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Aïcha N.15 mai 2020

1700 euros, le prix à payer pour divorcer d’un homme violent

Je suis en pleine procédure de divorce et ça me coûte cher. J'ai eu une aide de l'État mais, bientôt au chômage, ça va être compliqué...

Par Aïcha N.15 mai 2020

Il faut que je travaille pour payer mon loyer, mes factures, la nourriture et… mon divorce.

Je suis séparée de mon mari depuis septembre 2018. Je suis passée au tribunal une première fois pour violences conjugales, mais je n’étais toujours pas libre car mon divorce n’était pas encore fait. J’ai quitté le domicile sans rien, juste mes fringues, et je suis venue direct à Toulouse.

Un divorce, ça coûte cher. Le mien m’a coûté 1700 euros. Juste pour l’avocate. Elle m’a facturé 2300 euros, et l’État m’a aidée de 600 euros parce que je ne travaillais pas en 2018. C’est l’aide juridique : on ne peut l’avoir que si on ne travaille pas à plein temps.

L’aide juridique et la réponse du tribunal, c’est long. J’ai d’abord appelé mon avocate, qui me connaissait suite aux violences conjugales. Déjà, pour monter le dossier d’aide juridique, il faut beaucoup de papiers : l’avis d’imposition, les dernières fiches de paie, le numéro de la CAF, l’attestation de paiement de ma prime d’activité, une preuve de mon adresse actuelle.

Je viens juste de finir de payer le premier procès pour violences conjugales

Mais, avant ça, on avait déjà lancé la procédure de divorce pour faute grave.

Mon avocate est à Mont-de-Marsan, à côté de là où j’habitais avec mon mari. On faisait nos rendez-vous par téléphone, une fois par mois, pour discuter de ma situation personnelle. En attendant le rendez-vous au tribunal.

J’avais demandé mon divorce près de quatre mois plus tôt quand le rendez-vous fut enfin fixé, le 3 février. Je suis partie le 1er et je suis revenue le 4 : j’ai pris deux jours de vacances pour y aller. Je suis fatiguée de tout ça ; heureusement, je travaille avec des gens compréhensifs et j’ai pu m’arranger avec eux.

Après un mois et demi, j’ai eu le OK pour l’aide juridique mais « 55 %, partiellement ». Je sais pas 55 % de combien mais ils m’ont aidée de 600 euros. Et moi, je dois encore payer de ma poche 1700 euros… Pour quitter un homme qui était violent, ça fait cher !

Les parents d’Aminata ont divorcé quand elle était petite… Trop petite pour qu’on accepte de lui expliquer ce qui se passait. Avec le temps, elle a fini par comprendre.

Surtout que je viens juste de finir de payer le premier procès pour violences conjugales. Et je m’inquiète parce que mon contrat de travail va bientôt se finir. J’ai pas pu faire d’économies à cause du premier procès et là je suis au Smic : 1120 euros avec 120 ou 140 euros de tickets -restaurants. Pas d’APL, 400 euros de loyer, alors je ne peux pas payer l’avocate d’un coup : chaque mois c’est 100 euros. Ça faisait des mois « juste juste », alors sans travail…

 

Aïcha, 35 ans, salariée, Toulouse

Crédit photo Unsplash // CC Chris Zhang

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