Avatar

Elsa C.2 février 2020

Aide-soignante en EHPAD, c’est ça ?

Pour mon premier stage en maison de retraite, je ne pensais pas me retrouver livrée à moi-même et subir la pression des aides-soignantes ! Une expérience qui m'a fait réfléchir.

Par Elsa C.2 février 2020

Pendant ma deuxième année de bac pro ASSP (accompagnement, soins et services à la personne), je devais faire un stage. Je voulais absolument travailler avec les personnes âgées et c’était ce qui me paraissait le plus évident comme poursuite d’études. Alors j’ai postulé dans les maisons de retraite autour de chez moi. Mon objectif : apprendre le métier d’agent de service hospitalier (ASH), qui consiste à distribuer les repas et réaliser l’entretien des locaux. Sauf qu’avec les aides-soignantes ça ne s’est pas bien passé.

La première semaine s’est déroulée normalement. Mais la deuxième semaine, il y a eu un roulement, ce n’était plus les mêmes équipes. Visiblement, les aides-soignantes n’avaient pas été prévenues de mon arrivée et ne savaient pas trop ce qu’il fallait faire. Il n’y avait eu aucune communication entre les équipes.

Seule avec cette dame dans sa douche, j’étais gênée…

Elles m’ont dit que, ne sachant pas trop pourquoi j’étais là, il fallait que je m’occupe. Elles m’ont donné une douche à faire sur une dame souffrant d’Alzheimer et ayant été amputée d’un bras. Je leur ai expliqué que je n’avais jamais fait de douche ni même réalisé de toilettes, et que c’était mon premier stage en maison de retraite. À ce moment-là, les aides-soignantes m’ont regardé comme si ce que je disais n’avait aucune importance. Puis une d’entre elle m’a dit : « Tu sais te doucher ? alors tu sauras faire une douche. » Ensuite, elle est partie, me laissant seule dans le couloir. Sur le moment, j’étais choquée. Comme si réaliser une douche sur une autre personne que soi-même était la même chose !

Depuis quelques années, le personnel des EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) revendique des moyens supplémentaires. Halima Taïbi Lamali y a travaillé et partage son expérience sur Konbini.

J’étais seule face à moi-même et j’avais peur car il n’y avait personne pour me montrer comment faire. J’étais gênée de me retrouver seule dans la salle de bain avec la dame. Appréhender la nudité d’une personne âgée peut être compliqué à 16 ans… ça m’a tellement déstabilisée. J’ai dit à la personne de s’asseoir. Je l’ai aidée à se déshabiller et j’ai commencé à lui faire sa douche. J’ai pris mon temps pour essayer de faire les choses bien.

Seulement, je suis restée 45 minutes dans la salle de bain avec elle et quand je suis sortie de la chambre, une des aides-soignantes m’a fait une remarque comme quoi une douche ne durait pas autant de temps et qu’il fallait que je sois plus réactive ! Elles m’ont donné d’autres toilettes à réaliser au lavabo mais, évidemment, je n’étais pas encore assez rapide à leur goût !

Les aides-soignantes et leurs remarques, ça m’a dégoûté

Pendant la semaine qui a suivi, on m’a fait d’autres remarques, tous les jours, sur ma rapidité. Au début, je ne disais rien, je pleurais dans mon coin. Je n’imaginais pas devoir me débrouiller seule. Moi, je voulais juste apprendre ce pour quoi on m’avait envoyée en stage ! J’étais déçue et en colère parce que je me prenais sans cesse des remarques. Alors que je prenais sur moi et que je faisais des efforts ! Dans le fond, je ne pensais pas que des personnes confrontées à la mort tous les jours puissent manquer à ce point d’humanité ! Et surtout, laisser une jeune de 16 ans livrée à elle-même dans une telle structure.

Avant d’accepter un stage, il faut vraiment se renseigner sur la structure pour apprendre dans de bonnes conditions. Choisir des grandes structures n’est pas forcément le meilleur moyen pour des stagiaires de s’intégrer car c’est prendre le risque qu’on ne puisse pas nous former correctement, par manque de temps. L’absence de communication et d’organisation a beaucoup joué sur la relation que j’ai eu avec les équipes.

En stage, Neylan a découvert « le monde des riches ». Les quartiers chics, le style vestimentaire des habitants, les belles voitures… ça lui a donné envie de « monter » de classe sociale.

Pour moi, leurs conditions de travail n’étaient pas bonnes. Il n’y avait pas assez d’aides-soignantes par rapport au nombre de personnes âgées de la maison de retraite. Et puis, c’était toujours tout à la va-vite : les toilettes, il ne fallait pas qu’elles aillent au-delà de dix minutes sinon elles n’étaient pas finies pour midi… Du coup c’était très speed, surtout le matin. J’avais tout simplement l’impression d’être de la « main d’œuvre gratuite », elles n’avaient qu’à claquer des doigts pour que j’aille faire une toilette alors qu’au final, je n’étais pas là pour ça.

