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Grégoire16 décembre 2020

Je cambriole pour arrondir les fins de mois

Venant d'une famille assez pauvre, je fais des cambriolages pour assouvir ma soif d'argent. Je prends beaucoup de risques, mais l'envie est trop forte...

Par Grégoire16 décembre 2020

Un peu avant le confinement, je suis parti avec deux amis pour faire une bêtise. Mais bon, la faim d’argent justifie les moyens. Il est 9 heures quand nous partons pour Maisons-Laffitte dans le département du 78, car c’est une ville aisée et que je sais que je vais trouver un bon butin. Je sais que c’est mal, mais j’ai besoin d’argent pour pouvoir me faire plaisir et faire plaisir à ma mère. Tellement besoin que, ce jour-là, j’étais déterminé. On a marché pendant au moins une heure sans trouver aucun appartement à visiter. Du coup, nous sommes partis pour une ville du Val-de-Marne où on a visité des immeubles sans rentrer dans des appartements.

Là, il y a quelqu’un qui nous demande de partir, tout en étant au téléphone avec la police. Il se doute de quelque chose. Un de mes potos propose de prendre le métro, sauf que mon quartier est à cinq minutes à pied… D’un coup, une voiture de la BAC nous barre la route. Un de mes amis prend la fuite mais se fait attraper après une longue poursuite. Moi et l’autre, on est violemment mis par terre.

Les cambriolages, ça fait pleurer ma mère

Je viens du 75012, d’une famille assez pauvre. J’habite dans 50 mètres carrés avec mon frère, ma mère et mon beau-père, et aussi ma sœur qui fait des va-et-vient. Ma mère n’a pas assez d’argent pour pouvoir nous faire plaisir, et il est aussi dur de terminer les fins de mois. Moi et mon frère avons dû nous débrouiller comme on pouvait. Voilà d’où vient ma soif d’argent.

À cause d’un accident du travail, Titi s’est retrouvé au chômage. Pour s’en sortir financièrement, il s’est mis à dealer et à gagner beaucoup d’argent. Mais ça n’a pas duré longtemps.

J’ai commencé à faire des cambriolages quand j’ai vu des gens de mon quartier faire pareil et avoir beaucoup d’argent ; mais pas au point de les envier, de leur ressembler. Ce n’était pas ma première tentative. J’en ai déjà fait cinq. Mon premier cambriolage était dans les Yvelines, j’avais 14-15 ans. J’utilise l’argent pour acheter tout et n’importe quoi, des vêtements, des cadeaux pour ma mère…

Sorti de GAV grâce au confinement

Ce jour-là au commissariat, je rentre en cellule. Deux heures après, j’ai l’audition devant l’OPJ (officier de police judiciaire) . Il me dit que j’ai cambriolé, alors commence une longue audition… Quand je rentre dans ma cellule, il y a mon ami : pour faire passer le temps, nous avons chanté, toute la garde à vue. 24 heures après, tout le monde sort… sauf moi. J’allais être prolongé 24 heures car j’étais le seul connu des services de police. Mais vu que le confinement venait d’être mis en place, je suis sorti.

Une fois rentré chez moi après cette longue garde à vue, je prends une douche. Mon frère ne voulait même plus me regarder.

Malgré les risques, ma soif d’argent est plus forte que ma peur. Et puis je suis mineur, je ne risque pas grand-chose même si j’ai quand même un peu d’adrénaline. Une fois un cambriolage fini, je suis partagé entre des sentiments de joie parce que t’es heureux, t’as de l’argent et tout… et de déception, parce que ça fait pleurer ma mère.

 

Grégoire, 16 ans, lycéen, Paris

Crédit photo Unsplash // CC Gwendal Cottin

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2 réactions

  1. Ce témoignage est douteux.

    L’auteur nous raconte une sortie sans aucune tentative d’effraction : “On a marché pendant au moins une heure sans trouver aucun appartement à visiter. Du coup, nous sommes partis pour une ville du Val-de-Marne où on a visité des immeubles sans rentrer dans des appartements.”

    Les poches vides et la conscience tranquille, pourquoi l’auteur et ses “potos” sont-ils ensuite recherchés et pourchassés par la BAC ?

    J’ai déjà eu affaire aux cow-boys de la BAC, ils cherchent le flag et le chiffre. Quelle logique les amène à mettre des mineurs en garde à vue sans plainte ni aucun élément à charge ?

    Grégoire, je ne doute aucunement qu’on puisse braquer à 16 ans ou plus jeune, mais je doute de ton âge et de ton témoignage.

  2. On vous assure qu’il a 16 ans, nous l’avons accompagné dans son récit au sein d’un lycée. Pour le reste, l’important est de comprendre les raisons de sa délinquance plus que celles de son interpellation, non ?
    Bonnes fêtes à vous.