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ZEP27 novembre 2019

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

Y a pas de garçons manqués, y a que des filles réussies

« Garçons manqués », pas assez « féminines », mais c'est quoi la féminité ? Nathalie, Tess et Yasmine en repoussent les limites pour casser les normes.

Par ZEP27 novembre 2019

À la ZEP, on relaie des témoignages, des histoires, des vécus mais parfois on les compile ! Bienvenue sur « Sample », le podcast qui mélange, superpose et confronte les voix des jeunes pour donner à entendre notre société. Moi c’est Léa, et cette semaine je vous propose qu’on parle de féminité, au pluriel. Et plus particulièrement, de celles qui bousculent l’image qu’on se fait d’une femme. D’ailleurs, ça veut dire quoi être féminine ?

Toutes nos créations sont disponibles sur les plateformes de podcast !  SpotifyApple PodcastSoundCloud, Pippa et Youtube.

[Sonnerie de téléphone]

– « Allô mam, ça va ? »

– « Oui, ça va ma chérie et toi ? »

– « Oui, je me demandais si je pouvais te poser une question… et c’est plus une question sur moi en fait. »

– « Moi je suis d’accord y a pas de soucis mais euh… quoi comme question ? »

– « Pourquoi tu trouves que je suis féminine ? »

– « En quoi t’es féminine ? Parce que t’es extrêmement douce, sensible… t’aimes bien valoriser ton apparence, pas tout le temps, et même si c’est pas du tout l’essentiel de ta vie. Mais je dirais que d’un point de vue cérébral t’es quelqu’un de très froid, de très structuré, très réfléchi, t’as un bon esprit d’analyse et tout, et en ça je dirais que tu pourrais être aussi bien… un homme. »

Cet appel que j’ai eu avec ma mère, il m’a blessé. Il m’a blessé, parce que j’ai pas eu l’impression qu’elle parlait de moi, mais qu’elle décrivait LE stéréotype féminin par excellence. Comme si mon explosivité, ma intelligence, ma vulgarité même pouvaient pas vraiment faire partie de moi parce que c’est pas considéré comme « féminin ». Comme si je pouvais pas être plusieurs choses à la fois, sans qu’on questionne le fait que je sois une femme.

Pour se sentir femme, Annae ne pouvait plus sortir de chez elle sans maquillage. Aujourd’hui, sa féminité n’a plus besoin de mascara(de).

Heureusement, y a plein de femmes qui remettent les normes de genre en question en les transgressant. C’est le cas de Nathalie, Tess et Yasmine. Qu’elles se soient rasées le crâne sur un coup de tête, qu’elles parlent l’argot de leur cité, ou qu’elles aient décidé d’arborer fièrement leur pilosité, elles cassent toutes les codes à leur manière.

« Les effets que ce changement a eu sur moi m’ont semblé fous et inattendus. Ça m’a fait dire : ce corps, c’est vraiment le mien ». Nathalie, 27 ans

Mais aller à l’encontre de ce qui est attendu d’une femme, d’une féminité «classique » ça implique aussi de se confronter au regard des autres. Moqueries, critiques, regards appuyés… elles racontent à travers leurs histoires les pressions exercées par l’entourage et les médias pour rentrer dans les clous. Et surtout comment elles continuent d’assumer ce qu’elles sont, en faisant ce qu’elles veulent !

« Quand j’ai vu Aya Nakamura grimper dans les charts je me suis dit : « Putain enfin une meuf, noire, qui parle l’argot fièrement qui PERCE ! » Ensuite, j’ai vu comment elle a été traitée médiatiquement… Et la hype est vite redescendue. » Yasmine, 22 ans

Au final, ça existe pas les garçons manqués. Y a que des filles réussies.

Vous avez écouté Sample, un podcast qui mixe la parole des jeunes pour une meilleure écoute de notre époque.

 

Tess, Yasmine et Nathalie, 16, 22 et 27 ans

Illustration : Yasmine Mady

Podcast : Léa Robert // Prise de son/témoignages : Léa Robert et Inès Edel Garcia // Réalisation et montage : Léa Robert

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