ZEP

ZEP30 septembre 2020

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

Sample, le podcast : « Grandir c’est (se) déconstruire »

« Se déconstruire », c'est quoi ? Shani-Lei et Pauline ont suivi ce chemin vers l'antiracisme et le féminisme sur les réseaux, avec ou contre leurs proches.

Par ZEP30 septembre 2020

À la ZEP, on relaie des témoignages, des histoires, des vécus, mais parfois on les compile ! Bienvenue sur Sample, le podcast qui mélange, superpose et confronte les voix des jeunes pour donner à entendre notre société.

Regarder en face ses privilèges et ses erreurs. Apprendre à embrasser ses singularités mais aussi à accepter celles des autres. C’est ça « se déconstruire ». Un passage obligé dans les luttes pour l’égalité qui cache des vécus hétéroclites. Comment engage-t-on ce processus ? Shani-Lei et Pauline ont 22 ans et sont toutes les deux passées par cette étape.

Toutes nos créations sont disponibles sur les plateformes de podcast : Spotify, Apple podcast, Deezer, SoundCloud, Acast et Youtube.

« Depuis toute petite, j’ai eu des poupées noires. Je dis ça comme si c’était banal mais beaucoup de gens noirs n’ont pas eu ça. J’ai eu énormément de représentations […] donc je ne rêvais pas d’être blonde aux yeux bleus et d’avoir les cheveux longs et lisses. » Shani-Lei

« J’ai eu la chance de faire une enquête sur l’afroféminisme et, en quelques mois, je me suis rendu compte que je ne connaissais qu’un tout petit angle de tous ces concepts et mouvements en France. » Pauline

Ce processus de déconstruction passe particulièrement par les réseaux sociaux. Bien qu’on les associe rarement au militantisme, tous les jours des milliers de gens s’y partagent savoirs et expériences afin d’être toujours plus Woke, éveillé.e.s. Pour se déconstruire, Twitter ou Instagram deviennent alors des Safe space, des endroits où chacun.e peut évoluer sans être confronté.e aux discriminations ou au harcèlement.

« La première arme de la lutte c’est la connaissance. Et aujourd’hui, avec les réseaux comme Twitter, personne ne peut dire « je ne connais pas ». Ou alors c’est qu’on ne veut pas connaître. » Shani-Lei

« Ça montrait que je ne menais pas ce combat pour rien et surtout que je n’étais pas seule. Mais ça m’a aussi permis de mettre des mots sur des choses que je vivais et de remettre les choses dans l’ordre. Que j’ai des problèmes liés à ma condition de femme mais que j’avais aussi l’avantage d’être blanche. » Pauline

Si les réseaux protègent et éduquent, dans la sphère privée, c’est parfois plus compliqué. Comment réagir aux remarques de son entourage non-déconstruit ? Peut-on même rester ami.e.s ou en couple avec elleux ? Des relations nouvelles, entre confrontation et rupture.

Yasmine a pu se construire et se déconstruire grâce à Twitter. Racisme, LGBTQphobies, féminisme… les réseaux sociaux lui ont permis de trouver un espace où partager ses idées avec d’autres personnes minorisées.

« En prépa, en soirée, ils ont chanté des chants coloniaux. C’était au programme, donc ils les ont appris par cœur parce que ça les faisait rire. Et la prof d’histoire était présente et les a entendu ! Dans ces situations, on fait fi des personnes non-blanches qui sont concernées au plus haut chef par cette histoire coloniale… et… t’as juste plus les mots quoi. Depuis, je ne me suis entourée que de gens qui, j’espère, ne sont pas capables de me mettre dans ce genre de situation. » Shani-Lei

La question du repli sur soi et du communautarisme est très actuelle et fortement pointée du doigt. Y compris lorsqu’il s’agit de religion. Alors qu’on peut se demander si ce n’est pas seulement un mécanisme de défense, une manière de se protéger des attaques et discriminations, ou de se déconstruire sereinement.

Vous avez écouté Sample, le podcast qui mixe la parole des jeunes pour une meilleure écoute de notre époque. Et vous savez quoi ? Vous en avez encore douze à écouter !

 

Merci à Shani-Lei et Pauline, 22 ans, étudiantes, Paris

Illustration © La ZEP // Yasmine Mady

Entretiens : Sofiane Womasson ; Réalisation : Sofiane Womasson et Elliot Clarke

TAGS :