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ZEP29 avril 2020

On compile, on interroge, on résume. Parce que, parfois, nous aussi on a des choses à vous dire !

Couples confinés : ça passe ou ça clashe

Besoin d'air, blues, sexualité exacerbée... Confinés ensemble ou à distance, nos couples sont testés par le confinement. Une aventure au quotidien.

Par ZEP29 avril 2020

@Perle. Franchir le cap de la cohabitation est une grande étape pour le couple. Ce cap-là, j’ai eu l’occasion de le franchir il y a déjà trois ans et demi. Chacun a sa petite vie. Il a son travail, moi, j’ai mes études et mes petits jobs. Même si la routine fait parfois perdre la tête, je pense que l’on tient un bon rythme. Enfin, tenait. Tout ça c’était avant le confinement.

@Ewen. Je n’ai pas vu ma copine depuis plus d’un mois. Le confinement nous est tombé dessus d’un coup. On aurait préféré être confinés ensemble, mais je vis chez mes parents et elle aussi. Ensemble depuis trois ans, on a l’habitude de ne pas se voir tous les jours, on a déjà passé des vacances séparés. Mais quand tu restes chez toi sans travailler et que tu n’as de contacts qu’avec les gens que tu connais par cœur… comment ne pas souffrir de l’absence de sa moitié ?

Plus de « soupape » dans notre vie de couple

@Zayane. Avec mon copain, on est ensemble depuis environ cinq mois. Quand on a su qu’on allait être confinés pour une durée indéterminée, on a décidé d’aller tous les deux dans mon appartement à Toulouse. Il est rentré dans la précipitation de son boulot dans les Alpes pour venir me retrouver dans mon 26m2. Je ne me voyais pas du tout passer un ou deux mois sans pouvoir le voir. Mais comment savoir si ça allait bien se passer, si on allait réussir à se supporter ?

Même si on est très très proches, ça ne fait pas si longtemps qu’on se connaît et on a jamais vraiment vécu en couple « officiellement ». Et surtout, ça bouleverse ce rythme qu’on a réussi à se créer. On a plus de « soupape » où on peut faire des trucs chacun de notre côté. On est que tous les deux dans un espace relativement petit, donc si on se dispute ou qu’on est soûlé, on ne peut pas aller voir un pote, prendre l’air, s’isoler…

Le blues jusqu’au prochain message

@Armèle. Mon copain est militaire, et ça rend toute cette histoire assez compliquée. À l’annonce du confinement, tous les couples que je connais se sont empressés de se rejoindre. La question de le rejoindre et de passer le confinement chez lui s’est posée, mais entre ses entraînements en cours, les gardes et le risque qu’il soit appelé en renfort, il n’aurait pas été là souvent. J’ai donc vite abandonné cette belle idée.

Pendant le confinement, le couple, l’amour et la sexualité se vivent différemment. Le podcast d’actu Programme B a sélectionné de belles expériences qui donnent des pistes pour mieux s’aimer pendant cette période :

@Ewen. On reste en FaceTime juste pour se voir et avoir l’impression d’être avec l’autre sans pouvoir se toucher, sentir son parfum ou sa chaleur. On fait ça une fois par semaine environ. Quand l’appel se termine, c’est l’absence qui revient, plus forte, comme si elle ne m’avait jamais quitté. Alors c’est le blues, jusqu’au prochain message, seul rayon de soleil traversant cet isolement.

Il est où mon petit cocon ?

@Zayane. Après presque un mois de confinement… on le vit vraiment très bien ! On est toujours heureux de se réveiller chaque matin l’un à côté de l’autre. On fait plein d’activités ensemble, on discute et on rigole tous les jours. Il m’a initiée à Pokémon et il essaye même de m’apprendre à jouer à FIFA ! On cuisine et je lui apprends de nouvelles recettes. Mais surtout, on arrive à s’adapter l’un à l’autre parce qu’on a parfois besoin de se laisser de l’espace. Et ça se fait naturellement. On essaye de passer au moins un moment dans la journée chacun dans son coin.

@Perle. Nous sommes H24 sur le dos l’un de l’autre. Je n’ai plus vraiment de moment pour moi, je n’arrive pas à retrouver mon petit cocon. Il est là sans être là et même parfois, il est trop présent. J’ai l’impression qu’il n’y a aucun juste milieu. Il me demande trop de choses, je me sens compressée. Il a tout le temps quelque chose à me dire ou à me faire faire (il faut, par exemple, penser au repas parce que c’est moi qui pense à faire la liste de courses…). J’ai juste le temps de respirer, un peu.

Et le pire, c’est que lorsque moi j’ai besoin de lui ou de quelque chose, ça prend des plombes car il est occupé : il gère un groupe Facebook/Instagram avec des amis sur sa passion, il fait des balades en voiture ou joue à des jeux en ligne avec ces mêmes amis, qu’il ne peut pas « lâcher » en pleine partie.

@Armèle. J’ai l’habitude d’être loin de lui, ce n’est pas la première fois que l’on est séparés pendant une longue période. Mais cette fois, c’est différent. Surtout qu’il doit bientôt partir en opération à l’étranger pour quelques mois. Est-ce que je vais pouvoir le voir avant qu’il parte ? Le confinement ne durera pas éternellement, mais me voir peut représenter un danger pour lui et pour la mission. Contaminer la caserne pour un bisou et partir en mission avec le Covid n’est pas envisageable. Donc on attend. Tout le monde attend. Que ce soit sûr qu’on va sortir, que les écoles rouvrent, un possible vaccin… Moi, j’ai peur de devoir attendre sept mois pour serrer l’homme que j’aime dans mes bras.

On se chauffe par texto, on s’envoie des nudes

@Perle. Niveau câlin, ça ne change pas grand chose. Peut-être que ça donne moins envie ? On se voit trop, c’est clairement abusif. Il ne me manque pas assez pour que j’ai envie de le câliner tous les jours. Une fois de temps en temps seulement. Le pire, c’est que ça devient juste un truc à faire, pour le faire. Même plus par envie, par manque.

Malgré le confinement, Vincent traîne toujours sur Grindr. Sur les applis de rencontre on continue de tchatcher, et ça lui donne des envies…

@Ewen. Pas de contact, veut également dire pas de sexe, alors on tente de nouvelles expériences. On se chauffe par texto, on s’envoie des nudes et on se dit ce qu’on se fera lorsqu’on se reverra. Alors on se masturbe, mais l’attente est longue. On avait déjà un peu essayé lorsqu’on passait des vacances éloignés, mais ça prenait moins de place.

Parfois, je préfère ne plus lui parler et essayer de l’oublier, ne serait-ce qu’un instant. Ma libido a dégringolé en flèche, même l’envie de sortir de mon lit a disparu. Coincé dans un cercle vicieux, on s’impatiente, un seul désir : se revoir.

@Zayane. Au final, le confinement en couple c’est une super aventure pour moi ! J’ai l’impression que notre couple s’est solidifié. J’observe plein de facettes de lui : heureux, fatigué, énervé, passionné. Je le sens aussi plus proche de moi, plus à l’aise pour exprimer ses sentiments et c’est merveilleux. Je me dis que si on arrive à surmonter cette épreuve aussi bien, on arrivera peut-être, je l’espère, à en surmonter encore de nombreuses autres ensemble.

 

Ewen, Armèle, Perle, Zayane, de 20 à 23 ans, volontaires en service civique, Paris – Toulouse

Crédit photo Unsplash // CC Thought Catalog

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