Emilie

Emilie7 décembre 2017 1 mn

Tu pues, la paysanne !

Fille d’agriculteurs, Emilie a souffert des contraintes liées au métier de ses parents. Future maman elle a décidé de na pas faire comme eux, afin de pouvoir profiter de sa vie de famille.

Par Emilie7 décembre 2017 1 mn

« Voilà la paysanne ! », « vous sentez comme ça pue ? Ça doit être Emilie. » Au collège, j’ai subi ce genre de moqueries. Souvent. Je m’appelle Emilie. J’ai 24 ans. Je suis fille d’agriculteur. Et j’aimerais vraiment expliquer à tout le monde la réalité de ce métier.

De 7h à 20h, 7 jours sur 7

Mes parents sont propriétaires de leur exploitation. Ils se lèvent tous les matins à 7 heures pour traire leurs 60 vaches, taureaux, poules, lapins… Ensuite, ils doivent nettoyer leurs box. Souvent, les après-midis, mon père est dans les champs pour semer, labourer… Pendant ce temps, ma mère fait la comptabilité de la ferme. A 17 heures, c’est reparti pour un tour : traire les vaches jusqu’à 20 heures. 

Quand je vivais avec eux, comme mes parents travaillaient 7 jours / 7, on ne pouvait pas partir en vacances. La seule fois où c’est arrivé, le vacher ne s’est pas bien occupé des animaux, qui ont eu une infection des mamelles. Nous sommes rentrés de Bretagne au bout de six jours, alors qu’on devait passer dix jours de vacances ensemble. Chaque année à Noël, pendant nos repas de famille, je ne pouvais pas rester jouer avec mes cousins puisqu’il fallait repartir pour nourrir les vaches.

Moi, je vais pouvoir profiter de ma famille

Mon père aurait aimé que je fasse ce métier, que je reprenne la « boutique ». Une sorte de tradition pour lui car la ferme appartenait à mon grand-père. Mais, honnêtement, ce que j’ai vu ne m’a pas du tout donné envie. Ce métier est trop contraignant pour moi.

Aujourd’hui, je suis animatrice périscolaire et j’adore mon métier. Les journées sont bien remplies. Je sais que je ne tomberai pas dans une routine. Je vais pouvoir profiter de ma famille. J’attends un bébé, qui va naître en 2018.

Je me suis jurée de ne pas lui donner l’enfance que j’ai eue.

Et j’aimerais que les gens arrêtent d’avoir des préjugés sur les paysans et de se moquer de leurs enfants. Sans eux, il n’y aurait pas de pain ni de lait. Pensez-y !

 

Emilie 24 ans, animatrice périscolaire, les Vosges

Crédit photo Pixabay // CC brenkee

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