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ZEP19 juillet 2017

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

#Jemontemaboite : avec ses boxers, il veut sauver l’humanité !

Le portable dans la poche, mauvais pour la fertilité ? Arthur a trouvé la solution. Sa troisième entreprise (à 27 ans !) commercialise... un boxeur anti-ondes magnétiques.

Par ZEP19 juillet 2017

Arthur a 27 ans et il est le cofondateur de Spartan, une marque de « sous-vêtements qui bloquent les ondes des téléphones portables et du wifi. »

Graine d’entrepreneur…

Être son propre patron, une évidence pour Arthur. « J’ai toujours eu envie de créer une entreprise ! Quand j’avais 5 ans, je disais déjà toujours : Il faudrait faire ceci, inventer cela. » Au fil des années, différentes expériences ont nourri son ambition. Des stages, mais aussi – et surtout – un tour du monde entrepris au milieu de ses études. « Voir comment d’autres personnes vivent à l’autre bout de la terre, cela m’a vraiment ouvert l’esprit. » Une leçon de vie ! « Ma grand-mère trouve étonnant que je ne sois pas devenu banquier d’affaires. Elle me demande toujours quand  je vais prendre un « vrai » métier. Mais voir des gens qui voyagent depuis cinq ans en bossant ou en échangeant leurs services contre un toit et de la nourriture, cela permet de prendre du recul. On s’aperçoit qu’il y a une autre façon de vivre que métro-boulot-dodo.  »

Les études d’Arthur : prépa scientifique, école d’ingénieurs AgroParisTech, majeure entrepreneurs à HEC.

C’est de retour en France, surmotivé, qu’Arthur a décidé de créer, en parallèle des études qu’il reprenait… sa deuxième entreprise. « A 20 ans, en sortant de prépa, j’avais créé Methode-Prepa.com, des cours en vidéos destinés aux élèves de prépa, pour les aider à s’améliorer d’un point de vue méthodique, pour gagner en efficacité. » A 25 ans, au tour de OneApp : « L’idée était d’aider les petits commerçants à faire leur transition numérique. » Deux entreprises aujourd’hui profitables. Jamais deux sans trois…

Un jour, l’idée !

Arthur se souvient encore de la discussion à l’origine de Spartan : « On était en train de diner avec Pierre-Louis, un ami, et on eu le même reflexe de poser le téléphone sur la table. »

Un geste anodin ? Pas tant que ça pour Arthur : « On s’est rendu compte que cela fait des années qu’on entend parler des dangers des ondes et du fait qu’il ne faut pas garder son téléphone dans la poche ou travailler avec son ordinateur sur les genoux, mais… on ne change pas nos habitudes. » De là, l’idée ! « On s’est dit : plutôt que de changer ces habitudes, pourquoi est-ce qu’on n’essaierait pas de créer un sous-vêtement qui bloquerait les ondes, un peu à la manière d’un micro-ondes ? »

Sitôt dit, sitôt fait. « Pierre-Louis est ingénieur, un vrai géo trouve-tout ». Ensemble, ils sont arrivés à l’idée d’un boxer fait d’un maillage de coton et d’argent « permettant de bloquer 99,9% des ondes de téléphone portable et de wifi. »

Au début, Arthur ne pensait pourtant pas faire de cette idée une entreprise. « On comptait développer le produit pour nous. » Mais le concept a séduit. Dans un premier temps, l’entourage : « Quand on en parlait, les gens nous disaient que c’était génial et qui si on produisait vraiment ces boxeurs, ils voulaient qu’on leur en mette de côté. »

Et si le projet plaisait à plus grande échelle ? C’est ce qu’a cherché à savoir Arthur en lançant, en janvier 2016, une campagne de crowdfunding sur Indiegogo. « On avait pour objectif de financer une première production à 8000 dollars. » Résultat : plus de 20 000 dollars récoltés. Au mois de mars, l’entreprise était officiellement créée. Le temps de mettre au point le produit fini et de l’industrialiser, les ventes ont pu être lancées en novembre 2016.

Le financement de Spartan : mise personnelle (5000 euros à deux), campagne de crowdfunding (environ 20 000 euros), levée de fonds (500 000 euros)…

Développer son projet…

« Créer une entreprise, c’est passé de « J’ai un travail » à « J’ai le rôle de 5-6 personnes ». Ce sont des rôles que je n’ai jamais appris. J’ai du apprendre sur le tas. » Et à coté de ça, jamais assez de temps. « Si on est désorganisé et pas guidé, cela peut vraiment être très dur. » Mais organisé, ça, Arthur l’est assurément ! Et il sait être au bon endroit au bon moment.

En Janvier 2017, la marque était ainsi présente à Las Vegas, au CES, un grand salon consacrée à l’innovation et à la technologie. « On a fait un gros carton là-bas ». Il faut dire que les membres de l’équipe se baladaient dans les allées… en boxer. De quoi attirer la curiosité de tous ! « On a fait partie des dix marques les plus citées dans les médias et sur les réseaux sociaux, aux côtés de Samsung et LG. On a été la seule start-up à avoir un si gros niveau de visibilité. »

Et la croissance a suivi ! « Depuis notre lancement, on est systématiquement au-dessus de nos objectifs. On double notre chiffre d’affaires toutes les six semaines. » Quatre mois après les premières ventes, Arthur pouvait se verser un salaire. Un temps record ! Aujourd’hui, ils sont cinq à travailler au développement de la marque.

Pourquoi Spartan : “Spartan veut dire spartiate en anglais, et fait donc un clin d’oeil à la virilité des guerriers de Spartes. D’un point de vue lyrique également, petite référence à la bataille des thermopyles et des 300 spartiates qui ont repoussé l’envahisseur perse avec leurs boucliers : notre bouclier électromagnétique WaveTech repousse les «mauvaises» ondes.”

La clé de la réussite pour Arthur : la motivation. « Je pense qu’il y a une vraie différence entre une personne qui pense à créer une entreprise et quelqu’un qui est vraiment animé par cette volonté de le faire, parce que cela prend beaucoup de temps et que c’est extrêmement dur d’un point de vue psychologique et physique. »

Arthur prévient d’ailleurs tous ses amis qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat : ils vont avoir affaire au « yoyo entrepreneurial ». Quand on crée son entreprise, le moral peut être très haut… et très bas. « Cela oscille de manière assez régulière. On passe de « Ah ! C’est génial on vient d’attraper un énorme client » à un bug technique qui nous donne le sentiment que tout s’effondre. »

Mais au final, monter sa boite… quel bonheur ! « Réussir à monter une équipe autour de soi, avancer autour d’une vision qu’on crée ensemble, c’est fascinant comme processus. On voit son bébé évoluer, grandir et réussir à faire vivre plusieurs personnes. C’est génial ! »

Et puis, il y a la reconnaissance du public : « En ce moment, on a des pubs dans le métro parisien. C’est assez fou de passer devant ses propres affiches et de se dire qu’il y a un an, on n’avait pas de produit. Aujourd’hui, des millions de personnes les voient tous les jours. » Et des millions en achèteront peut-être demain.

Même la grand-mère d’Arthur est en passe d’être convaincue : « Je l’ai vue hier et elle ma dit : « Je commence à y croire à ton truc. En fait, c’est le monde qui a changé, et être entrepreneur c’est ce qu’il y a de bien à faire… si j’ai bien compris. » »

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