Ce stage m’a permis de forger un peu mon caractère, mais également de changer complètement de public et de me tourner vers les enfants. Après avoir fait un stage en crèche durant ma dernière année de bac, aujourd’hui je suis sûre de ce que je veux faire plus tard !

 

Elsa, 18 ans, étudiante, Brest

Crédit photo Unsplash // CC Steven HWG

TAGS :

4 réactions

  1. Au final heureusement que tu as fait ce stage pour savoir ce que tu ne voulais pas ! Tu as eu beaucoup de courage d’aller au bout de ton stage Félicitations ! J’hésitais à découvrir ce métier et bah tes expériences me forgent dans l’idée que je suis mieux où je suis avec les enfants en animation ^^ même si je suis moins payé mais au moins j’ai un boulot qui me plaît et c’est bien le plus important 🙂 bonne continuation

  2. heureusement cela ne se passe pas comme le décrit Elsa dans toutes les maisons de retraite ; normalement les arrivées de stagiaires sont annoncées et les stagiaires sont attendues par leur tuteur c à d la personne qui sera leur référente durant toute la durée du stage on lui laisse le temps d’adaptation l’élève suit regarde découvre le milieu et est mise en confiance. Dommage
    de voir que certains établissements laissent les jeunes stagiaires livrées à elle même et s’en vont dégoutées de la profession .faut pas s’étonner que la profession peine à recruter!!!!!!!

  3. Je plains Elsa, laisser seule une jeune de 16 ans dans ce genre de structure à de quoi choqué, elle n’a pas reçu les aides et les attentes auquel elle avait droit, la cadre de santé aurait dû intervenir. Dommage, et dommage pour le métier, heureusement,dans certaines structures,l accompagnement se passe bien., certains agents on du oublier leurs premiers jours…l accompagnement est primordial.

  4. J ai fais mon tout premier stage en entreprise a l age de 17 ans en maison de retraite. Je suis diplômée du bepa services à la personne et cap petite enfance avec un niveau bta service en milieu rural.

    Il est vrai que s est très difficile d être jeter dans le monde du travail sans aucune expérience. On pense que l on va être former car on a appris la théorie en cours et donc que l on va par la suite nous apprendre la pratique mais le monde du travail stagiaire ou non se n est pas malheureusement cela pour eux il faille être opérationnelle d entrée de jeu.

    Il est vrai qu une AS ou ASH commence à 5h et fini à 23h. Et malheur à ceux qui arrive à 5h30 pour 6h. J ai fait bon nombre de toilettes que cela soit douche au lit. Douche normale. Toilette simple. Ou la totale. Enfin bref je comprend son ressenti ce n est pas tout les jours faciles. Que cela soit en structure ou encore à domicile.

    Une fois je me souviens j avais 17 ans. Une personne de sexe masculin avait une grave maladie de peau. Sa peau tombait en lambeau et il fallait donc lui faire non seulement la toilette au lit mais également tous les soins de conforts etc. D entrée de jeu et sans expérience on m a dis tu va… Tu fais… Tu a max 30 min… Tu passe au suivant. Tout doit être régler pour 11hr45 car après c est l heure du repas du midi.

    Pendant un mois sur 3 mois bonjour le malaise. Je n osais même pas y aller. Même pas frapper à la porte tellement j avais des frissons de mal etre et de gêne. Heureusement cet homme qui était un humble italien m a rassuré et plus encore du fait de mon jeune âge et mise en confiance et plus encore. Et progressivement la situation a changer car mine de rien quelque soit l état de santé cela pourrai être nos grands parents.

    Une fois encore j avais 21 ans. On m avais dis voilà tu a tout le 1er étage a gérer. Petit dej. Medoc. Soins de confort. Etc. Sauf que niveau transmission ni ecrite ni orale on ne m avais pas informer que dans la même aile se trouvais des jumeaux masculins identiques en tout points. Et que lesdits jumeaux pour tester et plus le personnel ou encore changer leur routine s amusaient a échanger leurs noms et chambres etc. Résultat comme bien souvent nous pouvons être emmener à donner les médicaments et bien les deux jumeaux on failli y passer définitivement dans la tombe. Bonjour la peur que j ai eu. Et surtout les conséquences que cela aurai même si erreur rattrapée pu avoir.

    Après pour débuter dans cette branche qui n est pas tout les jours faciles. Je pense que les stages devraient commencer par les MARPA qui est la solution intermédiaire entre la maison de retraite et les services de soins en Hopital. Cela serai je pense une bonne alternative car il faut mine de rien avoir une certaine confiance en soi mais aussi une certaine maturité d esprit et plus encore. Et ensuite plonger dans des unités plus difficiles.

    J ai une expérience de plus de 10 ans en MR et de 5 en structure scolaire. Jamais et j ai déjà travaillee avec des stagiaires je ne laisse seule autrui. Apprendre correctement est la base d un travail et surtout cela donne envie même si c est vrai il ne faut pas traîner envie de travailler dans cette branche. L accompagnement est primordial