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ZEP13 juillet 2017

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

#Jemontemaboite : ses glaces se la jouent grande classe !

Créer son entreprise la vingtaine tout juste entamée, Quentin l'a fait. Trois ans après son lancement, sa boite est rentable et ses glaces régalent des gourmands partout en France, et pas que.

Par ZEP13 juillet 2017

Quentin a 25 ans et il a créé iceRoll : “Une manière innovante de réaliser la crème glacée sous forme de rouleaux sur une plaque à -30°C.”

Graine d’entrepreneur…

« Depuis l’âge de 15 ans, je développe des projets en parallèle des cours. J’ai par exemple fait de l’achat-revente de vêtements d’occasion sur e-bay. J’achetais en friperie des petits lots et je les revendais au détail. » Premiers pas vers l’entrepreneuriat ! « Je ne savais pas que cela s’appelait devenir entrepreneur. J’ai toujours vu ça comme un jeu. Surtout sur e-bay où c’est assez gamifié. Les enchères, c’était marrant. » Marrant, mais aussi très formateur : « Je trouvais ça super excitant de commencer à faire des ventes, de chercher comment améliorer le service, la présentation des articles, la relation client. »

L’expérience aidant, c’est la volonté de faire des choses plus originales, mieux structurées qui a finalement conduit Quentin à créer sa boite. Et avant ça, à abandonner ses études : « En école de commerce, mes projets débordaient un peu trop sur les cours. En troisième année, on m’a demandé de faire un choix. »

Quentin n’a pas mis longtemps à trancher : « L’école apprend à réfléchir d’une certaine façon, cela standardise notre manière de penser. Cela tue un peu la créativité. Si on me dit comment faire du business, je vais le faire comme tout le monde et au final je ne vais pas réussir à faire quelque chose de différent, qui apporte vraiment quelque chose en plus. » Quoi faire justement ? En abandonnant l’école en cours de troisième année, Quentin n’a alors pas vraiment d’idée ; « ça me faisait un peu flipper ! »

Un jour, l’idée !

C’est en Thaïlande que Quentin a trouvé l’idée à l’origine d’iceRoll. « Pendant l’été 2013, j’ai découvert au nord de la Thaïlande un procédé de cuisine par le froid qui me semblait super intéressant, mais avec plein de choses à améliorer, notamment au niveau du goût et de la présentation. » Le voilà qui quitte donc Annecy pour s’installer à Paris et lancer « son » projet de crème glacée roulée.

Première étape : créer une machine. « J’ai appelé 120 frigoristes avant de recevoir une réponse positive ! » Un professionnel prêt à innover, chercher, tester. Même chose pour l’artisan-glacier. « J’en ai contacté pas mal et il y en a un qui a accroché à l’idée. »

C’est grâce à sa motivation que Quentin a réussi à mobiliser autour de son projet naissant : « L’argent n’est pas un problème au début. Il faut avant tout réussir à montrer le potentiel du projet. Il faut se vendre soi-même pour que les personnes aient envie de travailler avec nous. »

Travailler, depuis le début de son projet, Quentin n’a pas arrêté ! « Pendant deux ans, je n’ai absolument rien fait d’autre de ma vie. Ice Roll, c’était 100% du temps réel. J’avais tout mis de côté pour lancer ça. » Pour subvenir à ses besoins : son allocation Pole Emploi, environ 600 euros par mois, et la chance de n’avoir pas de loyer à payer, « j’étais hébergé par ma sœur, j’avais donc très peu de dépenses. »

« Je peux comprendre que tout le monde ne soit pas intéressé par le fait de passer deux ans de sa vie à bosser 70 heures par semaine sur un projet sans être payé ! » Mais pour Quentin, la question ne s’est jamais posée. « Je n’avais pas l’impression de faire un effort, je faisais juste ce que j’aimais. » Et ça a marché…

Développer son projet…

Été 2014, la machine est prête : premiers tests sur les quais de Seine. Le concept séduit. Décembre 2014, la société est officiellement créée. Début 2015, Quentin se lance dans la prestation de services : soirées d’entreprise, lancement presse, mais aussi anniversaires, mariages, soirées entre potes… « Ces événements nous ont amené pas mal de contacts, notamment pour avoir des points de vente. » Pas mal de mentions dans la presse aussi. Résultat : des gourmands se verraient bien eux aussi devenir glaciers : « En un mois et demi, on a reçu plus de 350 demandes de franchises, alors même qu’on communiquait uniquement sur le produit final, la glace. Avec presque 10 demandes par jour, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire. » C’est ainsi qu’est née iceRoll Family, « une solution clé en main pour lancer son activité. »

Le financement d’iceRoll : mise personnelle de 10 000 euros pour le lancement, “deux ans à travailler et économiser, j’ai tout mis ! L’activité a ensuite autofinancé le développement.” Puis levée de fond de 285 000 euros en 2016.

Un peu partout en France, on peut donc aujourd’hui savourer la glace imaginée par Quentin. En France, et pas que. « On a signé notre premier partenaire au Koweït en février 2016. » Succès ! Et pourtant, ce n’est qu’à partir de mai 2016 que Quentin a pu se verser son premier salaire.

Aujourd’hui, une trentaine de personnes travaille autour du projet Ice Roll. Cette réussite n’empêche pas les moments de doute : « Je m’étais toujours dit que c’était au début et que ça allait s’arrêter, mais ça nous guette tout le temps. Il y a eu peut-être quatre ou cinq fois où je me suis vraiment dit : c’est bon. Il est temps de passer à autre chose ! » Mais aujourd’hui, passer à autre chose, Quentin ne semble vraiment pas près de le faire ! « J’ai le luxe d’amener la boite où je le souhaite. On a lancé la glace, on lance des jus de fruit et bientôt encore d’autres produits ! Aucune routine ne s’installe. Je me sens vraiment à ma place ! »

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