Yazid A.

Yazid A.20 avril 2018

Je suis un lycéen parisien.

Paris/banlieue, ça change d’ambiance

De la campagne normande à Paris en passant par la proche banlieue, je me suis confronté à la géographie des différences. Celle des territoires et celle des gens qui y habitent.

Par Yazid A.20 avril 2018

Pour des raisons familiales, j’ai beaucoup déménagé. Jusqu’en Quatrième, je vivais dans la campagne profonde, en Normandie. Il y avait un seul bus scolaire pour transporter tous les élèves. Il faisait le tour du département pour ramener ceux qui vivaient dans les campagnes éloignées. Je mettais plus d’une heure pour aller à l’école, et quand il y avait du verglas pendant l’hiver, les bus ne roulaient pas. Donc on n’avait pas cours. Quand j’ai déménagé à Villejuif, dans le 94, le problème ne se posait plus : on pouvait prendre le bus, le tram, le métro pour aller au collège. On pouvait même y aller à pied. Me rapprocher de mon collège m’a beaucoup aidé à progresser, à faire les trajets seuls, et ça m’a permis de mieux m’organiser.

Du KB au 15ème !

Je suis rentré au lycée au Kremlin-Bicêtre, le KB, dans un quartier plutôt pauvre puis j’ai déménagé dans le 15ème arrondissement de Paris, un quartier riche cette fois, et dans un grand lycée parisien, à Buffon ! La différence se ressent rien qu’en observant les bâtiments : au KB ce sont des grandes tours qui hébergent beaucoup de personnes, alors que dans le 15ème ce sont des appartements haussmanniens. Dans les rues du 15ème, on voit surtout des cabinets d’avocats, des cabinets médicaux, des sièges d’entreprises internationales et des boutiques de luxe… Dans le 94, ce sont plutôt des petits commerces et des boutiques de déstockage.

Le plus marquant, ce sont les différences vestimentaires. Dans le 94, pour s’intégrer, il vaut mieux porter du Nike, du Adidas et des vêtements synthétiques, alors que dans le 15ème, ça fait moche ! La mode, c’est plutôt de porter des vêtements de créateurs en laine, en coton ou en cuir. Aussi, la discipline était bien plus sévère dans mon lycée parisien que dans le lycée du Kremlin. Les jeunes du KB se laissaient beaucoup moins faire que dans le lycée Buffon. Certains profs avaient peur de prendre de trop lourdes sanctions car les élèves étaient plus agressifs.

Dernière chose, le lycée du KB était beaucoup plus mixte. Il y avait des gens de toutes les cultures : asiatique, africaine, arabe, slave, ceux d’Europe de l’Ouest étaient minoritaires alors que dans le lycée parisien, c’est l’inverse.

 

Yazid, 17 ans, lycéen, Paris

Crédit photo Flickr // CC Stephane Rees

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