Typhaine D.

Typhaine D.18 mai 2018

J’aimerais intégrer une école de cinéma pour devenir réalisatrice

La mixité culturelle n’est pas un concept, c’est ma vraie vie !

Issue d’une famille aux origines variées, Typhaine s’est construite au cœur d’un mélange de cultures et de traditions. Et elle est fière !

Par Typhaine D.18 mai 2018

Je suis née en France, d’une mère d’origine algérienne et d’un père d’origine polonaise. Et je me sens plus proche de mes origines kabyles. Du côté de mon père, il n’y avait que mon arrière-grand-mère qui perpétuait la tradition polonaise. Et la seule chose dont je me souviens, c’est une recette qu’elle nous avait laissée ! A l’inverse, j’ai grandi aux côtés de mes grands-parents maternels qui sont nés en Algérie. Ils ont été fortement influencés par la culture française, ce qui m’a permis de recevoir une culture mixte dès le départ.

Par mixte, je veux dire que je n’ai pas une culture propre à un seul pays. Ma culture est un mélange de tout ce qu’on m’a appris et partagé. Par exemple, on célèbre toutes les fêtes religieuses importantes de chaque religion qui composent ma famille : Noël mais aussi l’Aïd. On partage des croyances et une culture différentes, mais on œuvre pour tout regrouper. C’est comme si on prenait un mixeur et qu’on y versait un peu de chacun de nous.

Du côté de mon père, on est catholiques. Alors que de celui de ma mère on est plutôt musulmans. On ne m’a jamais imposé aucune des deux religions. Ma famille m’a simplement donné la foi. Donc je suis déiste : je crois en Dieu sans avoir de religion. Je m’impose mes règles et mes limites. Mon maître mot, c’est la bienveillance.

La mixité est une richesse

Je me sens à la fois française, algérienne et polonaise. Mais plus encore ! Je me sens citoyenne du monde. Ma famille est composée de diverses ethnies, passant de l’Allemagne au Maroc, de la Thaïlande à l’Algérie, de la Pologne à la Belgique. De ces unions, encore plus d’ingrédients dans le mixeur ! Ils m’ont appris des danses traditionnelles, des plats typiques de leur région et m’ont fait écouter leurs musiques préférées. J’ai aussi dû améliorer mon anglais rapidement, mes tantes parlant uniquement l’anglais et le thaï, c’était notre langue de communication.

J’ai une tante thaïlandaise. Elle m’a conté son enfance dans son pays natal. Mes grands-parents aussi me racontent des histoires de leur jeunesse au cœur d’Alger et de la Kabylie. Et j’ai ce sentiment d’appartenance. Ils ne m’ont pas immergée dans leur culture, ils m’y ont intégrée. Je le sens dans ma vie quotidienne, dans mes habitudes, dans ce que je cuisine et dans ce que j’aime. Et surtout, ça m’a donné envie de toujours découvrir plus, ça a généré en moi une source infinie de curiosité !

J’ai beaucoup parlé de mes origines, mais je me sens aussi française. La France est une partie fondamentale de ma culture. Rien que le fait d’avoir le français pour langue natale me fait me sentir française. Lorsque mes grands-parents sont arrivés en France, ils n’avaient même pas 20 ans. Du coup, ils ont fortement influencés leurs enfants (ma mère) aussi. Et puis il y a l’école ! On nous apprend l’histoire et la géographie de notre pays alors forcément ça joue beaucoup.

Je ne veux jamais arrêter de découvrir et d’apprendre. Je crois profondément que la mixité est une richesse et que c’est ce mélange qui a fait de moi qui je suis aujourd’hui. Je ne changerais pour rien au monde.

 

Typhaine D, 17 ans, Bagnolet

Crédit photo Flickr // CC  Yannific

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