Jarta

Jarta24 novembre 2018

Un passionné de manga ambitieux.

Les mangas m’ont permis de découvrir ma vocation

A l'école, en suivant ses amis dans la cour de récré, Jarta a découvert le monde des mangas. Puis, il s’est mis à dessiner. Et aujourd'hui, devenir illustrateur est pour lui une évidence.

Par Jarta24 novembre 2018

Le monde des mangas m’a un peu été imposé dans la cour de récréation, vers 7-8 ans, quand tout le monde jouait à Naruto. Le but était simplement d’imiter son personnage préféré et de combattre ensemble. J’étais l’un des seuls à ne pas comprendre ce qu’était Naruto et encore moins ce qu’était un manga !

Au début, je m’intéressais seulement à ce manga parce que l’histoire et les combats étaient tout simplement géniaux pour le gamin que j’étais, et ça me permettait de jouer avec mes amis. Attention, cela ne m’a pas rendu violent pour autant, mais qui n’a jamais rêvé de marcher sur les murs et de courir la tête en avant et les bras en arrière comme un ninja ?! C’est ainsi que j’ai commencé à collectionner les figurines de différentes créations, des cartes Pokémon et autres gadgets faisant référence à cet univers.

Des oeuvres qui nous font mûrir

Durant toute ma jeunesse, j’ai découvert d’innombrables mangas. Il y a des grandes œuvres qui sont même diffusées au cinéma, dans des longs-métrages au scénario émouvant, avec de la musique composée par de grands artistes qui savent accompagner les spectateurs dans des univers merveilleux.

Certains mangas me faisaient juste rire, comme Naruto, One punch man… Certains me donnaient envie pleurer, comme Black bullet, One Piece, Code geass… D’autres encore me faisaient réfléchir et m’ont poussé à mûrir, comme Akame ga kill, Death parade... Ces oeuvres étaient plus qu’un simple divertissement, elles m’ont donné des vraies leçons de vie tout en me faisant rêver. Je pense principalement aux films d’animation tels que Princesse Mononoké qui parle de la préservation de la nature et des conséquences de la déforestation, au Château dans le ciel qui pointe du doigt l’égoïsme de l’Homme et sa soif de pouvoir aux dépends de magnifiques lieux…

En CM1, pour faire plaisir à une nouvelle copine, Fatoumata a commencé à lire des mangas. Pas le choix, il fallait bien s’intégrer ! Surprise : elle a aimé. Beaucoup. Les mangas font aujourd’hui totalement partie d’elle.

Les mangas peuvent également faire rêver les plus grands qui auraient gardé une âme d’enfant. J’ai appris l’humilité, la persévérance, l’importance d’une amitié, le respect… J’ai aussi développé mon esprit critique, et je me suis découvert une envie de visiter le monde ! Enfin, lors de rassemblements de fans, j’ai appris à surmonter ma timidité et ma peur du rejet, et à imposer mes idées et les défendre.

En classe de CM2, quand une amie s’est mise à dessiner des personnages de mangas, l’envie m’est venue de le faire également. Bon, évidemment, mon dessin ressemblait à tout sauf aux modèles ! Imaginez Naruto qui s’est fait renverser par un bus, puis brûler et à qui on a fait une greffe de visage qui a mal tournée ! Mais à force de pratiquer, de suivre des tutos Youtube et d’acheter d’innombrables livres sur « Dessiner des mangas étapes par étapes » (qui m’ont juste appris à ne plus dépenser d’argent dans ce genre de livres), j’ai trouvé mon style.

Des univers sortis de mon imagination !

Aujourd’hui, la chose la plus importante pour moi, c’est ma passion pour l’art acquise grâce aux mangas et aux jeux vidéo. Ces derniers m’ont habitué à observer et analyser tout ce que je vois, car cela peut être aussi magnifique que dans les mangas : l’univers qu’arrivent à créer certains jeux vidéo à l’aide de musiques et autres sons d’ambiance, la qualité des graphismes qui proposent des vues magnifiques permettant au joueur de se balader librement, comme dans la saga des jeux Assassin’s creed, ou à l’inverse, la simplicité des graphismes dans Minecraft… À force de voir des paysages magnifiques, de dessiner et redessiner des personnages, monstres et autres créatures, j’ai commencé à m’intéresser à autre chose : des univers tout droit sortis de mon imagination. Puis à force de me diversifier, petit à petit, c’est devenu une évidence : je veux travailler dans l’univers du dessin ou du graphisme !

 

Illustration de l’auteur, librement inspirée du Château ambulant d’Hayao Miyazaki.

 

En première année d’un BTS Fluide Energie Domotique qui ne me plaisait pas, nous avions un stage d’environ deux mois à effectuer. À ce moment-là, j’étais complètement paumé dans mes études et seul le dessin pouvait m’aider à me relaxer. Et c’est là qu’on m’a proposé un stage dans la Ligue de l’enseignement qui avait besoin d’un illustrateur/maquettiste ! J’ai sauté sur l’occasion et cela m’a permis d’avoir de l’expérience dans un métier que je pourrais éventuellement exercer plus tard, où je pourrais pratiquer ma passion. Maintenant, je suis au DU PaRéO de l’université Paris-Descartes, où je suis libre d’intégrer mes créations aux différents travaux et devoirs qui me sont donnés de faire. Je peux ainsi apprendre tout en dessinant !

Malheureusement, il existe toujours des personnes qui voient les mangas et les jeux vidéo comme une menace pour les jeunes, ça les rendrait violents et immatures. C’est au contraire en jouant à ces jeux et en regardant ces mangas que j’ai grandi, mûri, et même surmonté mes complexes.

 

Jarta, 19 ans, étudiant, Bagneux

Crédit photo © Studio Ghibli // Le voyage de Chihiro de H. Miyazaki (film 2001)

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