ZEP

ZEP1 juillet 2019

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

J’ai des poils et alors ?

J'ai longtemps été complexée par mes poils sur les avant-bras. À cause des moqueries et du regard des autres, j'ai dû m'épiler très jeune. Il y a cinq ans, j'ai rencontré ma meilleure amie, elle aussi concernée par une pilosité assez développée. Ensemble, on a décidé d'accepter nos poils et d'arrêter de nous épiler. Je raconte mon histoire au micro de la ZEP !

Par ZEP1 juillet 2019

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Ca fait cinq ans que je ne m’épile plus. Parce que les poils, c’est joli ! C’est pas non plus hideux. Pour moi, je suis une ado comme les autres, mais quand j’étais petite, certains élèves en primaire me faisaient remarquer que j’avais beaucoup de poils au niveau des bras, que j’avais jamais remarqués. Du coup, ça m’a créé un complexe. Ils n’arrêtaient pas de m’insulter et de me dire que j’étais comme un singe. Ce qui a fait que je demandais à ma mère de m’éclaircir les poils ou de m’épiler, sachant que j’avais que neuf ans.

Donc les étés, pour cacher mes poils et pour ne pas avoir de critiques, je mettais des pulls. Il faisait 30 degrés et j’avais hyper chaud. Et ensuite, on a commencé à m’épiler pendant les grandes vacances. Donc depuis que je suis petite, je m’épile à la cire et c’est pas bien ! Je pense que quand on est petits, on n’a pas besoin de se faire bassiner pour des choses comme ça, ridicules. Et puis, même, on est encore bébés, on a un corps de bébé et on n’a pas besoin de se faire autant de mal pour des gens comme ça, qui nous critiquent sur notre pilosité.

Du coup, quand j’ai grandi un peu plus, quand je suis arrivée au collège, en quatrième, j’ai rencontré ma meilleure amie actuelle. Et puis, elle était aussi poilue que moi et elle avait les mêmes remarques que moi. Elle était dans le même état que moi. Et puis, toutes les deux, ça a fait comme notre force et du coup, on a décidé de s’en foutre un peu des avis des autres et depuis on est très bien, on s’épile plus et on laisse nos poils à l’air.

On nous fait encore des remarques au lycée, mais on leur répond par : “Bah qu’est ce que ça peut te faire ?”. Enfin, c’est naturel, donc y a pas de honte à avoir des poils. Et puis, du coup, je comprends ma mère quand elle me disait “oui, faut pas trop que tu t’épiles quand t’es petite, et tout” et donc je la rejoins parce que maintenant je comprends que c’est inutile et que ça change rien à notre vie en fait, d’avoir des poils.

Ce qui a permis aussi de m’assumer, c’est que pour moi, ma pilosité c’est mon identité ! C’est moi donc je ne vois pas pourquoi je me changerais pour des personnes qui font juste partie d’un petit passage dans ma vie.

Et puis, en ce moment, il y a souvent les débats des femmes, la féminité, la pilosité,… Justement : celles qui veulent montrer et celles qui ne veulent pas. Et y a beaucoup de femmes sur les réseaux sociaux qui montrent justement leur pilosité et qui l’assument, qu’elles posent en maillot de bain avec les poils qui dépassent du maillot, ou encore sous les bras et je trouve ça beau en fait de faire passer ce message-là. Ce qui permet, je pense pas qu’à moi mais à d’autres jeunes filles aussi de s’assumer avec leurs poils !

Tess, 16 ans, lycéenne, Aubergenville

Prise et montage son – Inès Edel-Garcia // Montage vidéo – Elliot Clarke

Crédit photo Unsplash // CC Billie

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