Krikor

Krikor20 décembre 2017

J’habite dans le Val-de-Marne (94). J’aime le foot, en particulier le PSG.

J’ai jamais dealé, ma mère m’aurait pas pardonné

Un jour, un grand m'a proposé de dealer pour lui. C'était tentant, mais j'ai dit non. Ma mère m'avait prévenu : si je tombais là-dedans, je pouvais trouver un autre logement !

Par Krikor20 décembre 2017

Tout s’est passé en quelques secondes. On jouait au foot avec des amis sur le terrain de sport, pas loin de chez nous. D’un coup, la balle est sortie du terrain. Je suis parti la chercher et là, un homme, la trentaine, m’a interpellé :

Lui : « Eh excuse-moi poto t’as un téléphone ? Juste t’envoies un message pour moi, je te dis le numéro et t’envoies le message stp. »

Il me donne le numéro et j’envoie le message. Je suis reparti jouer au foot sans trop faire attention. Le lendemain, je reçois un appel d’un numéro que je n’ai pas dans mes contacts. Je réponds.

Moi : « Allô, c’est qui ? »

Lui : « C’est le mec que t’as vu hier là… »

Moi : « Ouais, tu veux quoi ? »

Lui : « Je voulais savoir si tu voulais d’autres survets ! Je te donnes de l’argent pour que tu fasses des missions pour moi. »

Alors j’ai compris qu’il voulait que je deale pour lui. Je lui ai dit que je n’en n’avais pas besoin. Mais en vrai, j’aurais pu le faire. Ça m’a tenté parce que personnellement, je ne suis pas quelqu’un de riche, même pas du tout.

Mais je sais que si j’avais fait ça et que ma mère l’avait appris, elle ne m’aurait plus adressé la parole. Depuis que je suis petit, elle est derrière moi pour ce genre de chose. Elle me dit que si je commence à dealer, ce n’est plus la peine que je rentre chez moi. Ma mère, elle connaît ce genre de chose. J’ai des cousins qui sont tombés dans des choses illégales comme ça. Il y en a même un qui a terminé en prison.

Mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des gens derrière eux. J’ai un ami, par exemple, il avait besoin d’argent, du coup, il a commencé à dealer. Il avait des parents, mais qui ne connaissaient pas forcément ce genre de chose donc ils ne l’ont pas mis en garde. Il dealait par lui-même. Ça veut dire en gros qu’il faisait ça pour lui-même, sans avoir de «grand».  Il a dealé pendant quatre ou cinq mois. Après ça, un grand qui était en prison est sorti. Il a repris le terrain et a dit à mon ami : « Soit tu bosses pour moi, soit t’arrêtes ! »

Mon ami a décidé de continuer et donc de bosser pour le grand. Mais ensuite, ça a dégénéré. Le grand a commencé à lui faire dealer de la drogue dure. Là, mon ami qui avait à peine 18 ans s’est remis en question et a décidé d’arrêter. Aujourd’hui, il a un travail légal. Mais le soucis, c’est que tout le monde n’arrive pas à arrêter. Parfois, les gars se font menacer par leur grand. On a même un pote en commun qui est décédé à cause de ces histoires de drogue. Y’a ça partout, même à Paris ! Alors ouais, j’y ai pensé parce qu’on croit que c’est la facilité. Mais en fait, le plus important, je pense, c’est de ne jamais commencer.

 

Krikor, 17 ans, lycéen, Val-de-Marne

Crédit photo Adobe Stock //  ShutterDivision

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1 réaction

  1. Salut cousin c’est Andreas trop bien . continue comme sa