Jouer dans un club de quartier, c’est ce qui fait notre force

À Caen, on joue dans un club de quartier, et on en est fier. Parce qu'on est une équipe soudée, et que la solidarité dans le foot, c'est la base !

Par L’équipe des U15 et des U18 de l’ASLCV22 janvier 2020

Le foot, c’est la base. Le club, c’est là où on trouve le respect et l’entraide. C’est ce qui nous permet de rester calmes. L’ASLCV, à la base c’était un club de futsal. Puis, c’est devenu un club de quartier. Donc un club qui est mal vu. Les autres équipes disent qu’il n’y a que des racailles, les gens qui n’y vivent pas disent qu’on a une mauvaise image. Mais ça nous donne de la force pendant les matchs.

On a grandi ensemble. On joue ensemble depuis longtemps. Même avant qu’on joue pour le même club, on se donnait rendez-vous pour jouer sur le terrain en bitume, à l’ancienne. Après, la Mairie nous a construit un terrain synthétique à la place. Ça nous a fait plaisir qu’ils fassent ça pour nous. C’est cool de voir qu’ils nous donnent de l’importance. Ils ont compris qu’on avait le foot dans le sang.

On n’a pas tous la même couleur mais on est tous unis

La base de l’équipe, c’est la solidarité. Ici, on est tous mélangés pour une seule identité. On n’a pas tous la même couleur mais on est tous unis. On a plein d’origines différentes et on manie tous la langue de Molière ! On kiffe se donner des surnoms. Y a « 4 Keuss » et sa teinture dans les cheveux, « Brooklyn » et sa démarche d’Américain, « Chewing-gum » parce qu’il est lent et élastique, « Sadek » qui ressemble au rappeur, « Boudeur » parce qu’il est toujours triste après une défaite. « Batman », c’est parce que ses cheveux ont la forme du logo chauve-souris, « Taureau » parce qu’il fonce partout, « Bichette Junior » et ses boucles, « La Pointe » parce qu’il est grand, ou encore « BDS », « Voldemort », « Dormeur », « Le daron »… En vrai, c’est pas une équipe de foot, c’est un épisode des Avengers !

Les tournois au City Stade, c’est le feu. Y a un barbecue, de la musique, tout le monde est autour du terrain. C’est comme une fête de quartier sauf qu’on joue au foot. Enfin, nous on joue pas, parce qu’on est pas encore des grands. On est des moyens. Mais c’est bien quand même parce qu’on regarde les grands jouer. On prend exemple sur eux, on sait quel chemin suivre quand ce sera notre tour. Par exemple, il y a Toura. Très fort joueur, technique et athlétique. Il mettait « le feu » au City Stade. Il a été à Malherbe après.

Et pour les filles, c’est comment ? On a un podcast, « Sample », où des footballeuses nous parlent de leur accès au sport, des gradins au terrain !

Malherbe, c’est le club de la ville de Caen. Mais c’est pas notre club à nous. On s’entend bien même si on est tous supporters de clubs différents. Paris, Barcelone, Real… Ici, personne est supporter de Caen (sauf Magatte). On les a vu monter et descendre, et maintenant ils sont en ligue 2. En fait, on supporte les clubs où il y a les stars qui nous ont marqués pendant notre enfance. Et le club qui change pas, celui qu’on supportera toute la vie, c’est le club du quartier.

 

L’équipe des U15 et des U18 de l’ASLCV (Association Sports et Loisirs du Chemin vert), 14 à 17 ans, collégiens et lycéens, Caen

Crédit photo Unsplash // CC Edoardo Busti

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