Soumaya F.

Soumaya F.26 novembre 2018

Je suis plutôt volontaire, je n’abandonne jamais.

Mon voile risque de m’empêcher de trouver du travail

Soumaya porte le voile et ne comprend pas les réactions de ceux qui s'y opposent. Peu importe, elle assume et compte bien réussir dans la vie, en étant voilée.

Par Soumaya F.26 novembre 2018

Le jour où j’ai pris la décision de porter le voile, j’ai compris qu’il fallait que je fasse mes preuves. On me demande souvent pourquoi je le porte. Un jour, un homme m’a interpellée pour me poser cette question. Et franchement, j’aurais dû lui répondre : « Et pourquoi pas ?!»

J’ai le sentiment que, pour certains, le fait que je sois voilée cela signifie que je ne prends pas de décisions. Bref, que je suis soumise ! Je pense que cette image qu’on a des femmes voilées, c’est à cause des médias. Alors, détrompez-vous ! J’ai une mère extraordinaire qui me pousse à faire ce que j’aime et je suis très active.

A cause d’un simple bout de tissu sur la tête

Pendant deux ans, j’ai participé à des ateliers philosophiques. Je suis bénévole dans une association qui aide les personnes en situation de handicap. Je ne suis pas défaitiste et je compte faire de longues études, même si je sais que ce sera compliqué de trouver un métier en France avec mon voile. Je n’ai pas encore eu l’occasion de postuler pour un emploi, mais j’ai déjà d’énormes craintes puisque je ne compte pas le retirer. J’ai des amies qui ont de très bons diplômes, mais qui ne peuvent pas exercer le métier de leur rêve car elles sont voilées. J’espère qu’on regardera mes compétences et non pas ce que j’ai sur la tête. J’ai beaucoup d’espoir et je pense qu’un jour les femmes voilées pourront travailler dans de grandes entreprises et même dans le secteur public en France. Je suis prête à aller vivre ailleurs pour travailler si je n’ai vraiment pas le choix. L’Angleterre ou Dubaï sont des endroits où j’aimerais aller pour bosser.

De plus, je sais que les femmes voilées de la communauté musulmane ne sont pas les seules touchées par cette mise à l’écart. J’ai été très touchée en rencontrant un jeune sikh qui ne pouvait pas aller à l’école à cause d’un simple bout de tissu sur la tête.

Je suis forte et épanouie. Et je suis voilée

Dans la rue, c’est plus difficile pour moi. Je reçois parfois des insultes de la part de passants. Généralement, je ne réagis pas. Il m’est arrivé une fois d’avoir une discussion avec quelqu’un, mais j’ai vite compris que cela ne servait à rien.

Au départ, j’avoue que j’étais très triste. Mais avec le temps, je me suis rendu compte que je devais passer outre et être beaucoup plus forte. Même si je trouve que ce n’est absolument pas normal de recevoir des injures à cause de son apparence.

La religion elle-même peut aussi créer des barrières ! Meyna rêve d’être comédienne. Mais sa mère, de confession musulmane, l’incite à renoncer à cette vocation précoce, car supposée contraire aux préceptes religieux. « Ma religion m’empêche de devenir actrice »

Je ne comprends pas pourquoi je devrais me justifier sur des décisions si personnelles qui ne dérangent personne, puisque c’est moi qui le porte. Je ne comprends pas pourquoi les gens ont peur du voile. En tout cas, sachez-le, je suis une jeune femme forte et épanouie dans ma vie. Et je suis voilée.

 

Soumaya, 18 ans, étudiante, Paris

Crédit photo AdobeStock // © Kanchitdon

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1 réaction

  1. Les gens ont peur du voile par ignorance et qu’ils ont des stéréotypes en tête. Oui cela est plus compliqué de trouver un travail en portant un voile mais il n’est pas impossible d’exercer le métier de ses rêves.