Oumar

Oumar13 mai 2018

Futur électricien !

Malgré ma famille en France, je n’ai toujours pas de toit

Depuis son arrivée en France, Oumar peine à trouver un logement stable. Viré de chez son oncle, il doit squatter chez un ami. Mais pour combien de temps ?

Par Oumar13 mai 2018

Je suis né en France, mais en 2004, ma famille a décidé de repartir vivre au Sénégal. J’avais à peine 7 ans, j’ai dû les suivre. À 20 ans, j’ai décidé de faire le chemin inverse : je suis revenu travailler en France, pour aider ma famille restée au pays.

Mon père m’avait dit d’aller habiter chez mon oncle que je connaissais peu. Mais chez lui, c’est chaud : il habite à Aubervilliers, dans un appart tout petit. On est à trois dans son deux pièces, avec Yoro, un gars que je ne connais pas. En plus, il me demande 100 euros par mois pour le loyer. Je ne les ai pas ces 100 euros !

Du coup, du jour au lendemain, il m’a dit de partir et je me suis retrouvé à la rue. J’ai passé plus de deux semaines dehors. Je ne pouvais pas aller chez ma grande sœur. Elle, elle est arrivée en France en 2012. Maintenant elle a 21 ans et elle est dans un foyer de jeunes mamans pour élever son fils qui a trois ans.

Travail, argent et logement !

Alors j’ai appelé un ami que je connaissais du Sénégal. On était dans la même classe là-bas. Il m’a dit que je pouvais venir chez lui le temps de chercher un logement, mais que je devais faire vite parce que ça le dérangeait que je ne paie ni le loyer ni les factures. En plus, il devait envoyer chaque mois de l’argent à sa famille et n’avait pas vraiment d’espace pour m’accueillir.

Je comprenais. Je lui ai dit que je faisais mon possible pour trouver. Et je ne voulais pas décevoir mes parents ! Il m’a encouragé pour que je trouve un travail car, dans ma situation, c’était la seule solution. C’est lui qui m’a conseillé d’intégrer l’École de la deuxième chance. Depuis quatre mois, je suis des cours pour me former en électricité. Pour ensuite gagner ma vie et me trouver… un logement.

 

Oumar, 20 ans, en formation professionnelle

Crédit photo Flickr // CC Jeanne Menjoulet

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