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Mariam Et Yvan28 août 2019

Y a pas de frontières sur les réseaux

Réseaux sociaux, internet ou jeux vidéo, le virtuel permet d'accéder à de nombreux espaces, de nouvelles personnes. Pour Mariam, c'est dangereux. Mais Yvan aime cette liberté.

Par Mariam Et Yvan28 août 2019

« Sur les réseaux, les gens, ils ont pas de limite. » Mariam, 13 ans, collégienne, Clichy-sous-Bois

Tous les matins, je me réveille, je fais ma routine matinale, puis je vais sur les réseaux sociaux pour m’occuper, le temps qu’il soit l’heure d’aller au collège.
J’utilise Snapchat, Instagram, Youtube et Whatsapp. Et les gens, ils sont pas pareils sur les réseaux que dans la vraie vie. Ils ont pas de limite et ça peut partir en sucette !

Y en a, ils ont plus de facilités à insulter les personnes sur les réseaux. Du coup, les commentaires, ça peut être violent. Genre, « tu fais trop la pute » alors que des fois c’est faux.

C’est arrivé à ma pote, y a un garçon qui lui avait envoyé des messages, ils ont entamé une discussion, une « vraie » discussion. Il la draguait quoi ! Il lui a demandé si elle pouvait lui envoyer des « nudes », des parties intimes de son corps… Elle a d’abord dit non mais il l’a forcée, il lui a fait du chantage : « Si tu fais pas je vais te donner une réputation de pute. » Du coup, elle l’a fait.

C’était répétitif, ils étaient ensemble, enfin, c’est un grand mot ! Ça se passait surtout sur les réseaux, sur Snap. Un jour, elle a voulu arrêter de faire ce qu’il demandait, c’est là qu’il lui a fait une réputation de pute ! Il a mis sur son compte des photos d’elle nue ! Y a des gens qui ont vu ! Ils ont commenté, en l’insultant, en la traitant de pute, de dégueulasse. Elle l’a dit à l’assistante du collège qui s’en est occupée. Ma copine a porté plainte, le garçon doit payer une amende, du coup, il fait des petits boulots.

J’ai appris que la plupart des réseaux sociaux pouvaient être dangereux. Je pense que le mec, il aurait pas fait ça dans la vraie vie. Y a pas de frontières sur les réseaux, y a pas de frontières pour nous protéger.

« Je préfère les mondes virtuels, les super pouvoirs et les secondes chances. » Yvan, 13 ans, collégien, Clichy-sous-Bois

Il y a beaucoup de différences entre le monde virtuel et la réalité. C’est une sacrée frontière qui sépare ces deux univers.

Dans le monde virtuel, dans les combats au corps à corps, on peut avoir des super pouvoirs. Dans la réalité non !
Dans un monde virtuel, lorsque l’on meurt, on a une ou plusieurs secondes chances. Dans la réalité non !

Pour conduire dans la réalité, il faut un permis et dans un monde virtuel, pas besoin.

Dans le virtuel, on peut avoir une force surhumaine et maîtriser le feu, la glace, etc. Et dans la réalité, c’est pas possible.

Il y a des choses très anormales dans un monde virtuel : des bugs, des monstres, des invasions aliens, etc. Et dans la réalité, on sait que ça n’existe pas.

Dans certains mondes virtuels, il y a différentes barres de vie : une barre de vie qu’on doit régénérer en se soignant ou en mangeant, et une qui se régénère toute seule. Dans la réalité on a pas de barre de vie.

Dans un monde virtuel, lorsqu’il y a des choses à lire ou à entendre dans d’autres langues, il y a des sous-titres, et dans la réalité, il faut se contenter de Google traduction.
Dans un monde virtuel, on peut construire des choses en quelques secondes, dans la réalité, ça peut prendre des jours, des mois ou des années.
Pour gagner de l’argent dans un monde virtuel, on a pas besoin de travailler, on peut faire des missions ou aider des gens. Dans la réalité, il faut travailler pendant des heures et des heures.

Dans le monde virtuel, on a un inventaire ou on peut mettre des tonnes de choses… Dans la réalité, on a juste des poches… qui sont toujours trop petites.

Moi, j’ai une préférence pour les monde virtuels, les secondes chances et les super pouvoirs.

 

Crédit photo Unsplash // CC Thomas 

Montage son : Edouard Zambeaux // Montage vidéo : Elliot Clarke // Sous-titrage : Yannis Ambrogiani

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