Nanterre Université

Nanterre Université27 décembre 2017

En partenariat avec l'université de Paris Nanterre, des étudiants formés par la ZEP ont récolté ces témoignages.

Pour moi l’ecstasy c’est fini !

L'ecsta, Martin aimerait pouvoir s'en passer. Tiraillé entre ses vertus désinhibantes et ses effets psychotiques, il n'arrive pas à tourner la page. Pourtant, il connait les alternatives...

Par Nanterre Université27 décembre 2017

Les soirées électro m’ont fait découvrir l’ecstasy. La consommation y est fréquente parce qu’elle participe à rendre la soirée appréciable. L’ecstasy exacerbe les sens et notamment la sensibilité à la musique.

Après le bac, je n’ai pas fait d’études : j’ai travaillé tout de suite et tous les jours c’était la même routine. Alors j’ai vu dans cet univers un moyen de m’évader.

Tout le monde était extraverti, désinhibé, c’est quelque chose qui m’a plu. Mais, avec le temps, j’ai compris que ces drogues me faisaient sombrer vers quelque chose de vraiment négatif au point de ne même plus parvenir à avancer. Quand je suis dans la « descente » je ne parviens pas à gérer mes émotions. Récemment, j’ai dû faire face à une crise d’angoisse de ma copine alors que nous étions sous ecstasy. J’étais dans un état d’anxiété insupportable au point que je me suis senti perdre le contrôle de moi-même. J’étais comme dépersonnalisé.

Pendant plus d’un mois, j’ai vécu sans avoir la sensation d’appartenir à mon corps. J’agissais, mais mon esprit était ailleurs, comme déconnecté de la réalité. Maintenant, même lorsque je ne consomme rien, j’ai des comportements irrationnels. Je me suis même laissé convaincre par des évangélistes que le diable vivait en moi, que ma vie de vices était en fait dirigée par un démon qui me hantait !

Trouver des exutoires : manque de volonté ?

Ça fait quelques temps que j’essaye d’arrêter en fait. Mais cette décision apparaît vraiment comme une lutte intérieure. Une partie de moi me dit d’arrêter, de reprendre une vie plus saine, certes qui sera plus difficile au départ, mais qui sera mieux sur le long terme. Une autre m’incite à continuer, parce que j’aime ça.

Aujourd’hui, je me rends compte que d’autres choses peuvent faire office d’exutoire : faire du sport, voir mes amis… Le problème, c’est que je ne m’en rends compte que maintenant ! Je sais que j’ai toutes les clés pour arrêter, mais mon manque de volonté me retient. Pourtant, j’aimerais supprimer cette addiction qui m’empêche de vivre normalement. Je n’arrive pas à lier mon quotidien à cet univers. J’ai envie de réapprendre à aimer les choses simples auxquelles je prenais plaisir avant.

 

Martin, 22 ans, salarié, Paris

Crédit photo Pixabay // CCO Loryn

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