycéen, Saint-Laurent-du-Maroni

Crédit photo Pycril // US Air Force Collection // CC Sarah Waldron

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