Anna

Anna26 octobre 2018

Je suis une incorrigible optimiste qui semble trop petite et naïve pour ce monde.

Dernière de la famille, mes parents ne me lâchent pas !

Anna a 18 ans et aimerait bien avoir son indépendance, comme sa sœur avant elle. Mais ses parents ne la trouvent pas assez mature pour quitter le nid.

Par Anna26 octobre 2018

Nous ne sommes pas une famille nombreuse, il y a seulement mes parents, ma sœur et moi. Nous sommes complètement différentes toutes les deux. Ma grande sœur fait des études d’art en gravure et en fresque, moi j’ai choisi des études scientifiques. Elle a quatre ans de plus que moi et cela fait trois ans qu’elle n’habite plus avec nous. Elle a un appartement dans Paris et revient certains week-ends. Et je dois avouer que je l’envie assez d’être partie.

Je suis la « petite dernière » et je sais que dans la tête et le cœur de mes parents, je garderai toujours cette position. Cette position fait qu’ils me voient toujours comme un bébé, et ils n’ont, je pense, pas envie que cela s’arrête, parce que je suis leur dernier enfant. Ma mère a eu du mal à couper le cordon avec ma sœur, à qui elle a pourtant toujours laissé plus de liberté. Et j’ai l’impression qu’elle n’est pas encore prête à le faire avec moi.

Ma sœur aînée, une maman-bis

Quand j’étais toute petite, mes parents travaillaient assez tard. Je restais avec ma sœur. Après l’école, on faisait nos devoirs, on jouait, et elle me surveillait. Ainsi, ma sœur, comme beaucoup d’aînés, a le statut de l’enfant autonome, responsable, mûr. Elle a très souvent agi avec moi comme une maman-bis. Elle a donc toujours été prise au sérieux et vue comme une sorte de « mini-adulte » à qui on peut faire confiance, et pour qui tout ira bien.

J’ai été surprotégée par mes parents et par elle. Ils ont toujours eu du mal à me prendre au sérieux, à croire que moi aussi j’étais autonome et responsable. J’ai souvent dû leur prouver, leur montrer que j’avais également une capacité de décision. Par exemple, je n’ai eu le droit d’aller à l’école, sans ma sœur, qu’à partir de la seconde alors que j’étais à dix minutes à vélo de mon lycée.

Mon père ne travaille plus depuis un an et demi, il a donc maintenant du temps à me consacrer. Seulement, c’est à cette période que moi j’ai envie de partir de chez moi, de découvrir de nouvelles choses. De vivre seule, de profiter de ma vie d’étudiante.

J’ai demandé à avoir mon propre chez moi tout comme ma sœur l’avait fait au même âge. D’abord, il y a eu de l’incrédulité de la part de mes parents, puis un refus catégorique. Mes parents pensent que je ne serai pas capable de me débrouiller entre mes études, mon ménage, ma bouffe, etc.

Je veux vivre mes propres expériences

Moi, je pense surtout qu’ils n’ont pas envie de se retrouver tout seuls. J’ai été un peu déçue par ce manque de confiance, mais je me suis dit qu’après tout, en première année, c’était peut-être trop tôt pour eux. Je leur ai donc dit qu’on verrait pour l’année suivante et je leur donne déjà des arguments.

Je leur parle du trajet qui me prend beaucoup de temps et pendant lequel je ne peux pas travailler. C’est 1h30, matin et soir ! Une perte de temps… En plus, ça me fatigue beaucoup car je dois me lever tôt et ça me fait me coucher tard. Je leur dis aussi que je pourrais me trouver un job d’étudiante dans les environs et qu’habiter loin de Paris m’en empêche. Ça me ferait une expérience pour être plus responsable. Comment pourrais-je devenir autonome s’il ne me laisse pas partir et vivre mes propres expériences ?

Mais ma mère a déjà dit qu’en ce qui la concernait la réponse serait certainement la même. Elle ne veut pas que je parte. Il va donc falloir les convaincre au cours de cette année. Pour moi, les négociations ont déjà commencé.  

 

Anna, 18 ans, étudiante, Montesson

Crédit photo Flickr // CC Nick Webb

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