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Vincent D.24 mars 2020

Sur GrindR, le sexe n’est toujours pas confiné

Confiné, je continue à traîner sur Grindr. Entre le sexe et la santé, certains des mecs avec qui j'ai discuté ont vite tranché... Vais-je aussi finir par céder et ne pas respecter le confinement ?

Par Vincent D.24 mars 2020

Confinement – Jour 1 : Je me réveille et vois une vingtaine de notifications Grindr ; un peu moins que d’habitude mais c’est étonnant, car le but premier de cette application est de rencontrer des mecs pour du sexe. Étant confiné, il paraît impossible de mettre sur son attestation de sortie « visite pour plan cul ». Mais nos gays ont du talent (cf. l’autorisation fake). Rien ne les arrête.

invitation au sexe pendant confinement

Déjà, de base, sur cette application il y a une pression sociale et sexuelle constante : être toujours à la recherche de plus de plans cul pour privilégier la quantité à la qualité, comme si au bout du chemin on allait comparer qui a la plus grande liste de conquêtes. On échange plus nos prénoms mais la taille de notre sexe.

Le sexe, si c’est régulé, ça crée un manque

Mettez cette même pression dans un contexte de confinement et les effets sont démultipliés. Rien n’a changé sur Grindr, les accros au cul sont toujours là mais le manque est un peu plus présent chaque jour. L’interdiction de sortir du gouvernement a réveillé tous les gays de Paris. Le sexe, c’est comme beaucoup de choses : si c’est en libre service personne n’en abuse, si c’est régulé ou interdit, un manque psychologique s’installe.

L’année dernière, l’émission Les Pieds sur terre a consacré un podcast entier sur Grindr. Quatre hommes qui l’utilisent racontent à France Culture comment l’application a transformé leur rapport au sexe.

Parmi cette vingtaine de messages reçus, un peu de tout comme d’hab’ : des photos de sexe, des mecs qui cherchent juste à discuter pour passer le temps. Forcément, le sujet du confinement arrive assez rapidement dans la majorité des cas. Je me rends vite compte qu’il y a deux profils type parmi eux :

Celui qui te fait une leçon de morale comme quoi les gays ne savent pas s’arrêter de baiser pendant quelques jours et que sortir c’est dangereux. La raison de sa présence sur Grindr ? Prendre des contacts pour l’après confinement. On perd pas le Nord sur Grindr, hein !

Et l’autre profil, c’est celui qui ne prend pas de pincettes pour dire que, oui il faut rester chez soi, mais qu’une petite heure pour un plan cul à 500m c’est pas bien grave. En cinq minutes de conversation, j’obtiens son adresse… Les cartes sont entre mes mains, me dit-il. Pour l’instant, je résiste.

Le confinement, c’est un peu une épreuve de funambulisme

Moi aussi je traine sur Grindr. Dans quel but ? Je ne sais pas exactement. Habituellement, j’enchaine pas tellement les plans cul, mais de temps en temps je succombe. C’est assez addictif et sans se le cacher ça fait du bien à l’ego de voir que l’on reçoit des messages, et donc que l’on plait. Enfin bon, pour l’instant j’y vagabonde. Principalement pour passer le temps puisque les occupations ne sont pas nombreuses.

Je vois un peu ces 15 jours comme une épreuve de funambulisme. Je suis en équilibre sur un fil, Grindr et tous les mecs en rut en bas. C’est le début alors je tiens encore la route. Mais au bout d’une semaine, vais-je me laisser tenter par un mec pas trop loin de chez moi et tomber de mon fil ? Est-ce que je vais mettre en danger ma santé et celle des autres pour une pulsion sexuelle ? Je me pose la question, je ne suis pas totalement fermé à l’idée.

Clément-Amadou n’a jamais été en couple. Pour combler le manque, il a lui aussi utilisé les applications de rencontres gay :  « Célibataire, je fais l’amour au lieu de le trouver. »

15 jours d’abstinence ? Évidemment que ça m’est déjà arrivé, mais confiné c’est pas pareil… Visiblement, je subis la même pression sociale et sexuelle que les autres. J’me retrouve enfermé et ma seule activité physique c’est le trajet chambre-cuisine, cuisine-salle de bain. Alors oui, je pourrais faire du sport chez moi pour me défouler, mais je suis un peu trop feignant pour ça et j’ai très peu de plaisir à le faire. Alors qu’une petite sortie pour aller batifoler avec la gente masculine, c’est quand même plus alléchant…

 

Vincent, 22 ans, étudiant, Paris 

Crédit photo © Vincent

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3 réactions

  1. Entre l’homophobie ordinaire, (oui on peut être gay et avoir des opinions homophobes), la grande prétention qui se dégage de cet article #BG et l’incitation insidieuse à ne pas respecter le confinement… Cet article bat des records. WTF La ZEP ?
    Sous-tendre en toile de fond une pseudo “pression sociale et sexuelle” qui contraindrait la communauté LGBT+ au péché par omission… C’est d’un ridicule, l’exception de ne fait pas la norme ! De plus, il n’y a qu’un pas entre cet argumentaire sociosexuel voire psychosexuel et les grandes théories religieuses voire naturalistes : les gays sont les nouveaux Propétides.

    Et laissez-moi finir, et pas sur les miettes, avec cette citation digne des plus grands drames français :

    “Je suis en équilibre sur un fil, Grindr et tous les mecs en rut en bas. C’est le début alors je tiens encore la route.”

    Mais quelle force d’esprit, mais quel acharnement devant tous ces phallus dont l’oeil à ta simple vue se sont faits tumescents ! Tiens bon, ne craque pas Narcisse, il n’y a nul chien sous ton fil ! Ce n’est que ton outrecuidance qui se reflète sous tes pas.

  2. Bah alors, faut pas s’énerver comme ça.
    L’auteur n’est ni narcissique, ni incitatif.
    Et cet article aurait pu ne pas concerner la communauté LGBT+ : je suis sûr que c’était pareil sur des applis plus hétéros genre Tinder.
    Ça montre juste l’impact du confinement sur la sexualité. Pas besoin de dramatiser.
    Bonne journée à toi.

  3. Oui ! franchement !
    la masturbation intellectuelle ça existe aussi mais ça détend moins